XVI. Bambusa stricta, Roxburgh
Bambusa verticillatta Wild.
En avril 1905, cette espèce était fleurie au golie Juan, Cannes (Alpes-maritimes) France ; les épilets dressés étaient rares et dispersés sur plusieurs toulles ; le feuillage était intact même sur les tiges fleuries. Les plantes de cette espèce observées ailleurs n'avaient pas ileuri.
Conclusion. Floraison partielle d’un petit nombre de
touîfes, sans que les plantes en soulirent.
CONCEUSION.
Il ressort de ces observations, s'étendant à seize espe-
ces et variétés appartenant à trois genres, qu’il serait prématuré de formuler, sans laisser place au doute, les lois du processus de la iructihication chez les Bambusacées.
Il s'en dégage cependant que ce processus, loin d’être toujours le même, comme on l’a souvent répété est au contraire très variable suivant les espèces et les climats.
Nous devons évidemment tenir compte de ce que les plantes auxquelles se rapportent nos observations vivent loin de leur pays d’origine et du climat qui les a produites; néanmoins, les exémples que nous citons plus loin montrent que les faits en contradiction avec la règle d’uniformité et d'ensemble de floraison que l’on avait généralisée, se rencontrent également dans les contrées où les bambous sont indigènes.
Madden, cité par M' O. Stapif (Gard. Chron. Mai- Juin 1903) nous dit, en effet que A. falcata fleurit en grandes masses à certains moments ; mais que entre-temps, chaque année, on peut en trouver dans les montagnes un petit nombre de toufies en fleurs.
Pour des causes très diverses et multiples, ce phénomène doit se produire chez beaucoup d'espèces, comme conséquence du ilottement dans le moment de la fructilication, que nous constatons en Europe. Ce flottement, qui atteint plusieurs années, a dû évidemment au cours des siècles être la cause des interférences constatées par Madden dans l'Himalaya.
En coordonnant ces observations, nous y trouvons aussi un enseignement. [1 est très probable que, d’une part, toutes les Îloraisons complètes d’une espèce, — nous en relevons trois : Ph. Henonis, Boryana et nigra punc-
tata —, qui se sont maniiestées en Europe de 1900 à 1905,
sont venues à notre connaissance ; d’autre part, qu’une minime partie seulement des floraisons partielles — nous en relevons treize — qui se sont produites dans le même temps, nous sont connues.
Par conséquent les floraisons partielles et accidentelles doivent être bien plus fréquentes que les floraisons géné-
rales ou complètes. Si donc les premières étaient toutes
eo notées et étudiées, il est bien probable que, en peu d'années on pourrait recueillir des fleurs de toutes les espèces introduites er Europe et par là contribuer grandement à l’achèvement de la classification des Arundinaria, des Bambusa, et des Phyllostachys.
Ee groupement de ces observations nous permet aussi d'émettre quelques hypothèses :
1° [1 est probable que, dans la section des Arundinaria qui forme l’ancien genre Thamnocalamus,la grande majo-
rité des individus provenant de graines semées en même temps, fleurissent ensemble, mais avec un flottement qui
bebe par exception, dépasser une année, puis meurt après avoir grainé. Nous savons cependant que même dans cette section, il y a des exceptions. Nous citerons en Europel’A.falcata var.glomerata cultivé en serre à Kew, et pour le pays d’origine nous renverrons à l'intéressant article de M'. ©. Stapf (Gard. Chron. Mai-Juin 1904).
2° Les Phyllostachys provenant d’un même semis paraissent également fleurir en même temps ; avec un flottement pouvant s'étendre à plusieurs années. Mais, si la mort en résulte pour quelques souches, cela paraît Retcephon, et ilest probable que. la irucüihication n'est pas la seule cause de cette mort. |
3° Pour les Arundinaria traçants, le processus paraît bien plus obscur. Peut-être certaines espèces fleurissentelles chaque année sur toutes les tiges parvenues à un âge détermine.
Pour d’autres, nous ne pouvons encore entrevoir aucune FÈSIEN
Mais il est en tout cas un fait qui domine tous les autres par sa mystérieuse singularité : c’est que dans l’im mense majorité des espèces que nous connaissons, quand la floraison s'empare d’une touffe, des tiges de force et d'âge les plus divers fleurissent, fructifient et meurent en même temps. |
Nous n'avons en effet observé des tiges survivant à la fructification que chez A. Simoni var. variegata, et à la
io
floraison que chez Ph. Boryana. Il est donc bien probable que, en dehors des cultures, elles sont réellement toujours monocarpiennes.
Une Question de Physiologie Végétale
Les divers phénomènes de la vie, chez A1eshplames comme chez les animaux, ne se produisent que sous l'in- Îluence des forces de la nature que nous nommons chaleur, lumière, électricité : c’est-à-dire sous l’empire des vibrations qui animent la matière. Sans le mouvement que nos sens différencient en chaleur, lumière, électricité, la vie ne peut commencer, ni continuer si elletscome mencé. De même sans la présence de cette force, aucun phénomène du monde minéral ne peut s’accomplir : sans chaleur la glace ne peut fondre, l’eau ne peut Lot à l’état de vapeur.
On a pu déterminer la quantité de chaleur — ou de calories pour parler plus exactement — nécessaire pour fondre un kilogramme de glace ; on a pu déterminer la quantité de calories nécessaire pour vaporiser un kilogramme d'eau ; bien plus on a pu déterminer à quel travail — à quel nombre de kilogrammètres — correspondaient ces quantités de calories.
Sortant à présent du monde minéral, si nous examinons comment ces forces agissent sur le monde végétal, nous constatons que les plantes ont besoin de chaleur, de lumière, d'électricité pour germer et se développer ; mais nous remarquons en même temps que nous n'avons aucune notion exacte sur les quantités de ces forces qu'il leur faut pour évoluer.
Feu Quételet — qui fut directeur de l'observatoire
3e astronomique et météorologique de Bruxelles — faisant des recherches dans une voie parallèle à celle que nous voulons indiquer, fit des expériences tendant à établir pour quelques espèces végétales annuelles la somme de
calories qu'une plante devait recevoir pour accomplir son
évolution entière depuis la germination jusqu'à la maturation des graines.
C'est une question un peu difiérente que nous voudrions préciser, demandant à nos lecteurs de nous fournir les renseignements qu'ils pourraient avoir à ce sujet et la marche expérimentale qu'ils préconiseraient pour arriver à une solution. Laissant provisoirement de côté ce qui a trait au rôle de la lumière et de l’électricité dans Île développement des plantes, nous voudrions déterminer l’équivalent calorique du travail de la végétation.
Évidemment la question ainsi posée est si vaste qu'elle est insoluble et demande à être précisée : l'équivalent calorique du travail accompli par une plante pour Hxer un kilogramme de fécule n’est pas le mème que pour fixer un kilogramme de sucre ou de cellulose ; peut-être même ce travail varie-t-il d’une espèce végétale à l’autre. La cellulose qui a une composition fixe, qui constitue la charpente de tous les végétaux, nous paraît bien indiquée comme premier élément pouvant servir de base à des recherches. La question se restreindrait donc tout d’abord
ainsi: Combien un végétal emploie-t-il de calories pour former un kilogramme de cellulose ?
La question étant ainsi posée, nous trouvons immédiatement un premier élément de la solution : c'est la quantité de calories qu'un kilogramme de bois, qui est de la cellulose presque pure, développe en brûlant : c'est-àdire environ 4500. La combustion est la combinaison de carbone du bois avec l'oxygène de l'air pour former de l'acide carbonique et évaporer l’eau de la cellulose : c’est donc le phénomène inverse de la fixation du carbone par
le végétal, qui prend le carbone dans l'acide carbonique
de l’air et met en liberté l'oxygène. On peut donc dire à
Se
priori que la fixation d’un kilogramme de carbone dans le bois exige toutes les calories que celui-ci peut développer en brûlant — en s’oxydant — ; il faut évidemment y ajouter une perte de calories et celles qui sont employées à des phénomènes connexes dont le principal est probablement l'évaporation de l’eau qui a apporté les substances nutritives. Mais là s'arrêtent nos notions chiffrées, et la solution tant désirée paraît reculer au fur et à mesure que nous la cherchons ; c'est pourquoi nous préférons remettre à
plus tard l'exposé des recherches que nous avons entre-
prises à ce sujet.