ACTE IV, SCÈNE IV
Et même de l'Etat, qu* A murât me confie i.
Sultane, et, ce qu'en vain j*ai cru trouver en toi, Souveraine d'un cœur qui n'eût aimé que moi : 'Dans ce comble de gloire où je suis arrivée, 1535
A quel indigne honneur 2 m'avais-tu réservée ? Traînerais-je en ces lieux un sort infortuné. Vil rebut d'un ingrat que j'aurais couronné.
De mon rang descendue,à mille autres égale, Ou la première esclave enfin de ma rivale ^ ? 1540
Laissons ces vains discours ; et, sans m'importuner. Pour la dernière fois, veux-tu vivre et régner ^ ? J'ai l'ordre d'Amurat, et je puis t'y soustraire. Mais tu n'as qu'un moment : parle.
Que faut-il faire s?
ROXANE
Ma rivale est ici : suis-moi sans différer ; 1545
Dans les mains des muets viens la voir expirer 6; Et, libre d'un amour à ta gloire funeste, Viens m'engager ta foi : le temps fera le reste. Ta grâce est à ce prix, si tu veux l'obtenir.
Je ne l'accepterais que pour vous en punir; 1150
Que pour faire éclater aux yeux de tout l'empire
L'horreur et le mépris que cette offre m'inspire.
Mais à quelle fureur me laissant emporter.
Contre ses tristes jours vais-je vous irriter !
De mes emportements elle n'est pas complice, 1155
Ni de mon amour même et de mon injustice ;
Loin de me retenir par des conseils jaloux,
Elle me conjurait de me donner à vous ''.
1. La parvenue fait étalage de ses titres, et déroule ses parchemins. â. Encore une alliance de mots.
3. Atalide et Bajazet n'avaient pas beaucoup réfléchi à l'avenir. Roxane, femme pratique, voit fort bien que, si elle n'est pas sultane, Atalide le sera. Roxane n'est pas femme à tirer les marrons du feu.
4. Elle ne peut se décider à la vengeance, qui serait l'anéantissement de tous ses rêves d'amour et d'ambition.