SCENE \ I
BALOCHARD, GAMBIN.
GAHBIN, arrivant en sautillant.
Air : Solognot.
Le, le, le, le papillon, file à la chandelle, le, le, le. Co,co, co, comme un amant fidèle à ia LeJUté... L'un, Tun, l'un y brûle son aile, le, le, le... Lo, lo, l'autre engage sa li, li, liberté.
Tiens! c'est Gambin... c' te farce!... quest-ce qui amène tes guêtres par ici?
G.AMBIN.
Même air.
C'est la, la , la , l'amitié' qui met en route, te, te, te , Et qui, qui, qui nie conduit toujours sur tes pas. Si tu, tu, tu veux boire une goutte, te, te, te... Je ré, ré, régale, le... fi, fi, filons là bas ..
La goutte... jamais quand je suis à l'ouvrage... je l'accepte volontiers le dimanche; je ne la refuse pas le lundi ; je ne la dédaigne pas le mardi... Assez causé; laisse-moi faire mes teintes.
Il prépare ses couleurs.
GAMBIN.
Je les respecte., mais j'ai du nouveau à t'apprendre.
Gambin, tu es un jeune homme que je veux protéger ; je t'ai institué mon élève pour le lyrique... avec des encouragemens, tu peux arriver à l'ut de poitrine, comme M. Duprez... je ne suis pas même éloigné de t'accorder la main de ma fille; mais entre nous, pas d' farces... Quel étal fais-tu ?
UAMBI.N.
De quoi, un état!. . pourquoi faire? puisque j'ai trois oncles qui en ont de superbes.
Ça, c'est une raison...
GAMBIN.
Mon oncle Guichan! est dans le papier peint; mon oncle Lélu est artiste retiré avec des rente»
et mon oncle Antoine a une fabrique âa sangaues... quant à moi...
Air « faudeville de VJpothicatre,
L'onvpag' n'a pas donné c't' été,
L'hiver je n'ai pas eu de chance...
Anssi, pour le Mont-de-Pieté
Je n' manqu' pas de reconoaissance...
Me» profits n' sont pas apparens,
Jusqu'ici... je vis dans l'allente.
Je demeure chez mes parens,
Et mes effets sont chez ma tante!...
BÂLOCHARD, arrangeant ses couleurs.
C'est trop clair; les élats que tu m'indiques ne me paraissent pas tous de nature à faire le bonheur d'une femme.
GAMBIN.
Eh bien, et mes trois oncles?
BALOCHARO, lui passint sou pinceau sur In lèvre.
Pas assez foncé!... Au fait, c'est ce que tu as de mieux. . Nous jaserons de ça plus tard, parce que, vois-tu, ma fille... ma Drienne... c'est sacré!... et travailleuse, donc!... jamais ça ne sort; ça ne connaît au monde que son père et ses deux petits frères; aussi il lui faut un mari... tu me comprends...
GAMBin, l'arrêtant.
Compris... autre objet qui m'amène...
Quel objet?
GAaiBIN.
La société des Bergers de Syracuse est rëtabUe...
BALOCUARD, déposant sa palette.
Quel coup de soleil!
GAMBIN.
T' as été déclaré harmonique à l'unanimité... nous étions deux.
Je reconnais mes frères.
GAMBIN.
De plus, le choix général t'a nommé président.
Embrasse-moi... dis-le encore...
GAMBIN.
Les vice-présidens , c'est La Donve, Vincent Bijou et Cliicard. La société est amovible tous les mois chez Passoir, faubourg du Temple. Le fonds social est de quatre francs par lêle, sans le café.
Oh ! les amis l les vrais amis ! je leur consacre ma lyre.
GAMBIN.
Moi, je suis nommé Momusien honoraire, chargé de demander bis, et de remplir les verres.
Gambin, je suis con'entde toi... laisse mourir les oncles, je ne te dis que ça... quant à Syracuse, 41s entendront parler de moi... j'ai mon idée, je suis l'homme de rinspiration...V'la l'atelier qui
rentre; serre la main de ton ami, et file tout de suite.
GAUBIN.
Oui , je cours leur apprendre que tu acceptes , et je reviens t'annoncer l'jour et l'heure de la première réunion de la société buvante, mangeante et chantante.
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