‹ Aymeri de Narbonne, chanson de gesteChapitre 192 sur 235 · LES VERSIONS EN PROSE CCLXXVII · texte numérisé non relu

LES VERSIONS EN PROSE CCLXXVII

convoqué, t C'est sans doute, » lui répond celle-ci, « parcequ'il veut prendre femme, celle qui a été la cause d'une guerre entre lui et vous étant morte depuis longtemps. » Girart part pour la cour de l'empereur. (La transition est ainsi ménagée avec l'histoire de la reine Sibille, qui suit immédiatement dans la compilation.)

Le chapitre consacré à Aymeri dans les Conquestes de Charlemaine porte le titre suivant :

• Comment le puissant prince Charlemaine assega (sic) et prist Nerbonne^ et la donna au gentil Aimery, fil^ d4 Hervault (sic) de Beaulande, »

Ainsi que nous l'avons déjà dit, ce chapitre n'est qu'une simple reproduction de la première partie de la version contenue dans le ms. de TArsenal *. La copie n'est pas textuelle, et les expressions sont généralement un peu modifiées, mais ces changements n'ont aucune importance, et la narration est suivie fidèlement jusque dans ses moindres détails. Seulement, David Aubert a omis les épisodes du mariage d^ Aymeri et du second siège de Narbonne ; il s'est arrêté au moment où Charlemagne, après avoir octroyé cette ville à Aymeri, se dispose à retourner en France pour y faire le procès de Ganelon. Son récit ne correspond qu'aux deux premiers chapitres de la version de l'Arsenal, à la suite desquels l'auteur de la compilation

I. M. L. Gautier t aussi consuté que David Aubert « eu sout les yeux la version de Girart de Vienne offerte par ce ms., et qu*il Ta reproduite en l'abrégeant (Ép. françaisetf a» éd., t. IV, p. 174-5.)

CCLXXVni INTIODOCTION

s'interrompt brasqucmcnt pour reprendre l'histoire de Galien (voy. d-dessus).

L'analyse que nous venons de donner des versions de nos mss. 1497 et 335 1 nous montre aussi qu'il existe entre elles une parfaite ressemblance. Elles ont exactement le même fond et les différences communes qu'elles présentent vis-à-vis du poème ne permettent pas de supposer qu^elles soient dérivées chacune séparément de cette dernière source. Ainsi les quatre rois sarrasins qui gouvernent Narbonne sont appelés dans les deux textes, avec de légères variantes, Abel, Balaam, Rodouan et Esclamart, tandis que la chanson les nomme Baufumé, Desramé, Agolant et Dromon (v. 3o2-3). Dans tous deux, on voit après la prise de Narbonne Balaam se réfugier dans le château et prolonger la résistance jusqu'au moment où, forcé de se rendre, il est pendu par ordre de Charlemagne. Rien de semblable dans Toriginal. Nous remarquerons de plus dans nos deux romans en prose la similitude des noms des conseillers laissés par Charlemagne auprès d'Aymeri (Girart de Roussillon, Hugues de Berry, Amaury de Melans, Guion de Pierrelée), enfin l'analogie des détails de la délivrance de Narbonne par les efforts combinés d^Aymeri et de Girart de Vienne. On retrouve jusque dans le style des relations frappantes, et les phrases sont parfois à peu près les mêmes. Il nous suffira de citer en regard des morceaux tirés de chacune de nos versions; on y verra la preuve évidente que Tune des deux est calquée sur l'autre. Nous y joindrons également le passage corres-

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