CXXXIV INTRODUCTION
2, — Le siège de Narbonne.
Le siège de Narbonne est Tun des éléments historiques les plus importants de notre poème. Exposée par sa situation aux premières attaques des Sarrasins, cette ville eut beaucoup à souffrir de leurs invasions dans le midi de la France, et tomba d'assez bonne heure en leur pouvoir. Après être restée pr& de quarante ans sous leur domination, elle fut reprise par Pépin à la suite d'un long siège. La légende n^est ici qu'un fidèle écho de Thistoire.
Il n^est pas inutile de passer en revue les diverses phases de ces luttes dont Narbonne fut le théâtre, car elles ont peut-être toutes concouru, dans une plus ou moins grande mesure, à la formation de la tradition poétique.
Vers la fin de Tannée 71g ou au commencement de Tannée suivante, El-Samah (le Zama ou Sema des historiens chrétiens), gouverneur de TEspagne sous le califat d^Omar II, vint s'emparer de Narbonne, en massacra les principaux habitants, et emmena les femmes et les enfants prisonniers en Espagne. Il y mit ensuite une forte garnison sous le commandement d'Ibn-Aumar, l'un de ses généraux, et poursuivit ses conquêtes dans le reste de la Septimanie \ Il s^avança
I. cSemat rex Sarracenorum, post viiii anno quam in Spaniam ingresst sunt Sarraceni, Narbonam obtidet, obseasanique capit, viroaque civitads illius gladio perimi juMit, mulierea vero vel par- ▼ulot captivot in Spaniam ducunt. » Annales dÀniane, Peru,