‹ Aymeri de Narbonne, chanson de gesteChapitre 197 sur 235 · LES VERSIONS EN PROSE CCLXXXIII · texte numérisé non relu

LES VERSIONS EN PROSE CCLXXXIII

le texte du ms. 335 1 ; il s*est bcHrné â le délayer un peu en y ajoutant quelques amplifications de pure rhétorique. Le ms. 335 x est aussi assez voisin du ms. 1497, et présente les mêmes détails sous une forme peu différente; mais la ressemblance entre ces deux derniers textes s^accentue encore davantage end^autres endroits :

Ms. i497i fol. 8 1/». Ms. 335 ly fol. 23i r\

(Après la prise de Nar- Et par nombre s'en con-

bonne) on baptisa bien de vertirent plus de trois mil

.iij. à .iiij. mil hommes, les- hommes, qui puis furent si

quieulz voulurent chrestiens vaillans et bons chrestiens

devenir, et depuis le furent que bon besoing en eust de«

si bons et si fermes que puis le bon chevalier Ay*

grant secours firent et grant mery.

aide a Aymeri.

Nous pourrions citer bien dVutres exemples ^ Ces comparaisons prouvent d'une manière irréfutable que la version du ms. de TArsenal est dérivée de celle du ms. 1497. Elle n^en est qu'un abrégé réduit aux proportions d^un épisode au milieu du roman de Galien. Certaines parties ysontfortécourtées: l'ambassade envoyée à Pavie par Aymeri est racontée en quelques mots^ et l'aventure des hanaps brûlés est totalement omise, ainsi que les combats contre Clisson (le Savari de la chanson). Inversement, le texte du ms. 1497 ne peut rien devoir à celui du ms. 335 1,

I . V07. en particulier le passage où Hugues de berry déclare à Aymeri qu*il lui a choisi une femme « de bonté, de betulté, d*onneur » (ms. 1497, fol. 10 t*-ii r»; ms. 335i, fol. 272 v*).

CCLXXXIV INTRODUCTIOK

car il offre ces derniers éléments au complet, et suit de beaucoup plus près le poème original.

Nous ajouterons que l'auteur même de la compila* tion du ms. 335 1 nous donne, au sujet de ses sources, des indications qui semblent bien se référer à notre autre version en prose. « Sa vie v, dit-il en par* lant d^Aymeri, « est au long escripte et contenue en ung autre livre fait et composé des fais, des aventures et vaillances que firent lui et ses enfans » (fol. 269 v^). Ces données conviennent entièrement à la version du ms. 1497. ^^^ ^^^^ trouvons ailleurs une mention encore plus précise. Notre écrivain, après avoir rapporté qu'une fille d'Aymeri de Narbonne épousa Louis, fils de Charlemagne, nous dit qu'on trouve ce fait consigné « es livres anciens parlans d'icellui temps, et mesmement ou livre de Guillaume d'Orange, fil\ d'Aymery » (f» 270 r«). Ces

livres anciens sont sans doute les manuscrits des chansons de geste; quant au livre de Guillaume d'Orange, si nettement distingué ici, nous pensons qu'il faut y voir la compilation du xv* siècle ^ D*au« très allusions très claires se trouvent aussi aux fol. 271 V® et 279 v^. Dans le premier de ces deux passages, Tauteur, après avoir parlé en quelques mots de Guillaume d'Orange, de Guibourc et de Renouart

I. Ceue compilation contient effectivement une version du Cou'' ronnement Looys, où est raconté le mariage de Blanchefleur avec Louis. L'auteur de la compilation du ms. 335 1 semble, du reste» avoir mis i profit cette version à la fin de son histoire de la reine Sibille (voy. Ép. françaises, 2«édit.« U W, p. 346).

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