‹ BambuseaeChapitre 24 sur 94 · V."Ees travaux de là iso D · texte numérisé non relu

V."Ees travaux de là iso D

“NT Naria a VIL. Bibliographie ARTE 11123 VIII. Boîte aux lettres (4° page de la couverture) 5e CR

Voir les annonces sur la couverture.

AVIS. — Un voyage de quelques semaines dans le Midi de la France a retardé la publication de ce numéro. Nous rendrons prochainement comnte des renseignements que cette excursion nous a pérmis de recueillir sur les | Bambous.

Ncus avons reçu quelques numéros du « BAmBow >» en retour, portant la mention « refusé ». Pour nous rendre compte des raisons ayant guidé ces personnes, nous avons renvoyé de nouveau quelques exemplaires avec la mention « gratis » inscrite sur la bande. Plus rien n’est revenu.

Nous en avons conclu que plus d’un de ces refus marque la crainte de voir un jour entre les mains du facteur apparaître une désagréable quittance.

Ami lecteur qu tremblez d'etre « tapé », rassurez-vous, la quittance ne viendra que si vous écrivez pour vous inscrire comme abonné.

L'une es Band en } Belgique dans LS Jardins DaySa sers.

Nous nous plaçons ici uniquement au point de vue de Pornementation des jardins de la Belgique moyenne. Ce que nous disons s'applique donc a fortiori aux climats moins rigoureux pendant l'hiver, ou plus chauds pendant hété. Ce sont liémenetr deux choses bien distinctes : sous Miniluence d'un climat continental à étés très chauds, les vépétaux résistent en hiver, à des températures bien plus basses que sous l’action d'un climat maritime et moins excessil. Cest pour la même cause que les bambous de Praïirance ont supporté sans aucun dommage pendant Phiver 1879-1880 un froid de — 20° centigrades, qui, dans leNord de la France et en Belgique, grille complètement le feuillage et fait périr la plupart des chaumes des mêmes espèces.

La composition physique et chimique, l'humidité et

Porientation du sol, l'étendue et la vigueur des plantes,

ont aussi une rence trèsconsidérablesur leur résistance

individuelle et spécifique. Un sol trop Sec, trop humide ou

trop compact, une exposition au piein vent du Nord ou à

Bhlombre, diminuent la résistance d’une plante : ceci est

Vrai, du reste, dans ia même proportion pour tous les » végétan x. Un; jeune ue une faible multiplication mour- -ront à la suite d'une gelée qui n'aurait pas grillé les feuilles pd une plante voisine de la même espèce, déjà vigoureuse Petbien établie.

Nos jardins sont assez mal partagés en végétaux

“ipneux à feuilles persistantes. Les conifères, dont les

mérites de premier ordre font des arbres de grande valeur au point de vue ornemental, forment le contingent principal de nos evergreens.Excepté les variétés dorées, argentées ou glauques, ils sont pour la plupart, de teintes sombres et excellents comme fond de tableau. L'amateur ne peut négliger sans injustice, les houx, les buis, les buissons ardents et quelques autres qui s'élèvent un peu,ainsi qu'un grand nombre de jolis arbustes, mais ces végétaux ont un caractère tout spécial : ils paraissent à l'œil, raides, durs, froids et comme figés;:la pensée les associe facilement aux frimas.Ils forment donc avec les arbres à feuilles caduques un excellent contraste, dont l’amateur habile sait tirer le meilleur parti ; mais quand a bise a soufflé, ils restent seuls à attirer le regard et 1ls ne font que mieux sentir le vide que le départ des feuilles d'automne a laissé.

Les grands bambous se prêtent merveilleusement à combler ce vide : le feuillage aux teintes printanières, en mouvement à la moindre brise la silhouette svelte, lestiges aux lignes fuyantes, les cimes gracieusement arquées leur donnent toutes les qualités voulues pour être opposés aux

comières. Ils viennent donc à point pour combler une

lacune ; c’est ce que nos voisins d'Outre-Manche ont bien compris, car ils les multiplient autant que possible dans leurs merveilleux parcs.

Pendant l’automne, quand les feuillages brunis, dorés, pourprés ou rougis par les froids précoces, s'enveloppent le matin d’une délicate atmosphère grise et se clairsèment chaque jour davantage, les bambous qui conservent leur verdure printanière et toullue opposent la gaieté ce la vie toujours jeune et active aux approches du repos et de la MONT

C'esten hiver que: les bambous PIERRE tous leurs mérites et étalent toute la magnilicence de leur délicate parure d’émeraude. Lorsque la neige couvre la terre, on est vraiment étonné et ravi de voir leurs panaches verts étinceler au soleil et se balancer mo!ement au gré de la bise glacée, sans en paraître plus incommodés que si une serre les abritait.

Nous donnons ci-dessous une revue succinte et rapide

des espèces qui fournissent à nos jardins les meilleures

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plantes d'ornement. Cette liste est dressée par ordre de résistance au froid. Le mérite horticole de chacune est spécifié de manière à permettre aux amateurs de choisir les espèces, en tenant compte de l'emplacement dont ils disposent et du parti qu'ils veulent tirer de chacune.

Le premier groupe comprend des espèces qui sont à peu près de même résistance, à tel point que le classement y est bien difficile et que l'on peut presque dire qu'elles sont de résistance égale. Nous la comparerons à celle du Laurier cerise, de l’Aucuba, du Ligustrum du Japon et des meilleurs evergreens exotiques introduits dans nos jardins. [ls gèlent trois ou quatre fois par siècle; mais avec cette dilférence en faveur des bambous, que si Îles chaumes sont atteints, leurs souches demeurent intactes et que le désastre est réparé en deux ou trois années. Quand la gelée n’est pas accompagnée de grand vent, leur feuillage ne commence à périr que vers —13° à —15° centigrades,et leurs chaumes vers —18° à —20° c. Quand le vent semilelavec molence, cest entre —8°et :10° c. que .le feuillage est atteint et à —15° c. environ les chaumes sont en partie perdus. À ces températures extrêmes la sève ne monte plus assez vite pour compenser l’évaporation, les feuilles se roulent, puis, si l’action se prolonge, les tissus meurent par dessication.

Nelletest\ la wrésistance de plantes. vigoureuses . et bien établies, cultivées dans de bonnes conditions de sol et d'exposition ; mais n'ayant aucune protection directe et artificielle telle que toiles ou empaillage.

Nous répétons encore que nous n’employons comme protection qu'un pailli de feuilles sèches placé sur le sol

autour des toulies de peu d’étendue : c'est-à-dire l’autoprotection des bambous à l'état sauvage.

Le lecteur fera sans nul doute cette réflexion : « Voilà qui est pariait pour des plantes fortes, bien enracinées et établies en pleine terre depuis plusieurs années ; mais que faire quand on reçoit un éclat minuscule dans un pot de 10 Où 12 centimètres ? »

Dans ce cas on peut adopter deux procédés :

1° Conserver la plante en pot, la rentrer chaque hiver en serre froide, jusqu'à ce qu’elle ait rempli de ses rh1zomes une caisse de Îortes dimensions, et seulement alors mettre au printemps le spécimen en pleine terre.

2° Date tout de suite en pleine terre et abriter la jeune plante au moyen de nattes pendant les premiers hivers. |

Nous avons jusqu'ici obtenu les meilleurs résultats par le premier procédé et M' Drion pratique, à Marlagne, le second avec non moins de succès. Les amateurs peuvent donc choisir l’une ou l’autre méthode, suivant les moyens d'action dont ils disposent, ou suivant les rigueurs s de leur climat.

Toutelois, nous ee nous procurer de forts spécimens qui conservent une avance énorme et montrent une résistance bien plus g crande aux intempéries. C’est ainsi, par exemple, qu'une. bien modeste plante de Phyllostachys Quiliot pesant avec sa motte 80 k°., nous a donné dès la première année des tiges aussi fortes qu’une faible division plantée neuf années auparavant. Une toulfe de Phyllostachys de 150 à 200 Kk®. bien plantée conserve en moyenne dix années d'avance sur une plante de même espèce reçue dans un pot de 15 centimètres.

Phyllostachys viridi-glaucescens, Rivière. Plante de seconde grandeur, pouvant atteindre 5 à 6 mètres en Belgique, très traçante, à feuillage très abondant, d'un beau vert très glauque en dessous ; à tiges arquées, dont les cimes retombent parfois jusqu’à terre. D'une transplan tation moins aisée que la plupart des autres espèces. | Phyllostachys violascens, Rivière. Plante de seconde grandeur, pouvant atteindre 5 à 6 mètres en Belgique, plus traçante encore que la précédente, d’un port érigé, capable d'y former de vrais bois. Cette espèce très facile à transplanter demande énormément d'eau en été.

Phyllostachys flexuosa, Rivière. Plante très voisine du viridi-glaucescens ; mais de moindre taille ; plus facile à transplantér.

Phyllostachys puberula, Makino, (Henonis, Mitiord). Plante de première grandeur et de très grand'memten pouvant atteindre au moins 7 à 8 mètres en Belaiques malheureusement, de même que ses variétés Poryana et" lülva,Velle"vient de fleurir complètement en Europe et il faudra bien des années avant d'en obtenir de beaux spécimens. Le mieux est d'en importer directement du pi Otis nétcoñtent pas cher.

Phyllostachys Quilioi, Rivière. Plante de première grandeur, pouvant atteindre 8 à 10 mètres de hauteur en Belgique.Sans aucun doute l’une des meilleureset des plus

-"ix" ENR EEE nt À V

récommandables.D'’un port érigé excellent, d'un beau vert gai et brillant, d’une croissance très vigoureuse et rapide, cette espèce résiste mieux que toute autre à la sécheresse; mais elle n’atteint pas alors la mème taille. Ses variétés Marliacea à tiges cannelées, Castillonis aux chaumes jaunes d’or striés de vert, Castillonis holochrysa à tiges jaunes lavées de pourpre, sont également des plantes de très haut mérite, dont la rusticité égale ou à peu près seule du type. na deux dernières ont les feuilles un peu panachées de rose, de jaune et de blanc.

Sasa lle. Makino et Shibata, et variétés.

Plantes de troisième grandeur, pouvant atteindre 3 à 4 mètres. Admirable feuillage ample, résistant, aux formes harmonieuses ; feuilles atteignant o m, 40 sur o m, 15, réunies en éventail au sommet des rameaux. Ce sont des plantes décoratives de tout premier ordre. Vivant en sous-bois au Japon elles ne craignent pas chez nous un Spureniiésér itres tracantes, elles ont, besoin. d'un sol sain et profond pour acquérir toute leur ampleur ; mais un emplacement restreint leur suffit. La forme #ebilosa qui est.la plus répandue dans les cultures, possède des chaumes veinés de brun et de noir en dessins du plus charmant ellet.

Sasa albo-marginata forma minor, Makino et Shibata. Cette forme naine d’un type non introduit, ne dépasse pas 0 m, 30 à o m, 40 de hauteur.Comme son nom l'indique, ses larges feuilles sont bordées de blanc en hiver. Ce n’est pas une panachure, c'est une dessication normale et régu-

lière de plus de la moitié du limbe. L'effet est excellent et

décoratil. La plante-est très vigoureuse, de croissance Mimde etidune rusticité à toute épreuve ; elle forme de

bons tapis à mi-ombre.

Quelques autres Szsa pourraient encore être cités 1c1 ;

les deux précédents sont les plus beaux et les meilleurs.

Phuyllostachys pubescens, H. de L. Espèce de première grandeur pouvant atteindre 8 à 10 mètres de hauteur en Belgique. Ses chaumes vigoureux, semblables à d'immenses plumes d’autruche, en font une plante de très grand mérite horticole qui isolée sur une vaste pelouse,soutiendra victorieusement la comparaison avec toutes les autres. Ses

feuilles menues sont extraordinairement abondantes sur

les vieux chaumes ; ce bambou démande beaucoup d'eau en£Été.

Sa variété Heterocycla est de taille beaucoup moindre ;

ses mérithalles renflés, ses diaphragmes obliques en font une plante plutôt bizarre et curieuse que belle. L'espèce et sa variété perdent leur feuillage vers la fin du printemps avant la pousse des nouvelles feuilles.C’est la seule espèce introduite, offrant normalement cette particularité.

Phyllostachys aurea, Rivière. Espèce de seconde grandeur pouvant atteindre 4 à 5 mètres en Belgique. Elle se rencontre assez fréquemment dans les cultures, où elle forme de magnifiques touffes compactes, en gerbes.Elle ne craint pas trop la sécheresse ; son feuillage est extraordinairement abondant sur les vieilles tiges. Les chaumes présentent souvent vers leur base quelques mérithalles raccourcis et g1bbeux. |

Arundinaria Japonica, Siebold et Zuccarini (bambou metaké des jardiniers). L'espèce la plus cultivée dans les jardins de Belgique ; elle y atteint 4 à 5 mètres de hauteur: Elle est certainement moins résistante à la gelée que la plupart des espèces qui précèdent. Ses feuilles sont grandes, son feuillage ample, toulfu, vert sombre est très ornemental. Ses chaumes d’abord verticaux s’inîlèchissent avec l’âge en courbes gracieuses. Cette espèce prospère partout, presque sans soins ; c'est du reste l'une de celles qui se transplantent le plus facilement et s'établisseat le plus vite, ce qui explique que, sans être la plus résistante à la gelée, elle est la plus répandue. Sa diffusion et sa propagation rapides proviennent aussi de ce qu'elle souffre moins que les Phyllostachys quand ses rhizomes sont enterrés trop nrofondément ; les jardiniers la tuent donc beaucoup plus difficilement.

Le deuxième groupe comprend des espèces dont la résistance à notre climat s'éténd de celle de /’Evonymus du Japon, et du Chêne yeuse à celle du Laurier cerise.

Arundinaria nitida, Mitiord. Cette espèce est jusqu'à présent la seule non traçante connue comme résistant bien au climat de la Belgique. Par la grande rusticité de ses chaumes, elle devrait être classée dans le premier groupe ; mais son feuillage charmant est grillé presque chaque hiver, sans dommage pour la plante, dont les feuilles nouvelles repoussent avec vigueur dès Avril. C’est une plante d'un très grand mérite horticole, d’un port compact, formant gerbe. Ses tiges aux courbes gracieuses,

minces, pourpre foncé atteignent 3 à 4 mètres : un emplacement restreint lui suffit.

Phytlostachys nigra, Munro. Plante de seconde grandeur pouvant atteindre 5 à 6 mètres en Belgique. Ses chaumes verts d’abord, puis passant au noir, en font une Éspeceude tout premier mérite horticole ; mais elle est capricieuse et sa culture n'est pas toujours facile. Nous pensons qu'elle demande un sol siliceux et très bien draîné: quand elle rencontre des conditions qui lui conviennent, elle est très vigoureuse, résistante au froid et la plus gra-

cieuse peut-être de tout le genre.

La variété punctala difière du type en ce que ses chaumes tout d’abord verts deviennent jaunes, ponctués et tachés de brun et de noir. Cette variété très étroitement Hé aubype, Se comporte de. la même facon ; elle est assez rare dans les cultures.

Bambusa nagashimna, Marliac. Espèce très traçante de 1 M, 50 à 2 mètres de hauteur, très résistante au froid, quoique son feuillage ample et touflu soit en partie désséché chaque hiver. Un certain nombre d’espèces naines ou de taille médiocre dont l'intérêt horticole est accessoire sont dans le même cas ; par exemple : Bambusa disticha, pygmaea ; Arundinaria nana, purnila. inacrosperma ; Phyllostachys ruscifolia, marmorea ; Sasa tessellata et quelques autres.

Phytllostachys mitis, Rivière. Cette espèce chinoise qui prend un immense développemeut dans les pays chauds ne peut guère dépasser 5 à 6 mètres en Belgique. Son feuillage gèle partiellement dans les hivers moyens et complètement dans les hivers rigoureux. Toutelois la plante se reconstitue très vite quand elle est en terrain profond et bien sain. Ses tiges vert glauque, ses feuilles pâles son port érigé et majestueux en font une très belle plante.

Phyllostachys sulphurea, Rivière. Piante semblable à

Ja précédente à l'exception des chaumes, qui sont d’un )

magnifique jaune d'or striés de vert.

Arundinaria Sunoni, Rivière. Espèce très traçante,

atteignant 5 à 6 mètres en Belgique. Port érigé, chaumes

serrés, feuillage ample, vert sombre, touliu ; plante très ornementale.

Ses variétés à feuilles panachées de blanc lui sont supérieures ; malheureusement elles fleurissent depuis quelques années, ce qui les dépare beaucoup,et rend l'obtention

Lu de bonnes divisions difficile en ce moment. Il vaudrait

ææ I00 =

mieux planter de jeunes semis, dont la bonne croissance est certaine pendant trente ou quarante ans avant une nouvelle floraison.

Le troisième et dernier groupe dont nous nous occuperons au point de vue horticole se compose des espèces dont la résistance est comprise entre celles de l'Evonymus du Japon.et du Trachycarpus excelsa. Elles ment donc toutes plus ou moins un abri soit en nattes pour les plus robustes, soit en paillassons et en planches pour les plus délicates : moyennant ces précautions elles pourront

se maintenir en pleine terre en Belgique, et y acquérir de belles dimensions.

Ce sera toujours un tour de force qui peut tenter l’amateur habile, ou le ‘collectionneur, mais quiotirenpeu d'intérêt au pointde vue horticole, puisque d’autres espèces plus rustiques peuvent les remplacer avec avantage.

Phytlostachys Jastuosa, Hort. Une admirable plante dont les tiges érigées font des colonnes de verdure de 4 à. 5 mètres de hauteur. Très traçante et du plus beau vert elle est parfaitement résistante sous le climat de Paris ; une simple toile l’abritera suilisamment en Belgique.

Barmbusa Thouarsii, Kunth. Un grand bambou un peu traçant,; mais qui ne peut guère prendre de développement en Belgique, parce que Ses jeunes turionsssorenssen automne. {1 sera néanmoins très intéressant à essayer dans un angle de batiment ouvert au Sud. Peut-être aura-t-on l'agré éable surprise de le trouver bien résistant dans ces conditions.

Les Arundinaria anceps, aristata, racemosa, Hindsii qui tracent vigoureusement, les Arundinaria cespiteux Jalcata, Falconeri, Khasiana, spathiflora rentrent dans ce goupe ainsi que bien d’ autres, qui, cultivés en caisses, hivernés en serre froide ou en orangerie, forment d’ admirables touîtes.

Les Arundinaria nains panachés : auricoma, aureostriata, crysantha, Fortunei, variabilis var. se rangentdans cette catégorie ; mais comme ils restent très bas, ils peuvent être abrités sous des toiles, des caisses, des paniers avec la plus grande facilité. Mis en pots, ils forment en hiver d'excellentes plantes pour la serre froide ou l'appartement. Pour mémoire, nous citerons encore le

Bambusa quadrangularis, Fenzi, qui gêle chaque hiver jusqu'au ras de terre s'il n’est pas abrité soigneusement.

Naturellement, cette classification n’a rien d’absolu, ni au point de vue de la beauté et du mérite horticole, ni au point de vue de la résistance : c’est un simple résumé d'essais conduits pendant de nombreuses années et d’observations s'étendant à un grand nombre de collections dans des conditions très diverses. Les circonstances locales de sol, d'humidité, d'exposition, de force des plantes, de soins culturaux peuvent souvent infirmer dans ses détails l’ordre que nous indiquors.

Au point de vue de l’ornementation d’un jardin, nous ne conseillons pas de réunir un grand nombre d’espèces de bambous dans un espace restreint ; mais bien plutôt de choisir un petit nombre d'espèces présentant les qualités requises pour obtenir un effet déterminé, et de créer des massifs assez étendus composés chacun d’une seule espèce. C’est ainsi que l’on en obtiendra le meilleur effet, en même temps que le meilleur développement. Ce n’est que au sein d’un massii étendu queles grands chaumes peuvent naître. Les espèces de première grandeur ne pourront, par exemple, atteindre tout leur développement que si on leur laisse envahir au moins un are de terrain : nous considérons cette suriace comme un minimum. Il importe aussi de laisser une distance assez grande, vingt mètres ou moins entre les massifs de chaque espèce de première grandeur, afin qu'elles ne se mêlent pas ; l'effet produit par le mélange de plusieurs espèces de port et de jacies dissemblables, est disparate et sans caractère.

Nous ne conseillons pas non plus l'emploi d’une seule espèce, quels que soient ses mérites : si après avoir acquis

toute sa valeur décorative dans un jardin elle vient à îleu-

rir complètement, c'est un désastre et la scène champêtre sera défigurée pendant dix ou quinze années.

Les perspectives et les sites les plus attrayants sont obtenus en disséminant sur des pelouses quelques groupes de bambous à proximité de pièces d’eau, de rivières ou de ruisseaux. Des plantes d’eau à grandes fleurs Nymphea, Iris, des plantes à amples feuillages, telles que Musa, Caladium leur seront opposées avec succès et l’on cherchera à créer comme fond, au Nord et à l'Est, des masses sombres de coniières, à l'Ouest des futaies d'arbres

un TO2 =

à feuilles caduques précédées d’arbustes RAgArREss Q aelques conifères rares supportants des clématites, quelques arbus-

tes à fleurs seront habilement disposés ça et là, et le Sud

sera réservé pour des corbeilles de plantes à leurs éclatantes. Les sites ainsi composés, variés de mille façons, prennent un aspect exotique des plus surprenant, que le regard ne se lasse pas de contempler, surtout si le terrain est vallonné ou rocheux.

Les espèces de bambous que nous prélérons pour ce cenre de sènes sont les suivantes :

Phuyilostachys puberula et ses variétés, Quilioi et ses variétés, pubescens, viridi-glaucescens, violacens ,flexuosa,

aurea , - Arundinaria nitida, japonica, Simoni et ses varié-

FES Sasa paniculaia et ‘abbo- -marginata et leurs variétés.

A propos du PAYLLOSTAGAYS HENOJIS, Mitford,

voici ce que le Prof. D’. F. À. l'orel, de Morges ( Suisse), veut bien nous écrire, en nous autorisant à le publier.

Vous me demandez l’histoire du Bambou de Hénon. J'extrais quelques faits de la notice que j'ai préparée sur la floraison des Bambous en Suisse :

Monsieur Edouard Bertrand-Olivier, dans sa LE di Chalet près Nyon, A recente NO 1880 un rejet du DPEÉténon ilméecricaice met:

« Le D'. Hénon, était comme son père, l’un des dix députés de l'opposition libérale de Paris sous l’Empire de Napoléon III, un bon botaniste et un habile horticulteur. Il avait passé quatre ans au Japon comme médecin attaché à un établissement de mines dans l’intérieur des terres. Au moment de son départ pour le retour, il emballait ses plantes quand ses élèves, des nobles Satzumas qui Paidaient, luidirent: « Maitre vous n’avez pas notre bambou de montagne, le seul peut-être qui sera rustique chez vous; nous allons vous le chercher » Ils partirent et revinrent à temps. Le D'. Hénon asauvé la planteetm'en a donné une multiplication, afin, disait-il, de mieux assurer sa conservation. Ce bambou a fort bien réussi chez moi et a donné

+ÿ EL È

des poussés de huit mètres. J'en ai distribué des pieds à beaucoup de personnes. »(Lettre de M". Edouard Bertrand du 4 Août 1905). Quant à la date plus précise du retour de Flénon en Europe, voici ce que m'écrivait plus tard Mr. Bertrand. « Le D'. Hénon soignait les blessés à Lyon pendant la guerre de 1870-71; il est allé ensuite au Japon où il a passé près de quatre annnées. Son retour avec les collections se serait donc fait vers 1875 : il m'a donné son Phyllostachys Henoms quelques années plus tard. » (Lettre de M'. Edouard Bertrand du 25 septembre 1905). Quant à la nomenclature de Phytlostachys puberula,je n'ai

personnellement aucune autorité pour la déterminer. Voi-

ci les sources dont je dispose.

1 me suis adressé à MP: le Prof. D. C. Scthrôter, de Zurich, qui a étudié les bambous à son passage au Japon et est entré à leur sujet en relations amicales avec Makino, Miyoshi etc. ; il a reconnu le Phyllostachys puberula, de Miquel(1}, ainsi qu'il me: l’a écrit. « Le Bambou que tu m'as envoyé est certainement le Phyllostachys puberula (Miquel), Munro/” Ce n'est pas un Arundinaria parce que les épillets sont entourés d’une bractée (épi à feuilles, Phyllostachys). J'ai de bonnes collections de Bambous ileuris du Japon, grâce à mes relations personnelles, et j'ai trouvé deux échantillons collectionnés par deux autorités différentes qui coïncident absolument avec ton exemplaire. Quant à Henonis, Fr. Mittord, il est identifié par une de mes autorités japonaises avec ton Phyllostachys puberula >» (C. Schrôter in litt. 18 VIII 1905).

« Dans ma collection M'.Onuma,un botaniste très habile, range le B. nigra comme variété sous le puberula, et je crois qu'il a raison, parce que la description que Munro donne de B. nigra (ainsi que Ascherson et Graebner) s'adapte mot pour mot à notre puberula qui a des tiges

ounes > (C0. Schrôter, in litt. 15 VIT 1905).

Moicrencore la copie d'une lettre de M. Miyoshi à BEC. Schrôter :

« [hren werthen Brief erhalten theile ich Ihnen dass sowohe Phyllostachys puberula als auch var.mnigra seit ei-

nigen Jahren in Japan alle Jahren blühen. Es ist interes-

(x) Quoique Miquel connût bien le genre Arr s, il a donné le nom de Bambusa puberula à l'espèce qu’il a décrite. (N. de la R

sant zu hôren dass das Blühen auch in der Schweiz statsand. (1) Phytllostachys puberula (Nom. Jap. Ha-chiku). » » var. #igra (N. J. Kuro-chiku).

(Signé) MIvYosxI. »

Vous connaissez la description de Miquel (Annal. Mus. Lugd. Bat. IT, 1886, p. 205). D'après nos botanistées lausannois, elle s'applique parfaitement à la plante que nous voyons ileurir à Morges. La date de Miquel étant de trente ans antérieure à celle de Mitiord, nous nous en sommes tenus au nom de Miquel.

Quant au rigra, je soupçonne qu'il y a sous ce nom deux choses très différentes ;

1°, Une variété de Phyllostachys puberulale Kurochiku des Japonais. (Voir la figure du titre du mémoire de Fairchild : Japanese Bamboos, Washington 1903).

200 neérespèce chinoise, sensiblement plus petite.

Je soumets cette hypothèse aux spécialistes.

PROF. D’. F. À. FOoREL, Morges (Suisse?

Voilà donc l'état de la question, d’après les botanistes Japonais MM. Makino, Onuma et Miyoshi. Leurs collèegues Suisses, de Zurich et de Lausannes entre autres, adoptent complètement leurs conclusions.

Ces a ane considèrent que lee groupe nigra ne comprend qu’une seule espèce et des variétés à savoir ;

Phyllostachys pnberula, Makino, Japon.

Bambusa puberula, Miquel.

Phyllostachys Henonis, Mitford.

Bambusa Henonis, Hort.

Arundinaria stolonifera, Kurz.

N. V. Ha-chiku, Mokko-chiku, Owo-chiku, Karadake, Awa-dake, Sui-chiku, Sache chiku, Tau-chiku. étc., etc.

PAU puberula Makino var. Boryana.

N. V. Madara-dake.

Phyllostachys puberula Makino var. fulva.Y Phyllostachys puberula Makino var. nigra.” N. V. Kuro-dake, Kuro-chiku,

(1) En réponse à votre honorée lettre jé vous fais part que Phyllosiac& Puberula et aussi sa var. #igra fleurissent tous les ans au Japon depuis délires années. Il est intéressant d'apprendre que la floraison se produit aussi en Suisse.

(Signé) M. Miyoshi.

Phyllostachys puberula Makino var. nigra punctata. N. V. Goma-dake.

M Horel croit en outre que le bambou noir de la Chine, Phyllostachys nigra, Munro, serait une espèce distincte à séparer de la variété noire du puberula (Knrochiku).

Pour nous, la question n'est pas mûre ; voici pour-

quoi.

Les caractères morphologiques ont certes une valeur considérable pour la classilication et la spécification des végétaux, mais nous pensons qu'ils ne doivent pas toujours être seuls envisagés et que les caractères biologiques ont aussi leur valeur, pariois un peu trop négligée.

Quand il s’agit de plantes telles que les Phyllostachys qui présentent des phénomènes aussi singuliers de floraison et de iructilication simultanées que ceux déjà signalés, ces laits, pensons-nous, ne doivent pas être considérés comme sans valeur pour différencier les espèces.

Or : Phyllostachys Henonis, Boryana et fulva (vieux style) ont fleuri complètement en Angleterre et sur le continent européen de 1900 à 1906: des centaines de plantes dans les conditions les plus diverses, provenant de plusieurs introductions.

Phyllostachys nigra et nigra-punctata, (vieux style). Sur le continent, deux plantes seulement (importées en 1882 ; 8 ans auparavant ont fleuri parmi des centaines. L'une est morte, l’autre repousse vigoureusement et, suivant M'. Drion, deMarlagne, qui la possède, elle est si modifiée depuis sa floraison (survenue en 1900) qu'il ne la reconnaît plus. Cette plante atteignait alors 4 m, 88 de hauteur, elle n’a pas grainé.En Angleterre quelques plantes ont fleuri de çi de là parmi un très grand nombre qui n'ont pas fleuri.

Il s'agit donc là tout au plus d’une floraison partielle

et sporadique.

Dans un groupe aussi serré que le « groupe nigra », 1l ne nous semble pas qu'il puisse toujours y avoir certitude d'identification quant aux formes qui fleurissent, d'autant plus qu’il s’agit de plantes fleurissant pour la 1'° fois en Europe. Quand le phénomène se montre clairement, la plante est déjà si modifiée que si des échantillons complets

et sérieux n'ont pas été recueillis au cours des années précédentes, toute détermination certaine des plantes

devient impossible si l’on n’a pas assisté antérieurement

au phénomène. Nous répétons que le fait se produisait pour la 1'° fois en Europe. Bien plus toute détermination de quelques variétés est absolument incertaine quand il s'agit de multiplications anémiées ne présentant que de faibles chaumes, qui ont cependant pû fleurir.

Dès lors n'est-il pas admissible que certaines au moins des plantes dénommées rigra et nigra-punctata qui ont fleuri en Angleterre étaient des Boryana ou fulya ?

Voici un indice plus précis, sans être décisif. Nous relevons ce qui suit sur notre carnet de notes : « Kew, Bamboo garden 14 Juin 1904.Une plante étiquetée Phyllostachys nigra-punctata de 4 à 5 mètres de hauteur a perdu ses feuilles et va fleurir ; après examen attentif, elle nous paraît identique à nos plantes de Boryana, »

Des erreurs peuvent se glisser partout. Si l’on veut se rendre compte des difficultés de détermination dans les groupes serrés, auxquelles viennent encore s'ajouter les erreurs de dénomination sous lesquelles on recoit les plantes, il suffit de lire la discussion survenue à propos des Arundinaria falcata, Falconeri et nobilis, entre M'$ Stapi, Fitz Herbert et Lord Redesdale dans Île «Gardeners Chronicle» de Mai et Juin'1904. On a, en etiet atroce Europe des Phylloslachys nigra non seulement du Japon, mais aussi de Chine. Or M$ Makino, Onuma et Miyoshi ont examiné les plantes japonaises ct non les plantes chinoises, comme en fait loi l’herbier de Zurich que M le Prof. Schrôter a eu l’amabilité de nous communiquer, tandis que nous avons en Europedes plantes chinoises dont Rivière notamment s'est servi au cours de ses études.

Enfin l’exam :n et la comparaison d'échantillons suifñsants s'impose avant de conclure. Un échantillon complet comprend :

1° De nombreuses gaînes recueillies à diverses hauteurs sur des chaumes de divers diamètres :

2° des écailles binervées :

3° des rameaux portant des leuities®

4° des rameaux fleuris ;

5° des échantillons de tiges de divers actes

Sans tenir compte des caractères biologiques et sans posséder des échantillons aussi complets, aucune spécihcation certaine n’est possible dans un groupe composé de formes si voisines ; or, ces échantillons n'existent pas encore ou sont disséminés, et les observations biologiques sont encore incomplètes. Nous faisons appel aux amateurs

et aux botanistes afin qu'ils veuillert bien les réunir quand

l'occasion s’en présentera.

| Voilà pourquoi nous répétons que la question n’es pas mûre et que jusqu à plus ample information nous classons

à part les Phyllostachys nigra et nigra-punctata qui n’ont

pas fleuri au cours des dernières années.

Le Bambou au point de vue industriel et commercial.

Jusqu'à présent, le Bambou n'a surtout été employé que pour la décoration des Parcs et des Jardins (1).

Sa tige lisse et flexible, son feuillage ondoyant d’un beau vert clair, donnent à cette graminée gigantesque un air élégant et majestueux qui l’a fait apprécier depuis longtemps pour la culture ornementale. « Les Bambous, dit le savant Kunth, ne contribuent pas moins que les Palmiers à donner aux paysages équinoxiaux une physionomie particulière. »

Mais en outre de ses qualités ornementales, le Bambou peut rendre de grands services.

Plus dur que le bois, il est plus léger et se prête à des emplois innombrables.

Ses tiges servent à confectionner des meubles à la fois légers et solides, des perches, dés échalas, des tuteurs ; elles fournissent des échelles, des cages, des paniers, des clôtures, des cannes, des manches de fouet ; on en fait des cannes à pêche,des claies à ombrer,des boites d'emballage légères, des gaules de trolleys pour voitures électriques, des poteaux pour la télégraphie militaire en campa-

— pne,etc ,etc., et mille articles de vannerie et de bimh--

Hoseme Ilse laisse fendre avec facilité et au moyen de la chaleur on le courbe comme l’on veut.

Enfin le principal et le plus intéressant usage que l’on en puisse faire est certainement celui de la fabrication de de la pâte à papier.

Parmi les articles que nous avons cités ci-dessus, ceux qui sont surtout susceptibles d'un excellent rapport, sont

(rx) Des exploitations industrielles de Bambou ont cependant été déjà créées en France, par Mr Garrigues dans les Basses-Pyrénées et par Mr Percie du Sert,

—. dans une Île du Rhône.

la canne à pêche, les tuteurs pour pépiniéristes, les cannes pour la parasolerie et enfin le meuble.

Tous les bambous utilisés actuellement dans l’industrie proviennent de la Chine et du Japon, mais ces bambous coûtent moins cher d’achat que le prix du transport, de sorte que l'industrie qui utiliserait le bambou d'Europe ferait certainement une concurrence énorme au commerce Chinois et Japonais.

La France était tributaire de l'étranger de :571 à 1875 d'environ 2.156.000 francspour l’importationdes Bambous, dit le Bulletin de la Société d’Acclimatation,et la moyenne de la quantité entrée en France pendant la même période était également de 2.156.000 Kilos ; ce qui fait, on le voit, uné valeur marchande de 1 Îr. le kilo ou environ 10 francs les cent tiges à leur arrivée au port.

Nous n'avons pu nous procurer des renseignements sur l'importation des Bambous depuis cette époque ; mais il est probable que les chiffres ci-dessus ont augmenté.

Examinons maintenant l’un des plus intéressants usages du Bambou : celui de la fabrication de la pâte à papier.

La consommation de la cellulose pour la papeterie est énorme.

A l'heure actuelle, on utilise dans des proportions considérables, pour la fabriquer, les pâtes de bois. On peut dire, sans être taxé d’exagération, si l’on considère Ja consommation formidable et toujours croissante du papier, que ce sont des forêts entières qui disparaissent pour être transformées en cellulose c'est-à-dire en papier.

Nous pourrions citer telle maison française qui, à elle seule, utilise annuellement plus de douze millions de kilos d'essences résineuses pour fabriquer chimiquement ia cellulose !

Or le rs est tout indiqué pour remplacer le bois.

D'une rapidité de croissance extraordinaire, (1) émettant constamment de nouvelles tiges aériennes, 1l produit chaque année une récolte abondante et nouvelle. Il est très riche en cellulose et peut avantageusement être sise tué au chiffon.

Les Anglais utilisent déjà le bambou du Japon pour fabriquer un excellent papier ; il en est de même à la Ja-

(1) D’après les obrervations faites au Jardin du Hamma (Algérie) par Mr Rivière, l'accroissement de certains bambous serait de o m, 48 en 24 heures, soit 2 centimètres par heure.

maïque depuis quelque temps. Les Chinois connaissent cette fabrication depuis longtemps déjà.

£e papier de Chine que nous recevons et qui sert à tirer les belles épreuves de gravures en taille douce, n’est autre chose qu'un mélange de bambou etde coton de Nankin.

Nous avons nous mêmes fait faire un essai de pâte à papier avec du bambou cultivé dans les Pyrénées et le résultat a été si satisfaisant que le fabricant, auquel nous nous sommes adressé, est tout disposé à se livrer à cette fabrication.

Mais il est indispensable de pouvoir alimenter une papeterie d’une façon constante et par quantités énormes. En eftet, chaque opération, dans une usine importante, exigerait de 30 à 40 mètres cubes de bambou et l'ont peut en faire une toutes les 40 heures environ !

L'excellence des papiers obtenus avec le bambou, dit M. Fleury Percie du Sert, la facilité de culture, la grande production et le moyen surtout d’ utiliser, avec ces plantes, des terrains souvent impropres à toute autre culture, en font une plante des plus précieuses et une source de produits importants pour les pays avoisinant une usine de cellulose.

D'autant plus, ajoute le même auteur,que pour la fabrication de la pâte à papier, toutes les espèces sont également bonnes et leur teneur en cellulose exactement pareille.

Le bambou n'est pas difficile, comme nous venons dele ne Psunela nature du terrain et il peut être utilisé dans des terres incultes Néanmoins, il lui faut pour prospérer convenablement une certaine quantité d'humidité et il a souvent été employé avec succès dans des sols marécageux qu'il déssèche et assainit rapidement. (1)

Comme on le voit par l'étude ci-dessus, les usages du Bambou sont multiples et l’on devrait tenter, sur une grande échelle, sa culture industrielle qui pourrait devenir une source de revenus importants.

Disons, en terminant, que le produit net d’un hectare de bambou peut varier de 409 Îr. à 800 Îr. par an, suivant la qualité du terrain ; il pourrait même, si l’on en croit le Bulletin de la Société d’Acclimatahion, atteindre 5.000 Îr. par hectare en plein rapport.

Voilà des chiffres faits pour tenter les amateurs.

J. NOGUËS, Bagnères-de-Bigorre, (France).

(1) Sous des climats plus chauds que celui de la Belgique bien entendu.

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