CHAPITRE lIIl
Étude du degré de résistance de certaines bactéries mises en contact direct avec jl’antiseptique.
Avant d'entrer dans l’étude du degré de résistance de certaines bactéries mises en contact direct avec l’antiseptique, je donne, d’après différents auteurs, quelques brèves considérations sur la résistance à la dessication et aux antiseptiques des bactéries suivantes : B. anthracis, B. coli, B. septicus aerobius, B. pyocyaneus, Staphylococcus aureus, Streplococcus pyogenes, B. diphteriæ, B. tuberculosis et B. tetani.
B. anthracis. — PASTEUR (1880) a constaté la présence des spores du B. anthracis dans la terre recouvrant des fosses d’animaux morts du charbon et enterrés depuis douze ans. En soumettant l’eau de lévigation de la terre à une température de 90° pendant vingt minutes, puis injectant cette eau à des animaux, il produisait un charben bien caractérisé. Cette expérience montre la résistance extraordinaire et la longévité des spores du E. anthracis. D'ailleurs, ces dernières gardent leur vitalité et leur pouvoir pathogène après un séjour de cent
vingt-quatre jours dans l’alcool absolu, de soixante et un Jours dans l’acide phénique à 14/1006, et d’une heure dans la solution de sublimé corrosif à 1/1000.
D'après Roux (1887), le B. anthracis en bâtonnets, c’est-à-dire sous sa forme végétative normale, est peu résistant; au contaire, dès la formation des spores, il est capable de résister, même dans les conditions les. plus défavorables.
Bacterium coli. — UFFELMANN (1854) à établi que le B. coli, comme le bacille d’Eberth et les B. paratyphiques, peuvent vivre pendant un ou deux mois dans les milieux les plus variés : sable, poussières des maisons où des rues, diverses étoffes, sciure de bois.
CHANTEMESSE et VipaAL (1901), signalent que le B. coti e; le B. {yphosus résistent et se développent dans un milieu phéniqué à 1/600. Cette particularité est mise à profit pour l'isolement de ces deux espèces.
PFUHL (1902), à vu le B. coli résister vingt-huit jours dans le sable sec, quatre-vingt-dix-sept jours sur de la toile sèche, vingt-huit jours dans de la terre humide.
HEIM (1905) rapporte que le B. coli, les B. typhiques et paratyphiques peuvent résister à une dessication complète pendant des mois et même des années,
Pour MACÉ (1913), le B. coli résiste peu aux antiseptiques. Néanmoins, cet auteur signale, fait important, qu’il est beaucoup plus robuste que le B. typhique, de telle sorte que dans un mélange de B. coli et typhique, i: l'emporte rapidement et peut même parvenir à étouffer celui-ci et à le faire disparaître, |
Bacillus septicus aerobius. — D’après Macé (1913), le B, septicus aerobius présente, comme tous les microbes du même groupe, une grande résistance à la dessication
ét aux antiseptiques. Pour ce qui est de la dessication, ses spores lui permettent de résister des mois et même des années.
Bacillus pyocyaneus. — MACÉ (1913) signale le B. pyocyaneus comme peu résistant aux antiseptiques. IL est détruit assez rapidement à l'air,
Staphylococcus aureus. — SARTORY et LANGLAIS (1912), BURNET (1917), ont signalé le Sfaphylococcus aureus dans les poussières de l’air, sur la peau de l’homme et des animaux et dans les milieux naturels les plus variés. Les antiseptiques exercent sur ce microbe une action assez énergique. Mais il résiste beaucoup à la dessication et les cultures peuvent conserver leur vitalité pendant un an.
Streptococcus pyogenes. — SARTORY (1912), signale le Streplococcus pyogenes dans les poussières de l’air soulevées par les ventilateurs; il existe dans les endroits où séjournent les malades (poussières des hôpitaux et infirmeries), Il résiste très peu aux antiseptiques, même faibles, et se montre l'hôte principal des plaies infectées. Sa résistance à été éludiée par un certain nombre d’au- Leurs, en particulier DELBET (1916), qui a montré que le streptocoque supporte difficilement les solutions chlorées, Hquide de DAKINS par exemple,
B. diphteriæ, — Le B. diphteriæ est très sensible à l’action des antiseptiques, en particulier à l'acide phépique et au sublimé. CHANTEMESSE et WibaL (1889), ont montré que le mélange suivant : 25 grammes de glycérine, 5 grammes d’acide phénique et 20 grammes de camphre, peut stériliser presque immédiatement des fils de soie immergés dans une cülture virulente, desséches à l’étuve, puis plongés dans cette solution glycérinée. WRIGHT et EMERSON (1894) l’auraient isolé de la poussière d’un pavillon de diphtériques, des cheveux d’une
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infirmière, des vêtements de personnes approchant des malades. )
Bacillus tuberculosis. — Le B. tuberculosis, malgré qu'il soit très répandu dans la nature, n’a pu être décelé directement dans l'air. Néanmoins CHAUVEAU, CALMETTE ét GUÉRIN (1907), admettent qu'il existe dans les poussières, et c’est en passant par la voie intestinale qu'il s'introduit dans les différents organes. Il est, suivant l'expression de CALMETTE et LANDOUZY (1912), « mangé »; il pénètre dans les ganglions, et, de là, vient le plus souvent attaquer le poumon où il se développe de préférence.
Comme YERSIN (1898) l’a démontré, d’une facon générale, la résistance du B. tuberculosis aux antiseptiques paraît assez faible.
Bacillus tetani. — Le B. tetani est très répandu dans la nature, la terre, l’intestin des herbivores, particulièrement celui des chevaux et des bœufs. Roux (1891) l’a retrouvé dans le dépôt vaseux des réservoirs du RHONE alimentant LYON. LÉVY, BRUN et ANDERSON (1902) l’ont signalé dans la gélatine. VAILLARD et VINCENT (1904) l’ont isolé de l’enduit des bougies CHAMBERLAND ayant filtré de l'eau de Seine; ces auteurs rapportent que les spores sont très sensibles à l’action de la lumière en présence de l’air; elles germent moins facilement en donnant des bacilles atténués ou privés de virulence, et périssent après un mois environ d'éclairement au contact de l’air. A l'abri de l’air, elles résistent beaucoup mieux. Elles SUPportent pendant plus de dix heures le séjour dans la solution aqueuse de phénol officinal à 5 %. Le sublimé au 1/100 ne les tue qu'après trois heures de contact. JUNGANO et Disraso (1910) le signalent dans les matières fécales des herbivores qui en contiennent des quantités