‹ Balzac: sa vie-son œuvreChapitre 34 sur 38 · Sur Catherine de Médicis · texte numérisé non relu

Sur Catherine de Médicis

I. Le martyr calviniste. — ■ 131. JcTem. II. La Confession de Ruggieri. — 132. Idem. III. Les deux rêves.

Cette étude ne fait, pour ainsi dire, pas partie de •la Comédie humaine. Elle devait être classée parmi les essais historiques, à part de l'œuvre immense conçue et en partie accomplie par le génie du plus grand peintre de mœurs de notre littérature.

Or, en histoire, Balzac avait une façon de penser assez paradoxale. 11 aimait à contester, à discuter les caractères et les événements traditionnels.

Comme il possédait une rare puissance d'intuition des hommes et des choses actuels, laquelle s'étendait même aux caractères, aux mœurs et aux faits à venir: — (j'ai eu plus d'une fois l'occasion de constater, dans cette étude, cette faculté géniale de pénétrer et de peindre au-delà du présent), — se sentant ainsi doué, il se croyait peut-être pourvu aussi de la clairvoyance rétrospective du passé. Il aurait voulu, a-t-il écrit, refaire l'histoire de France à ce point de vue.

Port heureusement il a commencé par Catherine de Médicis, et, comme cet essai ne lui a pas réussi» il s'en est tenu là.

Naturellement, cette imposante et terrible figure devait le tenter en raison du faible qu'il a pour les pouvoirs à la fois rusés, autoritaires et énergiques jusqu'à la cruauté. Lui, le monarchiste, le clément, Tadversaire jpassionné, convaincu de la peine de mort, ne va-t-il pas jusqu'à dire que « Robespierre reste à juger ? »

Mais, quand il compose et écrit le drame qui doit confirmer sa théorie, il advient qu'il oublie son parti pris politique et historique, et qu'entraîné par son génie, par sa passion pour la Vérité et la Justice, il dirige son action dans un sens opposé à celui qu'elle devrait suivre pour servir d'argument à sa thèse.

Il nous annonce qu'il va défendre, justifier, réhabiliter la grande reine, et il nous la montre dans le Martyr calviniste^ — un drame magnifique d'ailleurs, — commettant les plus méchantes et les plus lâches actions sous prétexte de raison d'Etat, — cette raison qui a fait commettre et excuser tant de crimes I

133. Le nouvel Âbellard. — Balzac n'a dit à personne ce qu'il se proposait d'écrire sous ce titre. Etait-ce la vie d'un philosophe ? — Etait-ce un pendant de la Nouvelle HéloiseI

134. L'Ellzir de longue vie. — Balzac déclare luimômei dans sa dédicace, au lecteur, que « cette fantaisie est due à Hofi'mann de Berlin » ; il ajoute seulement qu'il l'a traitée à sa manière.

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En effet cette mort fantastisque de Don Juan est bien curieuse à lire, quoiqu'elle porte une forte empreinte de 1830.

Plus curieuse encore est la dédicace, évidemment écrite en 1842.

135. La Vie et les Aventures d'une idée. — Un fragment de cette étude retrouvé et publié dans les œuvres diverses sous le titre de Aventures adminis'^ tratives cVune idée heureuse nous permet de pressentir quelle pouvait être à peu près Tintention du grand penseur qui a témoigné souvent tant de compassion pour les pauvres inventeurs et chercheurs dont les idées se perdent sur la route si ardue de la réalisation.

136. Les Proscrits. — Une des plus émouvantes, des plus poétiques légendes fantastiques que Balzac ait écrites, et en même temps une des plus humaines.

Ne trouve-t-on pas, à la fin de ce beau récit, où est évoquée la grande figure de Dante, ce cri éternel de tous les proscrits rentrant dans leur pays. Un d'eux, apprend que les murs de Florence lui sont ouverts.

« — Partons, s'écrie le vieux Gibelin d'une voix tonnante : Mort aux Guelfes I »

Ce fut aussi la pensée d'un grand nombre des proscrits de 1832, 1834, 1839, lorsque la révolution de 1848 les ramena en France. En 1870, bien des proscrits du coup d'État et de la funeste loi de sûreté générale, en revoyant leur patrie vaincue et envahie, songèrent plus à se venger qu'à chasser les Prus-

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siens ; ils furent les principaux instigateurs de la Commune.

Enfin les proscrits de 1871 eux-mêmes ne s'empressèrent-ils pas, en rentrant à la faveur de Tamnistie, de donner le signal des hostilités contre les républicains qui les avaient rappelés, en les signalant à Tanimadversion du peuple sous le nom d'opportunistes?

Décidément la proscription politique est mauvaise conseillère !

137. Louis Lambert. — Je crois avoir assez, peutêtre trop longuement parlé de ce beau livre en racontant la vie de Balzac. Je n'ai donc rien à ajouter ici.

138. Séraphita. — C'est le livre mystique, le livre d'un monde au-dessus de la terre et de l'homme, le livre des régions angéliques, qui lente de pénétrer les mystères de cet au-delà divin, pour les révéler aux pâles mortels.

J'avoue que je n'ose pas toucher à ces questions surnaturelles. Je craindrais que ma pauvre raison humblement terrestre n'eût point la force de suivre à ces hauteurs le vol sublime du génie. Je me borne donc à admirer conmie artiste les merveilles du style que ce grand poète en prose a créé pour décrire les célestes horizons que lui a fait entrevoir sa haute faculté de voyant

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