‹ B. Sarrette et les origines du Conservatoire national de musique et de déclamationChapitre 122 sur 149 · FETES ET TRAVAUX · texte numérisé non relu

FETES ET TRAVAUX

améliorations : rétablissement du taux des appointements des professeurs diminué en l’an XI, achèvement de la bibliothèque et établissement d’un pensionnat pour les chanteurs.

Le décret impérial du 3 mars 180G donna satisfaction à ces desiderata , et le règlement du 14 octobre 1808 mit en harmonie l’ancien régime avec les nouvelles dispositions; il détermina, en outre, les bases de l’enseignement de la déclamation dramatique de récente création, dont l’établissement n’avait pu se faire encore malgré des tentatives réitérées 1 .

Le Conservatoire, qui avait vaillamment fait tête à l’orage, commence alors à jouir de quelque quiétude : s’il avait d’irascibles détracteurs, il ne manquait pas de partisans ardents. Au milieu de la lutte, il avait poursuivi son œuvre malgré tout : classes, concours, distributions de prix, participation aux fêtes nationales, jusqu’à leur suppression complète en 1802 2 , et fondé en cette même année les exercices-concerts, véritable origine de la Société actuelle, qui eurent uir si grand retentissement, et jusques à la visite des souverains.

En l’an IX, le IG thermidor (4 août 1801), le Conservatoire fêta l’anniversaire de sa fondation. Le Ministre de l’Intérieur Chaptal prononça un discours et posa la première pierre de la bibliothèque. Il y eut concert, banquet.et bal 3 .

1. Cf. Les anciennes Écoles de déclamation . par Constant Pierre.

2. En 1798 et 1799, on célébra comme précédemment les cinq fêtes annuelles, augmentées de deux nouvelles : celles de la Souveraineté du peuple (20 mars) et du 18 Fructidor' (4 septembre), décrétées en l’an VI. Au point de vue musical, aucune d’elles ne se distingue particulièrement; signalons comme œuvres composées nouvellement le Chant dithyrambique de Lesueur (9 thermidor an YI), VOde sur le 18 fructidor de Cherubini (an VI) et le Chant triomphal pour la fête du 1 er vendémiaire (an VII), dont la musique complète nous est parvenue, sans excepter celle du Chant triomphal du poète Leclerc inconnue à M. J. Tiersot {Le Ménestrel, loc. cit., 1894, p. 226). L'année 1799 compte, en sus, deux cérémonies funèbres, la première en l’honneur des Ministres français assassinés à Rastadt (7 juin), et la seconde en mémoire du général Joubert (16 septembre). — Avec les parties séparées manuscrites ayant servi aux exécutions, nous avons reconstitué intégralement les partitions des hymnes précités. On trouvera dans le Piano-Soleil du 28 juillet 1895 une réduction du Chant dithyrambique, dont il n’a été publié qu’un très court fragment, et, dans le numéro du 22 septembre 1895, le Chant triomphal, resté entièrement inédit.

A partir de 1800 jusqu’à 1802 inclusivement, on ne célébra plus que le 14 juillet et le 1 er vendémiaire, et dès le 23 septembre 1801, l’on abandonna le répertoire des hymnes spéciaux pour faire entendre des fragments d’opéras divers de Gluck, de Rameau, de Sacchini, de Méliul, de Cherubini, etc. Mentionnons enfin la fête de la Paix (18 brumaire an X-9 novembre 1801), qui rappela, par l’importance de la partie musicale et le nombre d’exécutants, les plus considérables de 1794.

3. Le Courrier des spectacles du 17 thermidor an IX contient des « couplets

LA DIRECTION DU CONSERVATOIRE

En juillet 1811, ce fut l’inauguration de la nouvelle salle de concerts construite par Delannoi. On fit appel à tous les anciens élèves de l’École, pour participer à l’exécution du programme, dont le morceau principal était la Cantate d’Arnault sur la naissance du roi de Rome, mise en musique par Méhul, Cherubini et Catel. Le poète avait demandé au Ministre que des exemplaires de sa cantate fussent tirés avec luxe, pour les membres de la famille impériale. Sarrette en fit imprimer douze en encre d'or sur peau de vélin . et, le 9 octobre suivant, il en demandait le payement, soit 516 francs.

Le calme s’était fait dans les esprits, la protection du Gouvernement était manifeste, tout faisait donc espérer une longue période de travail et de succès. Elle devait être courte, trop courte pour le profit de l’art. La destinée du Conservatoire était liéé à celle de l’Empire, et, quand l’astre du puissant monarque pâlit, commencèrent les jours sombres pour l’établissement et son directeur.

Le 11 avril 1814, Napoléon I er abdique à Fontainebleau, et, le 10 mai suivant, les souverains alliés assistent à l’exercice des élèves du Conservatoire; une ordonnance royale, en date du 28 du même mois, rétablissant les gentilshommes de la Chambre dans leurs attributions d’ordonnateurs exclusifs des théâtres et de l’hôtel des Menus- Plaisirs du Roi, où était le Conservatoire, fut le prélude de la destitution de Sarrette. 11 ne la reçut pourtant que sept mois après, non pas absolument dans les conditions rapportées jusqu’ici par des écrivains qui ont ignoré les diverses pièces manuscrites que nous allons divulguer. La garde nationale avait été reconstituée par Napoléon I er , et sur l’invitation du Préfet de la Seine le Conservatoire avait formé un corps de 120 musiciens volontaires, dont Sarrette fut le commandant avec le grade de capitaine, comme sous la Révolution 1 ; Méhul, Catel, Paer et Cherubini reçurent le titre de lieutenant, ce dernier par décision du 2 février 1814. Au retour des Bourbons, une nombreuse promotion dans l’ordre de la Légion d’honneur fut décidée en faveur des citoyens de tout rang, formant cette milice, choisis parmi ceux qui avaient été blessés à la journée du 30 mars ou qui comptaient des services dans l’ancien ne garde nationale et parmi les sa¬

chantes au banquet des artistes réunis pour célébrer l’anniversaire de la fondation du Conservatoire de musique, le 16 thermidor an VIII », par un nommé Villiers, sur l’air de la Clef forée,

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