‹ Aymeri de Narbonne, chanson de gesteChapitre 141 sur 235 · I. L. Gautier, Ép, françaises, i* éd., t. III, p · texte numérisé non relu

I. L. Gautier, Ép, françaises, i* éd., t. III, p

3. On peut citer encore au sujet de Nobles la cinquième branche de la Karîamagnùs Saga (G. Paris, Hist, poétique de Charlema» gne, p. 264); Gui de Bourgogne (éd. Guessard, v. 7*8, etc.; Hist, littéraire de la France^ t. XXVI, p. 278); Aiol (éd. de la Soc. des anciens textes, y. gSS, 2617, 8087; cf. le glossaire, v« Fouré, et VHist. littéraire de la France, t. XXII, p. 277); les Conquestes de Charlemaine, ch. xzxix (G. Paris, /. cit., p. 263). Le roi sarrasin Fouré, qui devait jouer l'un des principaux rôles dans la chanson primitive de la Prise de Nobles, figure aussi dans VHistoria Karoli Magni du faux Turpin (éd. Castets, ch. xvi, p. 26). Quant à Nobles, le continuateur de cette chronique en a fait Grenoble, ainsi que nous l'avons déjà dit, et il a attribué à un miracle la conquête de cette ville par Roland (ibid.y ch. xxxiii, p. 62, De mi' raculo Rotholandi comitis quod apud urbem Gratianopolim Deus per eum facere dignatus est). Cf. L. Gautier, Ép. françaises, 2* éd., t. Ul, p. 43i.

Cai INTRODUCTION

Mainte miracle li fist Dex en sa yie, Qant en Espangne ala en ost banie> O il mena si grant chevalerie Et tant de gent conbatant et hardie.

Prise ot Barbastre et Nobles ot sessie Et et conquise la cité de Lerie; Bien eust lors sa besongne fornie, Tote la terre fust en sa conmendie, De tote Espangne et de tote Persie Eust il lors tote la seignorie.

Se ne fust Ganes qui par tel felonnie Vandi RoUant a la chiere hardie.

{V. loi-iia.)

Ces vers nous fournissent plus d^un trait intéressant ; ils nous indiquent toute une série d'événements qui constituaient sans doute la matière d'anciens récits épiques. Ces conquêtes de Barbastre et de Lérie (Lerida en Catalogne) n^ont été signalées nulle part ailleurs^, du moins à notre connaissance; peut-être n'étaient-elles que des épisodes du poème de la Prise de Nobles ».

1. Dans la chanson du Siège de Barbastre, la conquête de cette ville a lieu bien longtemps après Texpédition d'Espagne; elle est Tœuvre d'Aymeri de Narbonne et de Guillaume d'Orange, et elle n*a rien de commun avec celle qui est attribuée ici à Qurlemagne.

2. On pourrait croire au premier abord que ces faits ont été Tobjetde plusieurs chansons distinctes; en effet, notre poète nous dit un peu plus haut :

Prwdom fa Charltt a la barbt aori«; Orant vtrtox fiit Dex por lui en sa vie, Dont VQ$ a¥e\ mainte chançon oU,

Mais ce dernier vers doit se rapporter d'une manière générale

ALLUSIONS A DIVERSES CHANSONS DE GESTE Cail

Le second passage^ que nous avons déjà eu occasion d^étudier ^ nous apprend que Roland occupa Narbonne^ après la conquête de Nobles par Charlemagne :

« Qant oi pris Nobles et retenu Forréy • Lors mist ses gardes en iceste cité. •

La chanson d'Aymeri s^écarte ici, comme on voit, des données fournies par le Roland et par VEntrie en Espagne, qui attribuent la prise de Nobles i initiative de Roland. Elle se rapproche, au contraire, de la Karlamagnùs Saga où Nobles est assiégée sur Tordre de Charlemagne; mais elle ajoute à tous les textes connus une notion absolument nouvelle sur le rôle joué par le héros de Roncevaux dans une première occupation de Narbonne.

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