‹ Bains et courses de Lunchon. Vrai guideChapitre 85 sur 208 · e COURSE · texte numérisé non relu

e COURSE

Au milieu de ces schistes, autrefois glacés et maintenant brûlés par le soleil d’Espagne, la cascade évantail épanouit avec grâce ses mille jets, et l’on entre bientôt dans le vaste et profond bassin des bains de Vénasque.

Regardez derrière vous. Admirez dans la partie la plus sombre et la plus resserrée du torrent la cascade Neptune , dont les trois branches d’argent paraissent inflexibles, tant leur chute est abondante et rapide.

Quel bassin agreste et sauvage que celui des bains ! Et ce bâtiment comparable à une caserne, absolument seul sur le penchant d’une montagne ! dans une contrée entièrement déserte et dénuée ! On dirait une construction fantastique jetée par un mauvais génie sur le bord d’un abîme. En vain l’œil cherche un chemin qui puisse y conduire. De toutes parts la roche parait inaccessible.

Je ne vous propose donc pas de monter à ces bains de Yénasque. Il faut une bonne heure pour les atteindre , et si vous n êtes assuré d’v rencontrer des espagnols ou des dames espagnoles que vous soyez curieux de voir, il n’y a rien dans l’établissement qui puisse

VÉNASQl'E.

tous dédommager de celle course. Bornez-vous à compter sur la façade les 57 fenêtres rangées symétriquement en trois étages.

Du reste , l’eau de ces bains est sulfureusechaude comme celle de Luchon, et douée comme elle de précieuses vertus. Aussi y vient-il chaque année un certain nombre de malades. Mais personne ne s’y rend en partie de plaisir comme vous devez bien le penser. L’établissement est dénué de la plupart des objets que réclamerait un tel séjour. Plusieurs malades y font porter leur lit et leurs provisions. Néanmoins les visiteurs y trouvent ordinairement quelques lits et quelques vivres.

La montagne qui porte ces bains est la bentouso (venteuse) que dominent au sud-est les cimes neigeuses des estraouascs , et au nord le mont déchiré de paderme. Tout cet ensemble est formé de calcaire blanc qui s’enroule comme une immense enveloppe autour de la Maladetta. La montagne qui fait face aux bains et sur laquelle on vient de passer est Vaygues passés (pas des eaux); on y voit deux ou trois cas<cades, notamment l’évantail

ROUTE D’ESPAGNE. — 16. c COURSE.

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