‹ BalzacChapitre 24 sur 29 · UN BON PROPRIÉTAIRE · texte numérisé non relu

UN BON PROPRIÉTAIRE

§ V. — Un « bon » propriétaire.

Les grands propriétaires du département admiraient beaucoup la conduite du général de Montcornet, et le préfet, dans ses salons, disait que si, au lieu de demeurer à Paris, les sommités sociales venaient sur leurs terres et s'entendaient, on finirait par obtenir quelque résultat heureux ; car ces mesureslà, ajoutait le préfet, devraient se prendre partout, être appliquées avec ensemble et modifiées par des bienfaits, par une philanthropie éclairée, comme fait le général de Montcornet.

En effet, le général et sa femme, assistés de l'abbé Brossettes, essayaient de la bienfaisance. Ils l'avaient raisonnée ; ils voulaient démontrer, par des résultats incontestables, à ceux qui les pillaient qu'ils gagneraient davantage en s'occupant à des travaux licites. Ils donnaient du chanvre à filer et payaient la façon ; la comtesse faisait ensuite fabriquer de la toile avec ce fil, pour faire des torchons, des tabliers, de grosses serviettes pour la cuisine et des chemises pour les indigents. Le comte entreprenait des améliorations qui voulaient des ouvriers, et il n'employait que ceux des communes environnantes. Sibilet était chargé de ces détails, tandis que l'abbé Brossettes indiquait les vrais nécessiteux à la comtesse et les lui amenait

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souvent. Mme de Montcornet tenait ses assises de bienfaisance dans la grande antichambre qui donnait sur le perron. C'était une belle salle d'attente, dallée en marbre blanc et rouge, ornée d'un beau poêle en faïence, garnie de longues banquettes couvertes en velours rouge.

Les Paysans.

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