Charroi de Nîmes et Prise d'Orange
A la fin du poème d'Aymeri, Bertrand énumère les descendants de son héros, et résume brièvement leur histoire diaprés les autres chansons du cycle de Guillaume d'Orange. Les divers traits dont il fait mention sont, pour la plupart, entièrement conformes aux récits des versions remaniées et rajeunies qui nous sont parvenues. Parmi ces versions, il en est de fort peu anciennes. Nous avons déjà tiré parti de ce fait pour déterminer approximativement la date de notre chanson ^
La première allusion que nous rencontrons se rapporte au Charroi de Nîmes et à la Prise d'Orange :
Li segonz fu Guillaume le puissant,
Cil au cort nés, a Taduré talant,
Qui tante poine sofri en son vivant
Que nel puet dire nus hom qui vos en chant.
Nimes conquist par le charroi menant.
Et si ocist et Herpin et Otrant
Qui erent roi de la cité vaillant,
Et puis Orenge conquist y la cité granty
Et hautisier fist Guihorc la vaillant^
Puis Vespousa^ bien le sevent auquant.
1. On pourrait objecter que les dernières tirtdet à^Aymerint sont point l'œuvre de Bertrand, et qu'elles ont été ajoutées après coup par un copiste pour faire la transition avec les autres poèmes. Mais cette opinion nous paraît peu soutenabJe; en effet, ces tirades se retrouvent dans tous les manuscrits; elles sont du même style que le reste de la chanson ; elles se rattachent parfaitement à ce qui précède, et nous ne voyons aucune trace d'une soudure plus récente.
ALLUSIONS A DIVBftSES CHANSONS DE GBSTE CC?
Herpin et Otrant sont les deux rois sarrarins que Guillaume, dans le Charroi de Nimes, massacre après s^être introduit par ruse en cette ville K La conversion de Guibourc et son mariage avec Guillaume forment le dénoûment de la Prise d'Orange *.