LE FILET, LA NACELLE, LES AGUÈS
Le filet de suspension. — Ce n'est pas tout d'avoir réalisé une enveloppe légère et imperméable, de l'avoir munie des organes de manœuvre et de sécurité nécessaires à son fonctionnement : il faut « utiliser B notre flotteur aérien et le rendre apte à emporter, à travers l'atmosphère, les voyageurs qui désirent accomplir un déplacement en ballon.
U faut donc avoir un organe qui relie d'une façon solide, simple et sûre, l'enveloppe à la nacelle dans laquelle prendront place les aéronaules. Cet organe, c'est le fîlel de suspension.
Le fllet enveloppe complètement la moitié supérieure de l'enveloppe sphérique; il descend un peu au-dessous de son équateur et, Ih, les cordes qui le terminent dessinent, par leur ensemble, un tronc de cône renversé, en allant se réunir toutes i un cercle en bois qui s'appelle le cercle de suspension. Ue ce cercle partent alors les cordes qui supportent directement la nacelle et son contenu.
Le filet doit être solide: celte solidité doit élre telle qu'il puisse supporters ou 10 fois le poids maximum qu'il supportera effectivement, c'est ce
qu'on appelle avoir un coefficient de sécurité égal à 8 ou iO. Il doit être aussi léger que possible, et les nœuds ou assemblages qui se trouvent forcément aux croisements de ses fils doivent avoir aussi peu de saillie que possible pour éviter de détériorer, de « blesser ^) l'enveloppe, si tendue, de Taérostat qu'ils recouvrent.
Le rôle du filet est d'une importance capitale : il sert à répartir sur une partie aussi considérable que possible de la surface du ballon les eff'orts provenant du poids de la nacelle, de sa cargaison et de ses passagers. Nous • aurons donc là encore à faire intervenir les formules mathématiques de la résistance des matériaux si nous voulons déterminer d'une façon rationnelle les dimensions que devront avoir les diverses parties du filet. On voit donc une fois de plus qu'en aéronautique rien n'est laissé à l'aventure, rien n'est fait « au petit bonheur » : tout, au contraire, doit être mathématiquement calculé, sous peine de s'exposer aux plus graves conséquences.
Le filet est composé de mailles, sortes de losanges dont les quatre côtés sont des brins de cordages ; mais ces mailles ne descendent pas jusqu'au cercle de suspension : elles seraient, alors, par trop étroites, par suite du rapprochement exagéré des brins convergents. Aussi, à partir du point où le filet cesse de toucher l'enveloppe, réunit-on les sommets des dernières mailles trois par trois à l'aide de pattes d'oie, et ces pattes d'oie elles-mêmes convergent sur des suspentes qui soutiennent directement le cercle de
suspension de la nacelle. Inutile de dire que la grosseur et, par suite, la force portante des cordes de suspension augmente à mesure que leur nombre décroît, quand on arrive nu voisinage du cercle de suspen-
Quant à la partie supérieure du ftlet, elle est évidée pour laisser passer la soupape. Les liaisons des pattes d'oie, des suspentes et du cercle sont assurées par des organes qui sont les cosses, sorte d'anneaux en cuivre, et les cabiUots, petits bdtons de bois qui terminent un cordage et fixent la boucle d'un autre.
Cordes de manœuvre. — Dans beaucoup d'aérostats, on ajoute, à l'équateur mêmCj un certain nombre de pattes d'oie qui se terminent, non par des suspentes, mais par de longs cordages pendant librement autour de l'aérostat et d'une longueur telle qu'ils arrivent au sol avant lui. Ces cordages servent aux hommes chargés de manœuvrer le ballon à le retenir lors du gonflement, et, à ceux qui veulent aider à l'atterrissage, à le saisir et à l'immobiliser. On lesappelle des cordes de n
Cercle de suspension et nacelle. — Le cercle de suspension, auquel aboutissent les suspentes émanant du filet, est presque toujours en bois recourbé. Pourles très gros ballons, il est forméd'un tube d'acier de grande résistance; le cercle sert d'intermédiaire nécessaire entre le filet et la nacelle. Son diamètre est généralement le dixième de celui de l'aérostat.
La réunion du cercle et de la nacelle se faisait autrefois par une seule série de suspentes droites: cela présentait l'inconvénient, en cas d'inclinaison du système, de répartir inégalement les efforts. Dupuy de Lôme et le colonel Renard ont remplacé les suspentes simples par un double système de suspentes, les unes directes, les autres en double cône, constituées par des balancines obliques. Ces balancines forment une double série, entièrement comprise entre les suspentes directes. Les premières partent du cercle et se réunissent ien un point, les secondes partent de ce point pour se fixer à la nacelle. On a ainsi remplacé les liaisons h quadrilatères, par des liaisons triangulaires qui, comme chacun le sait, sont moins déformables.
Quant à la nacelle, c'est un panier en osier, ayant la forme, soit d'un cube, soit d'une boîte rectangulaire plate, plus ou moins longue et large suivant les dimensions du ballon. Dans certains aérostats on l'a faite circulaire. Dès que les dimensions de cet organe, si important pour la commodité et la sécurité des voyageurs, viennent à augmenter, il est nécessaire d'en renforcer la construction, soit par des barres de bois, soit par des cordages, soit par des tubes d'acier. Elle doit comporter des sièges pliants pour que les aéronautes puissent s'asseoir.
Dans certains aérostats exceptionnels, comme le Géant de Nadar, la nacelle était à deux étages, l'étage inférieur constituant une véritable chambre, avec porte, fenêtres et couchettes.
Ltt nacelle à Icrro, au moment du gonflcniont.
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Disons, il titre de renseignement, que le Alet d'un ballon de 10 mètres de diamètre (S20 mètres cubes) pèse ur. peu pi us de 25 kilogrammes; ce poids atteint 45 à &0 kilogrammes pour un ballon de 1 .000 mètres cubes; quantàlanacelle, elle pèse, pour le ballon type de 520 mètres cubes, environ 20 kilogrammes; son poids est de 30 kilogrammes pour un ballon de 1,000 mètres cubes.
Les ancres. — L'ancre est nécessaire il l'aéronaute pour assurer l'atterrissage et éviter le traînage du ballon sur le sol au moment où il arrive à son niveau. L'ancre classique de la marine n'est presque plus employée parles aéronautes qui se servent uniquement de grappins, ancres à plusieurs pattes, dont la forme et la disposition varient suivant les constructeurs ; le colonel Renard a même imaginé une ancre articulée qui a l'avantage, une fois repliée, de n'occuper que très peu de place et, par suite, d'être aussi peu encombrante que possible.
Mais les ancres ont toutes un défaut commun : c'est leur poids considérable.
L'ancreestattachéeà l'extrémité d'un cible enroulé en glêne et suspendu extérieurement h la nacelle par une cordelette qu'il suffit de couper pour que l'ancre tombe en déroulant son ciible.
Le lest. — Le lest, ou cargaison variable que l'on peut jeter, par portions successives, par-dessus le bord pour alléger le ballon et lui permettre de reprendre
un mouvement ascensionnel dans ratmosphèrô, est presque exclusivement composé de sacs de sable. Ces sacs sont, le plus souvent, de dimensions telles qu'ils contiennent chacun 20 kilogrammes de sable. Ce poids est convenable pour la plupart des ascensions courantes.
Toutefois, quand il s'agit d'ascensions scientifiques où l'on se propose d'atteindre de très grandes altitudes, il ne faut pas oublier que, h de pareilles hauteurs où l'oxygène est très raréfié, toute dépense d'énergie musculaire devient très pénible, et le fait de soulever, dans ces conditions, un sac de vingt kilogrammes peut constituer parfois un effort trop grand. Dans ces cas spéciaux on répartit le lest en sacs de 10 kilogrammes seulement.
Ces sacs sont quelquefois accrochés extérieurement à la nacelle, de façon à réduire au minimum la manœuvre à faire pour en vider le contenu : c'est une disposition dangereuse, car la rupture d'une attache d'un sac de lest déterminerait un délestage inattendu de l'aérostat et pourrait changer complètement les conditions de sécurité de l'ascension. Il est plus prudent de les avoir bien à portée de la main, mais à l'intérieur de la nacelle,
Leguiderope. — Cet organe, l'un de ceux qui constituent un réel progrès dans l'aéronautique, fut inventé par Green. Il consiste en une longue corde, relativement épaisse et lourde, qu'on laisse pendre librement au-dessous de la nacelle. Quand le ballon
s'approche de terre, le bout libre du guiderope touche la terre le premier, et le ballon se trouve délesté de tout le poids de lu partie qui repose sur te sol. 11 arrive donc ainsi à s'arrêter dans son mouvement de descente si celui-ci n'est pas trop rapide. La longueur du guiderope est toujours comprise entre 100 et 200 mètres ; elle est, ordinairement, dp ISO mètres. Pour un ballon de 1,500 à 2.000 mètres cubes de capacité, son poids total est d'environ 50 kilogrammes.
Comme le guiderope .1 pour but principal de soulager le ballon à l'atterrissage en le délestant, on a pensé à le constituer à l'aide d'un cdble de diamètre croissant de la nacelle à l'eitrémité libre: on alourdit alors cette extrémité à l'aide d'une « fourrure » plus ou moins épaisse, faite de couches de cordelettes enroulées sur le cable principal,
Indépendammentde son usage comme" dëlesteur H, le guiderope, en cas de traînage du ballon sur le sol, si l'on atterrit par forte brise, sert d'organe fixateur: il peut s'enrouler autour des branches d'arbres, des pierres, etc., et ralentir ainsi la marche du ballon. 11 est juste d'ajouter que c'est lui qui est la cause des principaux dégâts commis par l'aérostat en ces circonstances.
Si l'on prévoit une descente sur l'eau, on termine le guiderope par une sorte de queue de cerf-volant, fournie de lourds disques de bois enfilés en chapelet sur le câble, à courte distance les uns des autres. Chacun de ces disques, dès qu'il touche l'eau, flotte à sa
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surface, et le ballon se trouve délesté de son poids et de celui de la portion du câble correspondante.
C'est ce chapelet qui constitue le principe des « stabilisateurs » imaginés par M. Hervé, et qui ont été essayés dans les deux tentatives célèbres de traversée de la Méditerranée à l'aide d'un ballon rfnaintenu près de la surface de l'eau.
Prix d'un ballon. — Un dernier renseignement nous reste h donner, c'est le prix d'un aérostat. Ce prix varie, naturellement, selon la qualité de l'étoffe employée pour l'enveloppe. Nous allons indiquer les prix de ballons dont les enveloppes sont faites de différentes substances.
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