ACTE f, SCENE IV
JOBLOT.
Et vous recevez des lettres comme ça ?... Après tout... ça vous regarde... je vous ai avertie... vous ferez ce que vous voudrez...
Voulant lui rendre la lettre.
BABIOLE
Gardez-la.
JOBLOT.
Au fait... je suis bien aise d'avoir un modèle... ça n'est pas mal tourné...
Il s'assied et reprend son ouvrage.
BABIOLE
Le via fâché, à présent!... Mais réfléchissez donc, monsieur Joblot, que si j'aimais ce vilain seigneur... je ne vous aurais pas montré sa lettre... Et vous me soupçonnez... moi qui ne pense qu'à vous... joblot, vivement.
Quoi! vous... (Se reprenant.) Ne dites pas ça, mamzelle Babiole... ne dites pas ça!... (A part, en se levant.) Vlà quelle me fait une déclaration à présent... Mais tout lemonde sait donc en faire... excepté moi !... (Haut.) Moi aussi, ma bonne petite Babiole... ah! j'ai bien de l'amitié pour vous!...
BABIOLE
De l'amitié?
JOBLOT.
Oui, parce que vous êtes une bonne et brave fille ! Mais si vous saviez... il y a comme ça des circonstances où on se dit : La femme qu'il me faudrait pour être heureux... la v'ià !...
babiole, avec joie.
Nous nous comprenons donc, à la fin...
JOBLOT.
Eh bien , non ! nous ne nous comprenons pas du tout !
BABIOLE
Et pourquoi ça?
JOBLOT.
Parce que...
BABIOLE
Parce que vous êtes un jaloux! voilà le mot...
JOBLOT.
Moi? moi? Ah!
BABIOLE
Oui, vous !... (Apercevant Ernest, qui vient oV entrer sur les dernières paroles.) Quelqu'un!