DE VÉNASQUE A VIELLE
Fos et S. ‘-Beat pour rentrer à Luchon par la roule de Toulouse.
Je ne trace ici que la première route; pour les deux autres voyez la course de Bososl ou celle de S. '-Beat.
De Vielle à Las Bordes 2 h.
Ln quart d’heure en dessous de Vielle, on rencontre près de la route à gauche un débris de 1 ancien couvent et de l’église de Mitg-Aran , qui fut construite sur le lieu même qu’occupait un autel des payons, Ararn , consacré aux sacrifices; d’où le nom du couvent et celui delà vallée. De tout cela, il ne reste guère qu’une croisée gothique sans curiosité.
Vous traversez le long et sale village d’Aubert, et son pont très-pittoresque. Retournez-vous ensuite pour revoir cet ensemble qui serait le sujet d’un joli dessin.
De Las Bordes à Labourdette 65 m.
Promenade toute pastorale.
De Labourdette au pas de la Bareste... I h.
A Labourdette, ayez soin de quitter la roule. On tourne à gauche^ et par le chemin des con-
trebandiers on monte sans trop de peine au roc de la Bareste, témoin de plus d’une scène sanglante. Ce passage est maintenant sans danger , mais il est très-rude ; il faut mettre pied à terre pour quelques instans.
Du pas de la Bareste au Portillon .... 1 h. 1/4.
On passe par le plan d’Aygue-Vère (eau véritable, eau pure) où l’on peut faire halte pour le déjeûner. On a sous les veux la belle vallée d’Aran et les hautes montagnes de la Catalogne et de l’Ariège.
Du Portillon à Bagnères I h. 1/2.
Voyez la course de Bosost.
GÉOLOGIE. — Tout ce voyage de Luchon à Vénasque , de Vénasque à Vielle, et de Vielle à Luchon, se fait sur le terrain de transition, sauf toutefois quelques points où se montre le terrain primitif. On ne rencontre donc que calcaires, calschis les et' schistes de toutes les espèces, même quelques euriies. La Penna Blanca est formée de calcaire dolomitique subsaccharuide et de dolomie jaunâtre. Avant le mont Seia, près de Vénasque, on rencontre un poudingue ou conglomérat , fort joli , et ensuite de belles couches de cipolin et de divers autres maibres saccharoides faisant partie du terrain de micaschiste. Ces couches sont redressées, mais elles plongent vers la Maladetla , et se relèvent sur Vénasque , tandis qu’elles devraient s’incliner au contraire vers la Maladetta qui est
VENASQUE
le centre de soulèvement de toutes ces montagnes. L’on en doit conclure qu’il est au sud de Vénasque quelqu’autre masse granitique qui , par un soulèvement plus récent, a tourné vers elle des couches qui n’eussent dû cesser jamais de rester prosternées devant la belle Maladetta, leur reine. Il en est de même dans la vallee d’Aran. Entre Lasbordes et Labordelle, on voit des schistes, qui au lieu de s’incliner vers la Maladetta, reposent au contraire sur le massif granitique de Bosost. Du reste, il y a encore d’autres faits analogues aux alentours de Luchon , aussi bien que dans les autres parties de la chaîne des Pyrénées, dont l’orographie géognostique est beaucoup moins simple qu'elle ne le parait au premier abord. Ainsi serait-il facile de montrer dans les Pyrénées trois axes de soulèvement presque parallèles : un qui occupe à peu près l’axe topographique de la chaîne; et les deux autres, l’un en France l’autre en Espagne, qui n’apparaissent que par lambeaux isolés comme des ilcs granitiques au milieu de formations plus récentes. On pourrait croire5 que ces deux axes sont dus à des relèvemens plus récents que celui du centre; je pourrais prouver au contraire qu’ils sont plus anciens , mais je dois réserver une question aussi ardue et aussi abstraite pour un traité spécial sur la géologie des Pyrénées. Le développement qu’elle exige et la nature même toute technique de ces développcmens ne sauraient trouver place dans cet opuscule, fait, je le répète, pour les touristes et les baigneurs, et non pour les savans, les seuls que puisse intéresser une dissertation semblable.
BOTANIQUE. — Du port de Vénasque à l’hôpital espagnol : le patent ilia nivalis à jolies Heurs blanches et
feuilles soyeuses en dessous, dans les fentes rocheuses de la Penna Blanca ; Ver inus alpinus , gazon aux lleurs roses qui descend de sa station neigeuse jusque dans les premières vallées que l’on rencontre en abordant les Pyrénées, le pyretrum alpinum aux fleurs blanches, les saponaria cœspilosa , paya pyrenaica , merendera bulbocodium , saxifraga longifolia et cæsia , carduus r.arlinoides , aster alpinus , arenaria purpuressens , daphne cneorutn , draba aizoides , arenaria telraquetra , var. unifiera ■, Gay , sesseli pyrencum , valeriana heterophylla.
De l’hôpital espagnol à Vénasque : Carduus spinosissimus , cnicus monspeliensis , lavamlula pyrenaica, astragalus aristatus , otionis rotundifulia et aragonensis , galium pyrenaicum , aconitum anlhora , ne pela g) avenlcns ramondia pyrenaica.
Du port de la Picade à Vielle : Ranunculus amplexicaulis, atropa belladona , artemisia procera , lisimachia ephemerum , echium pyramidale.