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CAT

; Cliché H. de L.

P1. N° XXIV. — Base de la grande touffe figurée au N° XXII. Photographie prise en juillet 1905, montrant le développement de 2 jeunes

chaumes. Malgré son aspect de forêt, l’espace occupé par ces puissants chaumes n’a que peu d’étendue,

que ses tiges les plus avancées ont fini leur élongation. Cette espèce a donc fait presque tout son développement aérien annuel pendant la période où nous subissons de fréquentes gelées nocturnes. Comme les nuits de gelée blanche ont été particulièrement nombreuses en 1907 jusqu’au 25 mai, ia croissance de chaque chaume a été très lente et a duré environ 60 jours au heu de 30 à 35, comme on le constate quand le temps est favorable. Ceci n’a pas empêché les chaumes d’être d’une belle venue : les plus grands atteignent 6 m.50. Comme toujours, la moitié ou les 2/3 des chaumes sortis ont péri brusquement après quelques jours de développement normal, tandis que les autres continuaient à progresser. Ce phénomène (de sélection, dirait-on) reste constant chez cette espèce partout où nous avons pu l’observer (1). Il atteint des chaumes de tous diamètres, dont les hauteurs, très diverses au moment de la mort, ne sont pas en relation constante avec le diamètre, mais à notre connaissance, il n’atteint jamais tous les chaumes issus en même temps d’un

même rhizome. Pour la première fois nous obtenons ce que

nous considérons comme /’adaptation complèie d’une espèce de Phyllostachys aux conditions du milieu : Th. wiolascens n’a développé en 1907 que des chaumes latéraux sur rhizomes poussés en Belgique. Aucun rhizome ne s’est relevé en tige. Ces chaumes, bien droits, verticaux, rigides, dépourvus de branches vers la base chez les plus forts, sont régulièrement espacés comme une futaie claire sur toute la surface envalue l’an dernier par les rhizomes de la plante Ce fait se vérifie même pour des plantes établies au printemps de 1905. Nous avons ainsi franchi en deux ans la première étape de culture de cette espèce qui paraît affectionner les terrains sablonneux humides, mais sains. La seconde étape consiste à obtenir le maximum de hauteur et de diamètre des chaumes. Nous n’avons, en effet, que des chaumes de 6 m. 50, soit environ la moitié de ceux que l’on obtient de cette espèce, sans soin, dans le Midi de la France. Nous comptons que, avec le temps (encore 6 ans environ), des soins méthodiques, dans les meilleures conditions d’exposition, de sol, de climat, nous obtiendrons exceptionnellement en Belgique ce que cette espèce produit sans soin dans le Midi de la France. ‘e précocité nous garantit presque toujours un

(1) On le remarque, mais d’une façon moins nette, chez Ph. aurca; chez les autres espèces il nous a tonjours paru un fait exceptionnel et isolé, ou le résultat d’un thraumatisme.

bon aoûtement des chaumes et, par conséquent, il sera bien rare qu'ils soient détruits par l’hiver. Nous pensons donc que cette espèce arrivera 1c1 à produire régulièrement des chaumes de 8 à 10 mètres (et par exception de 12 mètres), c’est-à-dire des chaumes vendables (1). Reste à savoir quelle sera la qualité du bois produit en Belgique. Il nous faut encore une dizaine d'années avant de pouvoir le dire.

La sortie des turions de Ph. wiolascens n’a pas été retardée parle froid et elle s’est effectuée complètementien 15 jours, ce qui est une période très courte, fait marquant bien l’unité de stade de développement. La température critique de cette espèce, c’est-à-dire le point où elle commence à pousser, nous paraît très peu supérieure à o° centigrades. Toutes les autres espèces bien établies, ont, au contraire, été plus ou moins retardées par le froid.

Une grande plante en terrain sec a perdu environ 1/3 de son feuillage ; les plantes, pettes et grandes, établies en terrain humide ont victorieusement résisté à l’ hiver, les plus atteintes n’ont que les bouts des feuilles grillés.

Pr

Cliché A. Drion.

PI. No XXV. — Phyllostachys viridi-glaucescens, K. Baden-Baden, septembre 1905.

120. Phyllostachys viridi-glaucescens, Rivière, en pleine terre offre l’exemple d’une espèce qui, sans craindre le froid, souffre à la fin du printemps quand ses jeunes chaumes sont presque entièrement développés. L'accident en question n’atteint que des chaumes latéraux assez vigoureux pour dépasser 3 ou 4 mètres. Quand ils ont atteint les 3/4 de: leur hauteur, leur énergie de développement fléchit, leur croissance s’arrête presque, les mérithalles de la cime

(1) Nous pensons que Ph. puberula et quelques-unes de ses variétés nous donneront des résultats analogues.

restent très courts et les branches de cette portion du chaume, à peine nées, jaunissent en partie, se désarticulent et tombent. Les grands chaumes restent à moitié dépouillés de leur ramure, 1ls ne sont pourvus que d’un feuillage pauvre et clairsemé. En 1907 nous avons encore observé ce fait sur toutes les plantes parvenues à une certaine vigueur, mais sur aucune de celles qui sont encore faibles, et il ne nous a pas encore été possible d’en déterminer la cause. Les jeunes chaumes sont sortis en avril et mai 1907 avec moins d'ensemble que en 1906, et quoique la température critique de l’espèce nous paraisse vers -L 5° seulement ou même un peu au dessous, le froid en a certainement ralenti la croissance.

Le feuillage de nos plantes n’a presque pas été gâté par l'hiver, quelques cimes sont à peine un peu roussies ; à Marlagne cette espèce a conservé environ 1/4 de son feuillage. C’est donc avec Ph. mgra-punctata une plante très précieuse pour les climats rigoureux etles terrains compacts.

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