‹ Aymeri de Narbonne, chanson de gesteChapitre 204 sur 235 · Propugnatore, t. III» 2* part., p · texte numérisé non relu

Propugnatore, t. III» 2* part., p

4. Voy. d-destus, p. cvii, et Tintroduction de Raoul de Cambrai, p. LXY et Lxix. * La laisse indiquée par M. Rajna a, du reste, des

LA l^GENOE d'ATMBRI EN ITALIE CCXGIX

la ville d'Aix-la-Chapelle, elle figure encore, comme capitale de Qiarlemagne, dans des chansons peu anciennes, dans notre Aymeri de Narbotme, par exemple, où des Sarrasins proposent à Témir de Babylone de prendre la couronne « a Es en France, en mi la roiauté )» (v. 3573).

Ainsi, il convient, à notre avis, de rajeunir notablement le texte de Venise, et nous croyons que le poème français nous représente mieux Tétat primitit de la légende. En lisant Pépisode de la prise de Narbonne diaprés le ms. IV, nous ne pouvons nous empêcher d'y voir un récit abrégé et considérablement raccourci. La conquête de la ville y est racontée en quelques vers, et Ténumération des barons auxquels Charlemagne offre ensuite la cité est moins complète que dans Aymeri. Le monarque s'adresse seulement à Richard de Normandie, à Ogier le Danois et à Hemaut de Beaulande. De plus, ces héros sont ici amoindris et rabaissés; ils ne semblent guère excusables de refuser une ville qui est déjà prise et dont la possession ne leur a coûté aucune peine. Dans notre chaason, au contraire, Charles réclame de ses chevaliers, accablés de fatigue et de tristesse, un suprême effort pour s'emparer d'une place solidement fortifiée et défendue par des milliers de païens. Combien cette situation n'est-elle pas plus belle, plus dramatique, plus digne enfin de l'épopée primitive * I

assonances si irrégulières et si fautives qu'elle ne nous semble guère pouvoir être prise en considération.

Page 1