Var. Ce vers était précédé de ceux-ci (Ed
Confessant vos bienfaiti, reconnaissant yos charmes, Elle a pour me fléchir employé jusqu'aux larmes. Toute prête vingt fois à se sacrifier.
Par sa mort elle-même a voulu nous lier.
Il se charge du crime, pour innocenter son amante. C'est son me^me adsum qui feei.
% Acomat nous avait bien dit que Bajazet est brave et né craint pas la mort (vers 115 sq.).
3. Bajazet ne voit pas que cette tendresse, cet intérêt si touchant qu'il marque pour Atalide ne fait qu'exaspérer la jalousie de la sultane.
4. Sortez. — « Mot terrible, car elle a dit que s'il sortait, il était mort et luimême sait que les muets sont là, qui l'attendent pour l'étrangler. » (E. DeschaifEL, Bacine^ I, p. 288.)
M""Rachel prononçait ce mot d'une façon remarquable : « L'accent sombre, le geste impérieux, le regard étincelant de Rachel à ce mot furent si puissants sur les spectateurs qu'ils voyaient Bajazet percé de coups se débattre entre les mains des muets.» (Védel, Notice sur «"• Rachel.) — « Nous n'oserions pas récuser ce témoignage, ajoute M. Paul Mesnard, qui cite ce passage, mais plus tard nous avons vu M"» Rachel dans ce même rôle, et il nous a semblé qu elle cherchait toujours, sans pouvoir se satisfaire, une nouvelle manière de prononcer cet implacable arrêt de mort. Si dans les commencements elle avait en efifet rencontré la véritable inspiration, il est surprenant qu'elle ne s'y soit pas tenue, qu'elle ne l'ait pas retrouvée. » (CEuvres de Racine^ t. Il, p. 486.)
Un romantique a sévèrement reproché à la tragédienne classique ces tâtonnements :
« Elle tâtonne, elle hésite, elle attend que le spectateur se prononce. Les représentations ne sont que des répétitions publiques. Elle indique plus qu'elle ne réalise; si un effet ne prend pas, elle le retire; elle consulte l'auditoire ; elle lui demande si c'est comme cela qu'il la veut. EHe verse son cœur comme les domestiques versent à boire, s'arretant quand on dit : Assez ! » (A. Vacquerie, Profils et Grimaces^ p. 170).
La Princesse Georges a aussi son sortez^ mais mitigé. Si elle laisse sortir le prince, il tombera sous les balles du comte de Terremonde embusqué dans le jardin voisin. Folle de jalousie, elle s'écrie : « Voilà donc ce qu'une pareille femme peut faire d'un gentilhomme ! Le voilà qui rugit, qui écume, comme une bête sauvage, et gui maudit et qui insulte ramour le plus pur, le plus dévoué qui fut jamais I Ah I je crois que la mesure est comble ! Le mari de cette femme est parti ce soir. Elle est libre ! elle est seule, vous n'avez pas de temps à perdre; allez la retrouver ; vous êtes mort pour moi. Allez. — Le Prince. J'y vais. (Il court vers la porte. Elle y arrive avant lui.) — Séverine. Eh bien, non, tu n'iras pas..* » Sa passion éclate; elle veut sauver malgré lui son mari qui va se perdre. Bajazet était moins coupable, et la sultane plus inexorable.