‹ Aymeri de NarbonneChapitre 64 sur 244 · Romania, t. IX, p · texte numérisé non relu

Romania, t. IX, p

2. Aliscans, v. 2504-6, etc. ; Couronnement Looys, v. 8i5 (voy. ci-dessus). — Hermengarde paraît aussi dans F" ougue de Candie, chanson assez peu ancienne, mais antérieure à Aymeri de Narbonne, comme nous le verrons plus loin (éd. Tarbé, p. gG, 12G, etc.).

3. Voy. VHist. générale de Languedoc, v éd., t. II, p. 415, preuves, col. 499, t. 111, p. 545; Gatel, Histoire des comtes de Toulouse, p. i65.

4. Nous ne parlerons pas ici îles chansons de la geste des Lorrains, car les allusions qui y sont faites à Aymeri de Narbonne ne se montrent que dans des textes d'une date relativement récente. Ainsi, dans le poème d'Yon, continuation de Girbcrt de Mct^ faite au xiii* siècle, la geste des Lorrains est rattachée arliliciellement à celle d'Aymcri. Girberl est donné comme le pèie de Garin

CXX INTRODUCTION

dans le poème de Girart de Roussillon parmi les vassaux que celui-ci convoque pour le soutenir dans sa lutte contre Charles Martel (ms. de Paris, v. 4193 et

de Montglane, d'où sont issus les héros du cycle naibonnais :

Grant pièce après et Garins .iiij. fiz : Li ainznez fut Hernaut, ce m'est avis, Et tint Biaulende et trestot le pais ; De cestui fut lifrans quens Aymeris Qui tant ot guerre contre les Arrabis.

Rayniers li prous ot nom li secons fis, Père Ollivier et Aude, ce m'est vis.. . .. Milles de Puille ot non li tiers des fis. Girars fut quars, ce fut li plus petis, Cil tint Vianne, prodons fut et gentis.

(Ms. de la Bibl. nat., fr. 1622, fol. 3i5. F. Bonnardot, Romania^ l. III, p. 23o, 259.)

L'auteur n'est pas ici d'accord, au sujet de l'origine de Garin de Montglane, avec la chanson consacrée à ce héros. Dans cette chanson, Garin a pour père un duc d'Aquitaine nommé Aymeri (ms. de la Bibl. nat., fr. 24403, v. 34 et suiv.) Les relations de parenté établies dans le poème d'Yon entre Garin et Girbert de Metz n'ont été sûrement imaginées qu'à l'époque peu ancienne où l'on s'efforçait de grouper et de relier entre eux les divers cycles. Le poème de Girbert de Metz (xii<5 siècle) fait épouser à ce personnage « la fille Naimeri de Nerbonne » (ms. de la Bibl. nat., fr. i382, f» 179, lîonnardot, /. cit., p. 227); mais nous pensons que c'est là une variante introduite postérieurement ; en effet, on le voit ailleurs épouser la fille d'Yon de Provence [Hist. littéraire de la France, t. XXII, p. 628).

Aymeri de Narbonne joue aussi un rôle dans Elie de Saint-Gille (éd. de la Société des anciens textes, v. 848, 868, 2494, 25o5, 25 1 5, etc.) ; mais cette chanson, dans sa forme actuelle, n'est qu'un remaniement fait au xine siècle d'un poème composé au siècle précédent. Aymeri ne paraît pas avoir figuré dans le texte primitif, et son introduction est due au remanieur, qui a fait oeuvre personnelle en rattachant Elie à la geste de Montglane (éd. cit., Introd., p. XXI.)

AYMERI ET HERMENGARDE CXXl

4222) K Or la rédaction primitive de cette chanson remonte au xi^ siècle. La version qui nous en est parvenue ne date, il est vrai, que du dernier quart du siècle suivant ^, et il est possible que le nom d'Aymcri ait été ajouté ici par le remanieur à qui est due cette version renouvelée; dans cette hypothèse même, l'allusion est d'une époque déjà assez reculée pour mériter d'être prise en sérieuse considération ^.

Mais nous avons un texte plus important encore : nous voulons parler de la chanson du Pèlerinage de Charlemagne. M. G. Paris a démontré par d'excellents arguments que ce poème a été composé au xi*^ siècle, avant les croisades '^, opinion qui a été également soutenue par MM. Koschwitz ^ et Morf ^.

1. Ed. Fr. Michel, p. i32, i33; traJuctioii de M. Mcycr, g 319 et 320 (cf. Recherches sur l'époyée française, dans la Bibl. de VÉcoledes Chartes, G^ série, t. III, p. 5-2). Dans un autre endroit (g 193), il est question d'un certain Anséis de Narbonne que Charles Martel avait laissé dans cette ville pour la défendre. M. Meyer l'assimile à Aymcri, et pense que la leçon Anscis est fautive (trad., p. 1&7, note 4). Nous reviendrons plus loin sur ce passage.

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