ACTE II, SCENE XIII
BABIOLE, baissant les yeux.
Des preuves!... Et lesquelles s'il vous plaît ?... Voilà que vous m'effrayez...
JOBLOT.
M. de Lavarenne vous a dit qu'il vous attendait tantôt dans son boudoir.,.
BABIOLE
Soyez tranquille ! je n'irai pas 1...
JOBLOT.
Il ne s'agit pas deçà... il vous a dit. . qu'en lui remettant cette rose... ça serait signe...
BABIOLE
Que j'y consentais... mais rassurez-vous, monsieur Joblot, j'aimerais mieux mourir que de jamais... O Dieu de Dieu !... vous que je dois épouser...
JOBLOT.
Il ne sagit pas de ça. (Prenant la rose qui est restée sur un guéridon.) Il s'agit de remettre celte rose à monsieur de Lavarenne...
BABIOLE
Moi!... par exemple!... mais réfléchissez donc !...
JOBLOT.
Babiole!... l'amour ne réfléchit pas!
BABIOLE
Et c'est vous, monsieur Joblot, qui me demandez...
Vous m'avez dit, Babiole, que vous m'aimiez...
BABIOLE
Et c'est justement pour ça... Vouloir que j'aille dans ce boudoir avec lui...
joblot, vivement.
Avec lui ! Plutôt l'étrangler et vous aussi !
BABIOLE
Moi !...
JOBLOT.
Oui! vous!
babiole, avec joie.
A la bonne heure !... voilà de l'amour !
JOBLOT, avec chaleur.
Lui livrer mon bien, mon trésor ! la seule personne qui m'aime!... Non! je serai là, avec vous ; je vous accompagnerai ; je ne vous quitterai pas...
BABIOLE
Ce sera alors un tête-à-tête.
JOBLOT.
A trois !
BABIOLE
A trois.. .Ça vaut mieux! mais pourtant...
JOBLOT.
Il n'y a pas de pourtant!... vous arriverez, vous fermerez sur-le-champ la porte au verrou... aux deux verroux... et vous ouvrirez la fenêtre qui donne sur le jardin... Je la connais... j'y ai posé autrefois des stores... Je monte par le treillage... Vous comprenez?...
BABIOLE
Oui; c'est-à-dire... non... je n'y comprends rien...
JOBLOT.
Ça revient au même ! il n'y a pas nécessité que vous compreniez... c'est un mystère!...
AIR : Ces postillons sont d'une maladresse. Quoi qu'il arriv' je prends sur moi le blâme.
babiole, baissant les yeux.
Monsieur Joblot vous serez obéi !
joblot, d'un air sévère.
Vous faites bien ! morbleu ! car une femme Doit obéir à son mari !
babiole, avec joie.
Ah ! quel bonheur d'être grondée ainsi ! Tout c'que j'y vois... vous m'aimez.
BJOLOT, avec chaleur.
Je t'adore !
BABIOLE, poussant un cri de joie.
Ah! c'mot-ià seul me ferait consentir ; Et je suis prête à faire plus encore Si ça vous fait plaisir !
JOBLOT.
Non, non... c'est assez. Voici le père Marcel et le vicomte lui-même, attention !...