LA LÉGENDE D^TMBRI EN ESPAGNE CCCXXI
Uamado don Henrrique », et donna en même temps à celui-ci le titre de vicomte.
Ce don Henrrique, nommé vicomte de Narbonne par Charlemagne, est certainement Aymeri, dont le nom aura été corrompu. Magtano, roi de Narbonne, est sans doute aussi le Matran de Philomena. Ce roman paraît avoir été la source originaire du passage que nous venons d^analyser. Outre la conformité des noms des acteurs principaux, on remarque encore une couleur très analogue dans les deux récits, et Ton y voit le pape remplir le même rôle auprès de Charlemagne. Des détails nouveaux, puisés à d^autrès traditions, sont venus se joindre aux données primitives, peut-être dans des sources intermédiaires.
C'est aussi d'après Philomena que Père Tomich a raconté la prise de Narbonne par Charlemagne dans ses Histortas dels reys de Arago ^ Cet écrivain nous déclare lui-même avoir trouvé ses renseignements « en las historias qui foren fêtas per Philomena, secretari de Caries maynes, Emperador. E foren fêtas las ditas historias, » ajoute-t-il avec la précision d'un historien consciencieux, « per lo secretari dessus dit en l'any que teniem de la Incamacio
I. Historias e conquestas dels excellentissims e catholics Reys de Arago, e de leurs antecessors los comtes de Barcelona (Bar^ celone, i534}, ch. XVII-XXUL Mttran, dans ce texte, est appelé Metra, et sa femme Ormuda (lU. Oriunda), Le siège de Narbonne est placé en Tannée 790.
GGCXIII INTRODUCTION
DGCLXixxv anys. » ^ On voit qaeUc confiance on accordait alors à cet ouvrage pourtant si dénué de va* leur.
Un autre r&it du si^e de Narbonne, de même origine que les précédents, nous est donné encore par le P. Estevan Barellas, dans sa Centuria o historia de losfamosos hechos del gran conde de Barcelona don Bemardo y de don Zinofre, su hijo, y otros cavalleros de la proptncta de Cathaluna (Barcelone, i6oo). Ce livre n^est qu^un roman très confus et fort peu intéressant. L'épisode dont nous nous occupons y est extrêmement développé, et s^étenddu ch. xxxxui au ch. Lxxxvii (fol. 46 r^^-gô r®). Nous allons en résumer les traits principaux :
Le roi de G>rdoue, accompagné de Magtano, son parent^ et de Salim, vient mettre le siège devant Narbonne. Les habitants de la cité implorent le secours de Qiarlemagne qui leur envoie des troupes en toute hâte. Pendant ce temps, le roi de Cordoue donnne deux assauts qui sont repoussés par les Nar-^ bonnais. Après ce double échec, il réitère Tattaque tant par terre que par mer, mais sa flotte est brûlée par ses ennemis. Tandis qu^il s'occupe à réparer ce
I. Ch. XVII, fol. xn r* col. I. — Le récit de Tomich a été cité par Geronimo Çurita dans set Anales de la corona de Aragon^ 1. 1, ch, 3 (éd. de Saragosse, 1610, t. I, fol. 6 ▼•), et par le P. Mariana dans son Historia de rébus Sispaniœ, 1. VII, ch. 1 1 {Hispanias illustratœ scriptores varii, i6o3, t. II, p. 411). Cf. Catel^ Mémoires de Vhistoire du Languedoc^ p. 647.