LEUR ÉTAT ACTUEL
modifications et combinaisons, tandis que les médecins éloignés ne les connaissent que trèsimparfaitement ou même les ignorent entièrement.
Je ne relate pas ici l’analyse complète de ces eaux, car il est maintenant reconnu que l’action des eaux thermales dépend beaucoup moins de leur composition minérale que du degré de leur température plus ou moins constant pendant que le corps reste soumis à leur action. Je ne crois donc pas que le malade doive se mettre en peine de consulter les analyses d’eaux minérales pour reconnaître celle qui doit lui convenir. Du reste, si cette élude devait avoir pour lui quelque charme ou quelque utilité, qu’il prenne l’ouvrage même de M. Fontan ; il y trouvera tout ce qui se rattache à l’étude chimique de ces eaux , exposé et développé avec beaucoup de méthode et de clarté. Ce travail est d’ailleurs le plus complet et le plus apprécié qui ait encore paru sur l’ensemble des eaux thermales de nos Pyrénées et sur celles de Luchon en particulier.
EAUX DE LUCIIOX.
§ SI. — Le climat, — La ville, — Monumens, — Ressources , — Industrie , — Mœurs des Luchonnais.
Climat. — Le climat de Luchon est assez doux, mais l’air y est toujours vif. Le printemps et l’automne y sont habituellement très-beaux. Pendant l’été surviennent quelcpiefois des semaines pluvieuses qui contrarient beaucoup les coureurs de montagnes. L’hiver n’y est long et rigoureux qu’une année sur trois, terme moyen. Les chaleurs de l’été se font peu ressentir à Luchon où le voisinage des glaciers entretient toujours une certaine fraîcheur. Cependant on y éprouve parfois une grande chaleur au milieu du jour , mais les soirées et les matinées y sont presque froides, même en juillet et août. Aussi combien d’étourdis voyageurs qui n’apportent que leur garde-robe d’été sont bien vite obligés de recourir au tailleur du lieu pour avoir tout au moins et tout de suite des pantalons de drap.
Ca Valle. — Luchon est formé de deux parties bien distinctes, la ville et le Cou) s
la ville.
d’Etigny, allée magnifique qui , de la ville se prolonge jusqu’aux bains. Peu de grandes villes possèdent un boulcvart ou une piomenace comparable au Cours d’Eligny. Celle longue allée , plantée de quatre rangées de tilleuls d une hauteur et d’une beauté rares, est bordée de belles maisons toutes neuves et construites pour la plupart avec goût et avec luxe.
Deux autres allées se font encore remarquer à Lucbon. Celle qui se prolonge dans la vallée du Larboust jusqu’au pont des Soupirs, elle est plantée de sycomores et de sorbiers des oiseaux, c’est Vallée des Soupirs. Celle qui se prolonge dans la vallée de Lucbon jusqu’à Barcugnas, elle est formée de platanes magnifiques. C’est l’allée de Barcugnas, nom fort peu romantique et que je propose d’abandonner; on pouuait la nommer Vallée de Paris , car elle est exactement dans la direction de Paris. Enfin, il y a aussi l’allée de la Pique nouvellement plantée par les soins de M. Azemar et qui offre une délicieuse promenade. Je propose de la nommer 1 allce des Ventes. C’est celle que les dames, trop souvent livrées au veuvage pendant leur séjour à Lucbon , choisissent pour leurs causeries les plus intimes.
EAUX DE LUCIIOX.
Moimmens. — Il n’y a aucun Monument ù Luchon, que les quelques autels votifs déjà cités. Il n’y a non plus aucun objet de curiosité, aucune ancienne construction qui puisse offrir le moindre intérêt; si ce n’est, toutefois, Y église qui offre des formes architectoniques toutes particulières. «
Cette église est certainement ancienne, cependant ses formes ne rappellent ni les constructions romaines, ni le gothique, ni le moyenâge* moins encore la renaissance. On ne saurait la rapporter à aucun ordre d’architecture connu; mais tout démontre quelle a été fortifiée et construite dans le but de servir à la défense du pays ; ce qui indiquerait qu’elle a été construite par les Templiers. On sera donc moins surpris de voir sa voûte massive reposer sur seize lourds piliers qui obstruent tout l’intérieur, permettent à peine à la moitié des assistans d’appercevoir le prêtre et l’autel, et rendent l’enceinte, pendant la saison, absolument insuffisante.
ISessosarees, gtlassiirs , imBsssti'ie. —
Le séjour de Luchon est le plus délicieux des Pyrénées pour ceux qui aiment les courses à