‹ AymarChapitre 7 sur 13 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Le procès d'Aymar, enlevé au jury contre toute équité politique, fut poursuivi en l'absence de l'accusé, et sa fortune avait en vain été donnée. Les condamnés sont solidaires. On prouva à Chalamel qu'Aymar n'avait pas eu le droit de disposer de son bien durant l'instruction judiciaire. Le gouvernement du juste-milieu dépouilla donc le plus zélé de ses capitaines pour acquitter les frais de ce procès immense. L'homme aux matériels profits, l'avare et cupide bourgeois se vit réduit à la privation des seuls biens qu'il eût jamais compris.

Alors il fut contraint de quitter à son tour l'Europe. 11 opposa à la mauvaise fortune l'insensibilité du cœur plutôt qu<2 ie courage; et n'ayant plus que lui à pourvoir, on dit

qu'il est allé à Buenos-Ayres commencer sans capital un métier nouveau. Là, il s'est fait courtier. Il écrit quelquefois non à sa famille de factieux dont il n'a plus rien à attendre, mais à quelques négociants dont il recherche le crédit.

« Si le climat ne devient un trop rude obstacle à ma persévérance, mandait-il dernièrement à un riche pharmacien en gros, j'espère, monsieur, être à la fin de la prochaine année en état de lever pour mon propre compte une boutique. Je tiendrai assortiment de plantes médicinales; et je vous donne cet avis par la présente, en vous priant d'en tenir bonne note, comme aussi d'en faire part à vos correspondants et connaissances. »

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