Du IWonségut à l’écho de Néré 25 m
On suit la crête, vers le Sud, à pied, muni du bâton montagnard, et toujours sur la ligne qui sépare les deux déparlcmens ; il n’y a ni peine à redouter, ni danger à courir, bien que le sol soit glissant et qu’il n’y ait que précipices à droite et à gauche. Arrivé sur l’arête qui longe le val d’Esquierry, on se sentira peut-être frémir
LE LAKBOUST. — 8.e COL’ltSE.
à la vue de ces blanches roches calcaires qui hérissenl et surplombent ù une hauteur énorme ce riche vallon des fleurs -, mais rarement on voit avec autant de sécurité des précipices plus effrayans; car , je le répète encore en faveur des dames, il n’y a pas le moindre danger à parcourir ces crêtes et à s’approcher assez de leur bord pour embrasser d’un regard le vallon tout entier.
De ces hauteurs on remarque deux petits lacs sans issue, l’un à droite sur la pente opposée du val d’Esquicrry , l’autre à gaucheau pieddu Monségut. On dirait deux citernes établies avec une prévoyance admirable au milieu de ces deux vallons, privés presque complètement de sources et de ruisseaux. Il est curieux d’observer qu’on ne voit ni d’où vient l cau qui alimente ces réservoirs , ni par où s’écoule celle qui serait surabondante.
Halte à l’écho de Néré 25 m.
Au milieu de ces crêtes , au point où les roches noires schisteuses reposent sur les calcaires blancs et justement sur un gros filon de quarzite laiteux qui sépare ces deux roches , nous découvrîmes un écho des plus remarquables qui répète jusqu a
LACS, l'ICS, ÉCUO DE NEUfi.
neuf fois et très-distinctement les sons que 1 on lui confie. 11 faut se tourner vers le Pic Nere Nord pour obtenir le plus d’effet, c’est pourquoi nous l’appelâmes Echo de Ncré. 11 est indispensable de crier très-fort, sans cela on n’obtient que deux ou trois répétitions. Les sons graves sont préférables aux sons aigus, et chose peu commune, les répétitions de l’écho au lieu de s’aflaiblir successivement sont de plus en plus distinctes.
Un coup de fusil tiré sur ce point et dirigé horizontalement vers le Pic Néré est répété pendant plus d’une minute un nombre infini de fois. On dirait un feu de peloton des mieux nourris. C’est magnifique. Personne ne devrait visiter Cet écho sans y faire l’expérience du coup de fusil. Elle rendra sensible à tous l’explication des roulemens du tonnerre, qui n’est aussi qu une seule explosion cent fois répétée par les échos qui s’établissent au milieu des nues et entre la terre et les nuages.
Je laisse aux touristes à décider si Y écho de Ncré approche de celui de la villa Simonnetia , près de Milan , qui passe pour le plus remarquable , et qui répète un coup de pistolet juscjn’à 80 fois. On sait que Napoléon se rendait
LE LAttBOl’ST — 8.'1 COURSE.
souvent dans celle villa pour y tirer des coups de pistolet. Il disait que cet écho était la chose la plus extraordinaire qu’il eut jamais entendue.
RETOUR. — Si babillard qu’il paraisse, ne craignons pas de dire à l’écho les impressions es plus intimes de cette belle promenade; mais âtons-nous , car il est temps de songer au retour. Six heures sont encore nécessaires pour atteindre Luchon, soit que l’on veuille reprendre la même route, soit que l’on préfère, comme je le conseille, descendre par le val d’Esquierry, surnommé et à bien juste titre le jardin botanique des Pyrénées , d’où l’on regagnera sans peine et sans danger le vallon d’Astos , le village d’Oo et la route bien connue du Larboust.
9 ° De 1,écho a«x cabannes d’Esquierry. 1 h. 1/2.
Si l’on doit passer des crêtes du Monségutdans le val d’Esquierry, on doit faire à pied cette descente et avec précaution. Le guide doit conduire les chevaux en avant. On verra le point où le ruisseau qui descend des flancs du Pic Nérénord et de la pointe Arnaud dans les hautes gorges d’Esquierry, se perd sous les rochers pour ne reparaître que vers le fon^l du val
LACS, PICS, ÉCIIO DE ISERE.
d’Esquiérry, laissant ainsi toute privée d’irrigation cette haute vallée, la plus riche néanmoins de la chaîne en espèces végétales et en précieux herbages. Circonstance très-remarquable et qui intéresse hautement la géologie agricole.
Halte pour le dîner.... ® !*•
Si l’on est pressé de dîner, il faudra profiter de celte eau qui va disparaître jusqu’aux cabanes d’Esquierry, une heure plus loin, où l’on aurait du reste une très-bonne source.