BALLADE DE LA MISÈRE DES RICHES
Le riche que l'ennui tenaille
Offre l'image à l'érudit
Du lépreux porlant la sonnaille;
Ladre de l'or, tout interdit
A son isolement maudit
Cette bourrée où sur la friche
Le pauvre oublie et s'étourdit ;
Le vrai malheureux, c'est le riche.
L'herbe est bonne qu'un chapon aille ; Les jours de noce ou de landit On l'engraisse de cochonnaille Que Noël parfume et blondit ; Balthazar, dis-lu, de bandit ? Qu'on te le serve au Café Riche !...
Quant à l'amour... hélas, j'ai dit, Le vrai malheureux, c'est le riche.
Prince, il faudrait qu'on s'enfendît, Car au jeu tout le monde l riche :
Depuis que Judas se pendit, Le vrai malheureux, c'esl le riche.