COURSE
titude de pics beaucoup plus élevés que celui sur lequel on se trouve. A cet égard le sommet de Bocanère est dans une position unique à cause de l’espèce de scission que présente la chaîne des Pyrénées. On sait que la vallée d’Aran coupe les Pyrénées en deux parties j que la partie orientale est beaucoup plus avancée vers le nord que la partie occidentale. Bocanère se trouve dans cette section entre les deux parties de la chaîne de telle sorte qu’il est comme au centre , bien qu’en réalité il soit très-éloigné de Taxe dans le chaînon dont il fait partie.
De Bocanère on plonge dans les vallées de Canejan, d’Aran, d’Artigue-Telline , de l’IIospice, du Lys, de Larboust et de Luchon. On distingue au milieu de ces vallées un grand nombre de villages. On reconnaît la plus grande partie des pics de France et d’Espagne qu’on a eu déjà l’occasion de parcourir ou devoir plusieurs fois; on embrasse les. vastes plaines de la Gascogne, enfin c’est le point d’où l’on peut prendre l’idée la plus nette des formes de la Maladetta et de tout le groupe des monts maudits.
La course de Bocanère que l’on fait rarement de Luchon, est néanmoins celle que le topographiste et le coureur de montagnes devraient
BOCANERE.
faire avant toute autre pour se fixer sur les traits caractéristiques de toute la partie centrale des Pyrénées. C’est celle aussi qui peut remplir une âme forte des émotions les plus vives, en l’élevant jusqu’à l’intuition de Dieu par l’admiration de ses oeuvres.
La vue de Bocanère est analogue à celle du pic deMonsegut (course des lacs, pics, écho de Néré), comme celle du Monné est analogue au tableau dont on jouit sur le pic du midi de Bigorrc.
Si l’on ne veut pas rentrer à Ludion par la même route, on peut descendre à Lez dans la vallée d’Aran, ou à Cazau dans la vallée de Ludion, ou bien suivre la crête du chaînon vers Bagnères et descendre à la cascade de Monlauban. C’est alors 2 ou 3 heures de plus à
consacrer au retour.