Mansarde, galetas
58 AU PATS d'exil db chateaubriand
ne sont point de Chateaubriand. Et voici, en revanche, une lettre qui est authentiquement de lui. Elle est adressée : « Au Rév. Bence Sparrow, à Beccles, Comté de Suffolk, Angleterre, par Calais, département du Pas-de-Calais ». Le timbre du Foreign Office est du 23 octobre 1802. Le cachet rompu, en cire rouge, est marqué d'un C.
Monsieur^
Votre lettre m'a fait le plus grand plaisir ; il y a longtemps que je désirois d'apprendre de vos nouvelles. Je suis charmé qn'Atalaiiit pu vous plaire un instant. Quant à mon grand ouvrage *, il est publié depuis quelques mois, et il a eu en France le même succès que le petit roman qui l'a précédé*; on va en donner trois nouvelles éditions à la fois. Les malheurs de toute ma famille, monsieur, et surtout la volonté dernière d'une mère mourante m'ont rappelé à des sentimens religieux : je me reproche de les avoir si longtemps négligés. — Au reste, monsieur, je crains qu'on ne vous ait un peu trompé sur ma position. Je n'ai rien retrouvé en France ; tous mes biens étoient vendus. Je ne vis que du produit de mes Ouvrages, à la vérité assez considérable pour me faire exister honnêtement^ mais non pas pour me donner rien qui ressemble à une fortune. Je suis si peu riche que je ne puis même faire venir ma femme à Paris. On vous a dit peut-être, monsieur, que j'avois des places dans le gouvernement? La famille du Consul me traite avec bonté. On a parlé un moment de me donner une place