‹ Aymeri de Narbonne, chanson de gesteChapitre 234 sur 235 · LA LITTÉRATURE CONTEMPORAINE CCCXXXIII · texte numérisé non relu

LA LITTÉRATURE CONTEMPORAINE CCCXXXIII

sortis de Timagination de Piliustre écrivain. C'est lui, par exemple, qui a inventé le comte de Gand et Eustache de Nancy, personnages absolument étrangers au cycle carolingien. Il en est de même d'Albert de Périgueux, de Samo « que la légende aujourd'hui divinise » (?) et de ce Garin,

Qui se trouvant un beau jour à Venise,

Emporta sur son dos le lion de Saint*Marc.

Notre épopée ne connaît pas cet athlète, qui , du reste, ne semble avoir accompli son tour de force que pour prêter complaisanmient une rime à Ogier de Danemark. Faut-il le dire? Les traits que Victor Hugo a puisés dans son propre fonds ne sont pas toujours de fort bon goût, et ne rentrent guère dans l'esprit du moyen âge ^ Nulle part il ne s^est montré aussi bien inspiré que dans les passages où il se rapproche le plus de Tancienne chanson de geste. Bien qu'affaiblie et défigurée en passant par une traduction en prose, l^œuvre de Bertrand de Bar-sur- Aube lui a fourni ses plus nobles pensées et ses plus beaux vers. Nous ne saurions faire un meilleur éloge de notre jongleur champenois, éloge d^autant plus mérité, ajouterons-nous, que le modèle est demeuré, à certains points de vue, fort supérieur à la copie. Nous estimons, en effet, avec un critique éminent' que

I. Dreut de Montdidier parle de ton maillot! Le poète a voulu dire sans doute une cotte de mailles, mais ce mot n*a jamais été employé dans ce sens.

a. Sainte-Beuve, dans Tintroduction du Recueil des chefS'^œu-

CCGXXXIV INTRODUCTION

« i^avantage est resté du côté du vieux trouvère sans renom, à qui échoit cet honneur insigne dans un concours ouvert à i^improviste après six cents ans ^. »

vre de la poésie française depuis les origines Jusqu^à nos Jours, publié sous U direction d'E. Crépet, 1. 1 (1861), p. xx.

I. Noos ne Toulons ptt terminer cette introduction sans adresser tous nos remerctments aux érudits qui nous ont aidé dans notre travail; à M. P. Meyer d*abord, qui a bien voulu collationner pour nous Fun des manuscrits de Londres, revoir avec le plus grand soin nos épreuves, et compléter sur divers poinu nos recherches; à MM. L. Gautier et G. Paris, dont les leçons et les conseils nous ont été si utiles ; à M. P. Rajna enfin, qui nous a fait profiter avec une extrême obligeance de ses connaissances si approfondies de la littérature italienne du moyen âge.

Page 1