‹ Balochard, ou, Samedi, dimanche et lundiChapitre 45 sur 60 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

Les Mêmes, BALOCUARD, GAMBIX.

BALOCHARD, Tpnraissant tniii-ù-coup.

Qui est-c' qui parle allemand, ici ?

GAMBIN.

Chicard fait son télégraphe... je m'en doutais...

CHICAUD.

Tiens!... le v'ià avec Gambin...

TOUS

Ah! ah! ah!... fameux!...

GAMBIX.

Qui est-ce qui s'est permis de dire : Enfoncé Balochard... je veux le savoir.

CUICARD.

Pardi! c'est tout le monde... on a vu que l'on ne te voyait pas... et on a cru que tu mettais les pouces.

Les pouces! jamais... lyriques inférieurs que vous êtes... demandez à mon élève... j'arrive des Bergers de Syracuse, où nous avons passé la nuit... Dieu ! que noce... j'ai été brillant... j'ai été phosphorique... Quant au défi de Chicard .. je ne l'avais pas oublié... Allons, ouvrez vos rangs, invalides de Momus... me voila sur le champ de bataille... faites-moi place!...

TOCS.

Place!... place!...

GAMBIE, faisant tourner sa canne.

Place au maître, infirmes !... il va vous enfoncer tous...

Chicard, à toi à moi la paille de fer.

CHICARD

A toi l'honneur.

Non, commence.

CHICARD

Cette noble amour-propre t'honore à mes yeux et me montre un rival digne de moi...

GAUBIN.

Silence!... et respect...

CHICARD

Chanson à boire...

]1 clianlc-sur un mouvemcnUle romance Irès-lent. Air de la Fêle du -village -voisin.

Alleï, allez... oui, je vous le conseille... Al!c7., all<:i à c'ie fête sans moi...

Qu'est-ce que c'est que ça?... Est-ce que lu

cuicAr.D, continuant.

Car j'ai les glouglous...

Les jolis gloiia;!oiis, t'.c.

BALOCUARD.

Assez causé... tais ta musette... t'es pas assez vif... Tu ne vois pas qu'il y a là un tas de monde assis autour de nous que tu embêtes. [Il se lève, tous les convives se Icvenl aussi.) Ici, Gambin, fiston mon élève... prends ta voix de femme, et tâche de chanter juste... Portrait de Balochard, peint par lui-même... paroles et musique dudit.

GAMBIX.

Et censé chanté par un ménestrel de la place du Caire, en face des cardeuses de matelas...

Le portrait physique !

PREMIER CÔLiPI.ET.

Air d^Edouard Bonvé. Français, troubadour et pocliard, Vlà monsieur Balochard.

Oui, Balochard est ne' pour le plaisir, Dans le grand monde y s' peut qu'on T me'canise, L'indépendance est son unique désir ; Libre et joyeux fut toujours sa devise... D' la plac' Maubert jusqu'à la rue Coqu'nard Tout r mond' connaît sa voix et son moutard.

EINSEMBLE.

Français, troubadour, etc.

GAMBIN Oui, c'est riiommc unique, C'est l'enfant de l'art, Paroles el musique D" monsieur Balocbard.

TOUS

Français, troubadour, etc.

BALOCUARD.

Et combien ? deux sous ; vous l'avez également dans les recueils de quatre.

GAMBIN.

Deuxième couplet!...

B.iiT.OCHARD.

DEUXIÈME COUPLET

Y n' s'anius' pas à fair' du sentiment.

Des fanfrelucb's, des crocli'sct des roulades,

Poêle inspiré, pour qn'cm 1' clianle en plein vent,

C'est pour le peupl' qu'il compos' ses ballades ;

Il n'aspir' pas au palais des Beaux Arts,

Mais ses refrains sont 1" concert des boulevarls.

Page 1