‹ Bandages et appareils à pansements, ou nouveau système de déligation chirurgicale (volume 2)Chapitre 22 sur 84 · PANSEMENTS AVEC LE COTON · texte numérisé non relu

PANSEMENTS AVEC LE COTON

qu'avec de larges et épaisses couches de cette RUE vote si délaissée et si mal comprise.

Nous envisageons ces masses cotonneuses eéxaciement comme un cataplasme, et nous lui donnons même, en souriant , l'épithète de cataplasme sec, 11 y a plus : nous traitons aussi ce prétendu cataplasme, précisément comme nous . avons coutume de le faire avec le cataplasme humide; c’està-dire , que , dans tous les cas où la chose peut être utile et nécessaire, pour arrêter et fixer mieux un topique, nous lui associons un léger treillis en fil de fer, dont quelques dispositions sont également applicables au coton. (Voyez plus bas le chapitre cataplasme.)

Là donc où, précédemment et à l'exemple des meilleurs praticiens , nous croyions ne pouvoir mieux agir, pour parer aux accidents ou les prévenir, qu'en faisant usage des évacuations sanguines locales, des irrigations continuées, des applications glaciales, des bains, des cataplasmes émollients, etc. ; nous n’employons plus, maintenant, que des masses de coton très fin et bien cardé, et nous les laissons en place et sans y retoucher, pendant tout le temps nécessaire.

Mais s’il existe des solutions de continuité dans les parties molles, et qu’au bout de six ou huit jours, plus ou moins, l'odeur qu’exhalent ces lésions nous engage à lever le premier appareil, nous ne trouvons presque rien d’insolite. L'inflammation et le gonflement semblent avoir été enrayés, et il ne nous reste autre chose à faire qu'à continuer l'usage du même moyen, de panser à sec, ou d’enduire le coton ou la ouate d’un simpie cérat, tout comme s’il ne s'agissait plus que de plaies simples et tout ordinaires.

On à , du reste, déjà éprouvé et signalé le bon effet du coton dans une affection inflammatoire où nous manquons rarement de l'appliquer à l’hôpita!, c’est l'érysipèle.

La charpie, même la plus recherchée, n’est pas assez légère, mollette et élastique, pour pouvoir lutter'ici avec le coton (1). Il en serait de même lorsqu'on voudrait confec-

(1) La charpie à trop üe disposition à devenir compacte et à se durcir, défaut qu'elle ne perd pas complétement, lors méme qu’elle est rendue entièrement cotonneuse, par l'effet de la carde.

Peut-être que la sote, effilée et cardée, approcherait davantage du

tionner des paillassons, des coussins : la plus belle charpie

ne vaudrait pas, dans ce but, le plus mauvais coton : celui-ci, fût-il à l'état de rebut, serait toujours préférable à la balle d'avoine, qui, seule ou.à peu près, est en usage aujour— d'hui.

Mais, puisque la raison et les faits sont d'accord pour plaider et prononcer en faveur du coton, d'où peut donc provenir l'éloignement presque général qu'on manifeste pour cette substance , et quels peuvent être les motifs qui ont fait ainsi mettre à l’index.un des plus puissants et des plus chauds amis de l'humanité ? |

C’est que, sans aucun doute, le coton a très souvent et cruellement envenimé des plaies simples, occasionné le charbon, et porté la peste et la désolation chez les peuples. L'impression de ses ravages est restée, et le coton a été signalé comme venimeux dèsia plus haute antiquité : les imagsinations vulgaires en ont été terrifiées ; celles de presque tous les chirurgiens n'ont pas été exemptes de cette panique populaire ; et elle contribue, aujourd'hui encore, à entretenir l'épouvante générale , et à prolonger le ridicule et fatal arathème.

Mais à qui est-il donné de calculer les effets, l'influence de Ja peur, voire même celle du coton? Aussi, voyez, je vous prie, si jamais on a seulement osé soulever cette question : « Serait-il licite, dans les cas d’absolue nécessité, de recourir au coton comme objet de pansement? » Oh non ! l'hérésie aurait cté trop forte ; et cependant, on n’a pas balancé à se servir de laine, d'étoupe, de mousse, de foin même, comme chacun sait. C'est que chacun s’écrie, encore tout effaré ! Matheur ! trois fois malheur à l'homme et même à

coton, sous ce.rapport, et qu'elle pourrait lui être substituée, dans quelques occasions rares et exceptionnelles.

La laine trés fine, et parfaitement dépouillée de tous corps étrangers, serait probablement encore dans le même cas.

Du reste, je ne prévois guêre de circonstances où le coton pourra nous manquer, et où il sera question de se mettre en quête, pour lui trouver un substitut convenable,

Cest alors que la charpie pourra revendiquer tous ses droits antérieurs, et que le corps remplacé jouera, à son tour, le rôle de remplaçant. Mais cette restauration ne sera que de bien courte durée, el n'aura, j'espère, pas de conséquence fêcheuse.

Page 1