BALLADE SUR UNE BALLADE ANONYME
Chacun se demande : « Ah ! ça, qui Traite la Muse, altière sphinge, Comme un sultan ><>n assaki?
Sur les trous de quelle photinge, Aux cordes de quelle phorminge Yil-on qu'un tel arpège errât ? »
Ne nous foulez |»;i> la méninge :
La ballade est de Bergerat.
Aussi vrai que d'Hermès naquil La lyre, et de Pan la syringe, Que le Hongrois boil du raki, Que le Chinois tresse la ginge, Qu'il était en écus de singe Le trésor qu'une Humbert géra, Et que Mergy tua Comminge, La ballade est de Bergerat.
Car les loups suivent le droscki ;
Dans l'eau nage la piquitingè ;
Les dames portent du kaki ;
Le rossignol chante en Thuringè ;
Mais, étonnant notre myringe,
Lui, toujours, il hébergera
La Rime qui dit : « Comment vins-je ? »
La ballade est d<> Bergerat.
ENVOI
Prince, il t'ait tiède. On bat du linge. L'œil suit l'air qu'une bergère a.
Tu m'as l'ail des vers : je nie vinge ! La ballade est de Bergerat.
Edmond Rostand.