‹ Baldassare Galuppi, 1706-1785Chapitre 1 sur 15 · BRUXELLES · texte numérisé non relu

BRUXELLES

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16, Rue Treurenberg, 16

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Éditeur 52, Rue de VEcuyer, 52

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AVANThPROPOS

L'ébauche clu présent travail a été publiée dans la Rivista musicale de Turin, l'importante publication des frères Bocca, dans le 3e fascicule de Tannée 1899. Depuis l'apparition de cet opuscule, non seulement nous avons pu recueillir des renseignements nouveaux sur Galuppi et sur ses œuvres, mais encore plusieurs correspondants m'ont fait connaître diverses particularités relatives aux compositions théâtrales du Buranello. Je citerai en première ligne M. Albert Schatz, Téruclit musicologue de Rostock, qui a mis généreusement à ma disposition une foule de documents dont il m'a permis d'user à ma guise et m'a donné l'idée de refondre, sur un nouveau

plan, mon étude sur Galuppi. Aussi suis-je très heureux de pouvoir lui présenter ici tous mes remerciements.

Dans l'article de \a.Rivisla musicale de 1899, je mentionnais les titres de 93 opéras de Galuppi. La présente brochure indique plus de 120 œuvres différentes ; est-ce là tout, et cet amas formidable de compositions doit-il être tenu pour définitif? nous n'oserions l'affirmer. Toujours est-il que le souvenir du labeur incessant de Buranello m'a paru digne d'être remis en mémoire auprès de notre Génération actuelle des musiciens : elle ne peut qu'admirer une telle fécondité.

Si ce modeste travail est accueilli favorablement par ceux qui s'intéressent à l'histoire de la musique, nous le ferons suivre d'études semblables sur Alessandro Scarlatti, Alessandro Stradella, Francesco Cavalli, Gesti et Carissimi, en remontant successivement les xviii8 et xvne siècles jusqu'à l'origine de la musique dramatique.

ÉTUDE BIBLIOGRAPHIQUE sur ses œuvres d.ira.mstticï'u.es

A quelques lieues de Venise se trouve une île pauvre et misérable, dont les habitants conservent encore de nos jours l'ancien type vénitien, remarquable par sa beauté classique; le dialecte parlé dans cette île a des intonations particulières, à tel point que les habitants se font facilement remarquer par leur accent, si l'on en croit un témoignage tout à fait récent (1).

(1) «Il sopraunome di Buranello gli veimc dal luogo ove nacque, povera isola - Iclla laguna veneta. pienadi una miseria nera e sordida, ma buona, rassegnata, pacifica. Qui, in

C'est dans cette île, l'île de Burano, que naquit, le 18 octobre 1706, Baldassare Galuppi, surnommé il Buranello du nom du lieu de sa naissance. Sur l'enfance de ce fécond compositeur, nous ne trouvons point d'autres détails que ceux déjà connus par les biographies de Fétis Mendel, Gaffl, etc. Au surplus, nos recherches ne porteront pas autant sur ce point, mais plutôt sur les œuvres théâtrales du Buranello, dont la bibliographie est encore actuellement à faire. Sans pouvoir donner une liste absolument complète de celles-ci, — chose impossible loin des lieux qui furent le théâtre des succès de

questo paese sudicio e insalubre, il popolo conserva stupendamente il vecchio tipo veneto, tipo schiettamente latino, con proeminenze e infossature magnifiche, mascelle forti e fronte quadra. Certi visi di pescatori sbarbati ricordano i personaggi ritratti dagli antichi pittori veneti, particolarmente da Gentile Bellini e Carpaccio. Le donne, brune svelte di forme, hanno, oechi raggianti e profondi, guance, bocca e fronte di si perfetta linea, da somigliare le più famose bellezze greche e orientali. Parlano il dialetto con una curiosa cantilena, in cui le vocali si allungano e si adoppiano sotto l'azione dell'accento in modo singolarissimo, taie che un buranello è riconosciuto dai veneziani appena apre bocca. » Article de M. P. Molmenti dans la Gazzetta musicale di Milano. 54e année, n. 7.

Galuppi, — nous avons du moins la prétention de ne donner, dans ce travail, que des renseignements d'une scrupuleuse exactitude.

Galuppi avait seize ans lorsqu'il aborda pour la première fois la scène; sa première œuvre, la Fede nelV incostanza ossia gli Amici rivait (1) fut représentée en 1722.

L'œuvre fut sifflée outrageusement. Aussi, après ce premier essai, Galuppi consacra plusieurs années à l'étude du contrepoint, au Conservatoire degli lncuràbili, sous la direction d'Antonio Lotti, où il se lia d'amitié avec un de ses condisciples, G.-B. Pescetti. Toujours tourmenté du désir d'écrire pour la scène, Galuppi se mit à travailler, en collaboration avec Pescetti, â une œuvre intitulée : Gli Odi delusi dal sangue, qui fut représentée âla fin du carnaval de l'année 1728 au théâtre Sauf Angelo, à Venise. Le texte de cet opéra

(1) A ce propos nous relèverons une erreur de Burney, qui dit : « His two first opéras : la Fede nelV incostanza, for Brescia, and Gli Amici rivali, for Venice. wei e produced in 1722 (History of Music, IV, 539) » Comme on le voit, ce sont les deux titres différents d'une œuvre unique.

avait pour auteur Antonio-Maria Lucchini, librettiste de talent, qui avait déjà fourni des livrets à Lotti, Albinoni, Giov. Porta et Vivaldi. Pescetti avait mis en musique le 2e acte de la pièce; Galuppi s'était chargé du 1er et du 3e actes.

Il est à présumer que cette œuvre fut accueillie favorablement, car les deux amis continuèrent à travailler en commun : moins d'une année plus tard, ils donnèrent, au théâtre San Samuele, pendant la foire de l'Ascension (mai 1729), une pastorale en trois actes intitulée Dorinda (1).

Cette nouvelle œuvre parait avoir eu beaucoup de succès, car nous voyons alors Galuppi se lancer résolument clans la lutte sans collaborateur; à partir de 1728, il composa annuellement un, deux, quelquefois cinq opéras, faisant preuve, jusque dans les

(1) Allacci (col. 265) mentionne que le livret de la Dorinda est de Benedetto Marcello ; il a confondu avec Benedetto Pasqualigo, gentilhomme vénitien, qui a donné., outre la Dorinda, les livrets de Giulio Flavio Crispo. Ifigenia in Tauride. Antigona. Cimene. il Paslor fido. Mitridate vincilor di sestesso. Bérénice, etc. Cette erreur de l'Allacci a été reproduite par les autres biographes de Galuppi.

dernières années de sa vie, d'une fécondité prodigieuse et d'une verve inépuisable, principalement dans les opéras bouffes. Il écrivait au courant de la plume, et ses autographes musicaux (1) ont peu de ratures.

Ci-dessous le tableau chronologique de ses œuvres :

1. La Fede nell' incostanza, favola pastorale in ira atti. — Yicenza, Teairo délie Grazie, 1722. Donnée aussitôt après sous le nouveau titre :

Gli Amici rivali, fa vole pastora le in tre atti. — Chiozza (Chioggia), Nuova Teatro Boegan, 1722.

Il faut remonter jusqu'aux dernières années du xvn6 siècle pour écrire l'histoire du texte de cette postorale, dont nous connaissons cinq titres différents. En nous aidant des diverses notices consacrées à cette œuvre par Allacci (col. 47, 61, 290, 332), nous allons en retracer brièvement les pérégrinations.

(li La Bibliothèque du Conservatoire de Bruxelles en contient un assez grand nombre.

La forme primitive se rencontre en 1698 à Reggio di Modena : I'Enigna disciolto, favola pastorale per introduzione ad itna nobile e sontuosa /esta di Ballo fatto nel Teatro délia Communîtà di Reggio, eco?isecrata alV Altezza Seren, di Rinaldo I, Dwca di Modona, etc., etc., poesia di G. B. Neri, bolognese (Ail. col. 290). La pièce fut ensuite représentée à Trévise, en 1700; à Venise en 1705, au Théâtre San Fantino, musique de C. F. Pollarolo (Groppo n° 396, Wiel n° 30) ; à Udiue, en 1709; à Bologne, la même année, musique de F. Aresti. Pendant le carnaval de Tannée 1714, la pastorale fut reprise à Venise, avec la musique de Pollarolo, au Théâtre San Fantino, mais cette fois avec le titre : Gli Amici rivali (Groppo n° 491 ; Wiel n° 132).

Nous avons ensuite, en 1722, comme on l'a vu plus haut, la Fede nell' incostanza, a Vicenza, mise en musique par Galuppi, et représentée la même année à Chioggia avec son ancien titre Gli Amici rivali. Dans les deux livrets de 1722, l'auteur des paroles n'est pas mentionné, mais le fond de la pièce est FEnigma disciolto.

En 1726, le livret de G. B. Neri fut mis en musique par Ant.Cortona et représenté à Venise, au Théâtre San Moisè, sous le nouveau titre de l'Amor indovino (Groppo n° 611 ; Wiel n° 256); en 1727, des représentations furent données à

Bruxelles (1); en 1728, on trouve à Bologne la pièce de Neri avec un cinquième titre : Le Vicende amorose; enfin, en 1730, on voit à Bologne une reprise des Vicende amorose o sia l'Enigma disciolto : musique de divers auteurs, dit Allaci (col. 289)., musique de Schiassi, nous dit C. Ricci (I Teatri di Bologna net secoli XVII e XVIII p. 445). Par une singulière méprise, ce dernier auteur attribue à Métastase le livret des Vicende amorose.

2. Gl'Odj delusi dal sangue, drama per musica in ire attri; poesia di Antonio-Maria Lucchini, Venez iano, Musica di B. Galuppi e G. B. Pescetti.

Le livret, écrit pour la Cour de Saxe, avait été mis en musique par Lotti et représenté à Dresde en 1718 ; comme nous Lavons dit plus haut (p. 5), Galuppi mit en musique le 1er et le 3e actes de la pièce; G.-B. Pescetti composa le 2e acte, et leur œuvre commune fut représentée au théâtre Sauf Angelo, à Venise, à la fin du carnaval de

(1) Amor indovino, pastorale per musica da rappresentarsi nel gran teatro di Bruselles il giugno dell anno 1727. Consecrato a S. A. S. Maria Elisabetta Lucia. arciduchessa d'Austria, governatrice degli Paesi-Bassi Austriaci. — In Bruselles, con privilégia cesareo : in-8°, 28 pages et 4 feuillets liminaires. Ce livret — rarissime — se trouve à la Bibliothèque du Conservatoire de Bruxelles.

l'année 1728. Le texte primitif de Lucchini avait subi quelques modifications (Allacci, col. 567, 906; Groppo, n° 635; Wiel n° 279).

3. Dorinda, pastorale in Ire atti, poesia di Benedetto Pasqualigo, nobile veneto; musica di G.-B. Pesgetti et Bald. Galuppi, — Venezia, teafro Grimant di S. Samuele, ne lia fiera del Ascensione (mai 1729).

Allaci, col, 265; Groppo, n°648; Wiel, n°294.

Rectifier Riemann (p. 709) qui indique Bened. Marcello comme le librettiste et le compositeur de la Fede riconosciuta ossia la Dorinda.

4. L'Odio placato, drama per musica in tre atti, poesia di Francesco Silvani, musica di B. Galuppi. — Venezia, Teatro S. Angelo, carnovale 1730.

Allacci, col. 272,569, 705; Groppo, n°655; Wiel, n° 306.

Le livret de Fr. Silvani avait été représenté primitivement, sous le titre de il Duello d'Amore e di Vendetta, au théâtre San Salvatore, à Venise, en 1700, avec la musique de M. -A. Ziani; en 1725, au théâtre San Moisè, à Venise, sous le nouveau titre Gli Sdegni cangiati in amore, musique de G. -M. Buini; enfin

en 1730, sous le troisième titre : l'Odio placato, avec la musique de Galuppi.

5. Siroe, dramma per musica in tre atti, di Metasfasio; musica di Leonardo Vinci. — Venezia, Teatro S. Gio. Crisostomo, carnovale 1731.

Allacci, col. 725; Groppo, n°672; Wiel,n°3U.

Pour ces représentations, le texte de Métastase avait été revu et modifié par Giovanni Boldini; de son côté, l'œuvre de L. Vinci avait subi des changements dus à Pescetti et à Galuppi, qui y avaient intercalé de leurs compositions.

6. Argenide, dramma per musica in tre atti, di Alvise Giusti ; musica di Galuppi. — Venezia, Teatro di 8. Angelo, carnovale 1733. .

Allacci, col. 104; Groppo, n° 693; Wiel, n°337.

Représentations postérieures, données par la troupe d'Angelo Mingotti :

Graz, neues Theater auf dem Tummelpatz, 1745.

Dresden, neues privileg. kleines Theater, vendredi 7 juillet 1846.

Prag, Konigl. Theater in den Kotzen, 1746.

7. L'Ambizione depressa, dramma per musica in tre atti, di Giuseppe Grandini. — Venezia, Teatro S. Angelo, nella fiera delV Ascensione, samedi 9 mai 1733.

Allacci, col. 45; Groppo, n°697; Wiel, n°338.

8. La Ninfa Apollo, favola pastorale in tre atti, di Francesco de Lemene. — Venezia, Teatro S. Samuele, Ascensione 1734.

La favola boschareccia de Fr. de Lemene fut représentée pour la première fois à Lodi, en 1676, avec la musique de Carlo Borzio; ensuite au château de Laxenburg, le 9 juillet 1699, sous le titre de Narciso, musique de C. A. Badia; à Venise, en 1709, au Teatro San Cassiano, sous le titre de La Ninfa Apollo, avec la musique due à Fr. Gasparini et An t. Lotti. En 1726, on trouve la même œuvre à Murano, musique de Don Fr. Rossi. En 1730, on rencontre le même texte représenté au Théâtre S. Margherita, à Venise, sous le titre nouveau : l'Inganno felice, musique de diversi.

Pour les représentations de 1734, dont nous nous occupons ici, le livret de Fr. de Lemene fut revu par Giov. Boldini (Allacci, col. 453, 547, 558; Groppo, nos 607, 665, 706; Wiel, nos 82, 261, 307, 350).

9. Tamiri, drama per musica in tre atti, di Bartolomeo Vitturi. — Venezia, Teatro S. Angelo, autunno 1734.

Allacci, col. 750; Groppo, nf- 707; Wiel, n° 342.

10. Elisa, Regina di Tiro, dramma per musica in tre atti, di Apostolo Zeno et Pietro Pariati. — Venezia, Teatro Sauf Angelo, carnovale 1736.

Allacci, col. 284; Groppo, n° 720; Wiel, n° 364.

Le livret portait originairement le titre (TAstarto; il avait été représenté, en 1708, au théâtre San Cassiano, à Venise, avec la musique de Tom. Albinoni.

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