p. lU.S
je fais les Paysans la tète dans Topium !» Il se relevait après chaque assaut; sa « santé de taureau » reprenait le dessus. Mais après le cerveau, après le foie, en 1848 voici que le cœur est atteint; une hypertrophie se déclare. 11 se réfugie chez M"™^ Hanska , à Wierzchownia, et avec sa belle assurance il écrit de temps en temps à ses amis : « Encore un mois pour être guéri », de même qu'il leur écrivait naguère et d'année en année : « Encore quelques mois, et je n'aurai plus de dettes. » Au printemps de 1850, sitôt son mariage célébré, il se met péniblement en route pour Paris avec sa femme. 11 fait mille projets, il songe à son petit hôtel de la rue Fortunée, il recommande à sa mère d'y mettre tout en ordre pour l'arrivée de celle qui n'est plus l'Étrangère : « N'oublie pas les fleurs! » Mais il arrive mourant, et le recueil de ses lettres se ferme à la date du 10 juin sur cette ligne ajoutée de sa main à une lettre qu'il venait de dicter pour Théophile Gautier : « Je ne puis plus ni lire ni écrire... »
Le 18 août, à la tombée de la nuit, Victor Hugo accourait rue Fortunée et entrait dans la chambre de son ami. lîalzac n'avait pas encore rendu le dernier soupir; il râlait, la face violette, presque noire, l'œil ouvert et fixe. Près de son lit il y avait une femme, une seule, la vieille mère; l'autre, l'épouse, la « chère étoile », voyageait quelque part au loin...
Il agonisa, lutta toute la nuit.
A l'aube, il s'endormit du sommeil qu'avait un jour appelé sa lassitude, « du sommeil où l'on se repose de tout et surtout de soi-même, enfin ' ! »