GUIDES
A Cauterels l’administration municipale a établi deux classes parmi les guides Les guides de première classe ont seuls le droit d’accompagner les étrangers dans certaines courses désignées etreconnues comme les plus difficiles. Les guides de seconde classe ne peuvent s’engager cjue pour certaines courses dont on a dressé et affiché la liste. Cette mesure me paraît sage et mériterait d’être partout adoptée.
A Luchon les guides, à très-peu d’exceptions près, méritent pleine confiance sous le rapport de leur moralité. Mais il en est plusieurs qui ne connaissent qu’imparfaitement les montagnes du pays et qui ne sont nullement pénétrés des exigeances et des difficultés de leur utile profession.
M. Fontan a je crois proposé d’instituer à Luchon un cours d’instruction spéciale pour les guides- je ne saurais trop appeler la réalisation d’une telle pensée.
Un guide doit être gai, prévenant, causeur, contcui d anecdotes j il doit avoir quelque chose à dire sur chaque pierre, sur chaque arbre, et connaître parfaitement le nom de toutes les montagnes, de toutes les gorges et des moin-
INSTRUCTIONS GÉNÉRALES
dues ravins. Il doit saisir dès les premiers pas les allures et les goûts de son voyageur pour s’occuper surtout de ce qui doit plus spécialement lui plaire; il doit être jaloux de la beauté, de la richesse et du renom de ses montagnes; loin de taire sur la route les curiosités qui s’y trouvent pour n’avoir pas à se détourner et à se retarder en les indiquant, le guide doit, au contraire, les rechercher, les multiplier s’il est possible, et être fier du plaisir qu’éprouve son voyageur à jouir de toutes ces surprises.
Et vous, cher voyageur, sachez bien vivre avec votre guide , surtout si vous devez faire avec lui de grandes courses de montagnes. Si votre ton est hautain avec lui il fera néanmoins son devoir envers vous , mais il ne fera que son devoir. Plus de ces causeries familières dans laquelle l’homme des villes apprend tant de choses de l’homme de la montagne; plus de ces récits de chasse qui abrègent la route, de ces traditions populaires qui la poétisent, de ces milles petits soins qui la rendent facile. Sans compter que dans les auberges vous vous appercevrez bientôt au mémoire de l’hôte qu’ayant parlé haut on en a auguré que vous saviez payer cher.