CCXXXII INTRODUCTION
monter à la fin du xiii^ ou au commencement du XIV® siècle, époque où la tradition de la prise de Narbonne était fort répandue dans le midi de la France, grâce à l'influence du Philomena, composition légendaire sur laquelle nous aurons à revenir plus loin.
C'est aussi sans doute d'après le Philomena ou quelque autre texte analogue que la conquête de Narbonne par Aymeri est rappelée dans une chronique de Foix, mentionnée par Catel dans ses Mémoires de l'histoire de Languedoc (p. 566) :
Et conquistec lo comptât de Narbonna et de Tolosa et de Carcassonna et de Besers et Barsalona Mossur Aymeric de Narbonna, et d'aqui son descenduts los comptes de Tolosa et Carcassonna '.
Catel cite cette chronique d'après un manuscrit qui était en sa possession, mais il ne nous donne aucun renseignement sur sa date*, nous la croyons du xiv® ou du XV® siècle.
11 nous resterait à parler d'une chronique contenue dans le ms. de la Bibl. nat. fr. 5oo3, o\x la légende d' Aymeri et de la prise de Narbonne a également pris place -, mais ce texte dérive des versions en prose de notre roman, et nous aurons à l'examiner en traitant de ces versions.
I. Suivant une autre tradition assez populaire dans le Midi, Charlemagne aurait donné Narbonne à Tersin, prince sarrasin qu'il aurait créé comte de Toulouse, après sa conversion au christianisme (Romania, t. I, p. 68; Genealogia dels comtes de Tholosa, dans Caiel, Hist. des comtes de Tolose, append., p. 2-3; cf. une chronique citée dans le même ouvrage, p. 42).
OFFICE DE SAINT CHARLEMAGNE A GIRONE CCXXXlll