‹ Aymeri de Narbonne, chanson de gesteChapitre 183 sur 235 · I. Mt. 796» fol 7 v«col. II · texte numérisé non relu

I. Mt. 796» fol 7 v«col. II

CCLVni INTRODUCTION * t

Bonifact de Pavié S et fille de Didier qui aida le duc Ogier de Danemarck au tempe où il combattait coatre Chariemagne. » (v^ Aymeri est charmé de cette proposition et ne songe plus qu'à demander la jeune fille en mariage. Girart de Rousiillon lui conseille d'envoyer à Boniiace des messagers chargés de richesses pour solliciter la main d'Hermengarde. On convient que Girart ira lui-même, accompagné de Hugues de Berry et de cinq chevaliers de son hôtel, avec cinquante ou soixante compagnons « tous vestus d'une couleur par manière de livrée. » Pendant qu'ils font leurs préparati& de départ, un varlet allemand, informé de leurs projets, s'apprête à les déjouer.

(Fol. is r«) Il y avait en Allemagne un comte nommé Clisson qui avait demandé la main d'Hermengarde. Ayant éprouvé un refus, il avait juré d'arriver à ses fins par force ou par guerre. Il résidait alors dans son château de Sausse?ron, entouré d'une foule d'hommes d'armes. Le varlet allemand dont on vient de parler, qui servait en ce moment à Narbonne dans la garnison que Charlemagne y avait laissée, se rendit près de Clisson pour le prévenir des intentions d' Aymeri. (v<») Il lui fournit des renseignements sur les chevaliers envoyés en message (Girart de Roussillon, Hugues de Berry, Amaury, Sanse et Renier), et sur les hommes qui composaient leur suite ; puis il lui donna des détails précis sur leur équipement et sur les richesses qu'ils emmenaient avec eux. (Fol. i3 r*") Qisson, en apprenant ces nouvelles, se met en mesure de tendre des embûches aux Français. Il visera surtout à prendre les deux sommiers chargés d'or qu'ils ont avec eux, afin de les priver de ressources pour leur voyage. Les messagers tombent dans l'embuscade; au sortir d'un bois, ils trouvent cent hommes rangés en bataille, et leur envoient un écuyer pour connaître leurs dispositions ; celui-

I. Le romancier fait ici d'Hermengarde la sœur de Boni£ace, conformément au poème ; mais partout ailleurs, il la donne pour sa fille.

LES TnSlONS IN PROSE OCUX

ci ttt ittmédifttemeAt massacré par tux. ^ A cette Tue, les chevaliers sa précipitent sur la baaile ennemie et panrienaentà la disperser. Ils arrivent à Pavie un îeudi et renoon^ trent Bonitacei qui se promenait dans les environs de la vtUe. Le monarque s'effraie à l'aspect de leur équipement guerrier ; il croit avoir affaire à des Allemands et rentre précipitamment dans les murs de sa capitale. Une semblable conduite rempUt les Français d'étonnement.4jirart de Roussillon vient jusqu'à la porte de la ville et cherche à se la faire ouvrir. (Fol. 14 r*) Le^rdien y consent, mais à la condition que les chevaliers laisseront leurs armes à la porte. Ceux-ci exécutent à contrecœur cette prescription; Girart ne peut même s'empêcher d'en manifester son mécontentement ; H^^^es de Berry, plus prudent, l'engage à la patience.

Le roi BoniCace, qui était alors monté sur le portail, leur demande qui ils sont et quel est le but de leur voyage. Girart de Roussiilon lui répond qu'il ne peut le lui faire savoir pour le moment et se contente de lui dire que, lui et ses compagnons, viennent de la part d'Aymeri de Narbonne. Boniface les invite à dîner, mais Hugues de Berry refuse pour le soir et n'accepte que pour le lendemain, (y^) Les messagers vont ensuite se loger dans la ville. Le roi, indigné de ce refus, ordonne à tous les gens de métier de vendre leurs denrées hors de prix aux Français. {Fol. 1 5 r«) Les cuisiniers de ces derniers, qui sont allés aux provisions, s'en retournent sans rien acheter, et s'en plaignent aux maîtres d'hôtel ; ceux-ci s'informent près de leur hôte si c'est une coutume dans Pavie de vendre les denrées aussi cher aux étrangers. € Oui, • répond l'hôte, « et quand même vous vous plaindriez à la justice, il n'en saurait être autrement. • Sur cette réponse, l'un des maîtres d'hôtel s'en va raconter le fait à Hugues et à Girart, qui se réunissent avec Amaury de Melans, Sanse, Richer et deux ou trois autres, afin de délibérer sur la conduite à tenir en la circonstance. Hugues prend la parole et les invite à faire c une chose qu'oncques telle ne firent messagiers de prince et dont il sera £Mcte

Page 1