SU CN
Le nombre des comptes-courants élait de 9,032, vers la fin de 1891, contre 2 245 en 1876 et 201 bureaux (sièges, succursales, agences) participaient aux versements.
Ce résultat est d'autant plus beau que la Banque de l'Empire ne sert pas d’intérèt pour le solde créditeur, et qu'elle en exige l'existence pour un minimum déterminé.
Dans le début, certains économistes craignaient que l'exigence d’un solde créditeur minimum, empêchât un
grand nombre de commerçants d'avoir un compte-courant à la Banque. Eu effet, disaient-ils, plutôt que de laisser inactive une somme aussi importante, beaucoup de négociants se dispenseraieñt d'un compte-courant. Mais la Banque a su compenser cet inconvénient par les nombreux services qu'elle rend à ses clients, en opérant des versements de place. er place, des recouvrements d'effets, ete... Il convient, en outre, de tenir compte de ce fait, que la liste des titulaires des comptes-courants est publiée chaque année, qu'elle se trouve non seulement dans les succursales, mais partout dans le commerce ; que le fait d'être titulaire d'un compte-courant donne du crédit au commerçant, et constitue un premier indice de solvabilité en sa faveur.
La preuve de ce que nous venons de dire dans ce fait, que les commerçants ne manquent jamais de mettre sur leurs factures ou adresses, la mention qu'ils sont titulaires d'un compte-courant à la Banque impériale. Voilà pourquoi nombre de commerçants se décident à laitser improduective une somme assez grande, afin d'obtenir une certaine considération sur le marché.
Ce minimum varie selon la profession du titulaire du comple et sa solvabilité probable. Le minimum du solde créditeur est à Berlin de 2 à 3 mille marks et en province de mille. I y a toutefois des banquiers dont les affaires avec la Banque sont considérables, dont on exige un minimum créditeur de quelques millions.
M. Jolly, dans son rapport au ministère des finances,
évalue le total du solde créditeur minimum des 8 mille titulaires de compte-courants (1) à plus de 60 millions de marks. Certains économistes allemands leur attribue une importance bien plus grande, ilsestimentque leurensemble
monte à la moitié du total des sommesdéposées en compte-
courant. Nous ne pouvons dire quel est le montant exact de l’ensemble du solde créditeur, mais un fait est certain, c'est qu'il représente une somme assez élevée.
“C'est pourquoi, certains économistes allemands ont vu là pour la Banque un véritable danger. En cas de crise, disent-ils, on ne manquera pas d'en exiger le remboursement, quitte pour chacun à faire solder son compte. Ils font remarquer que si le système a paru jusqu à présent irréprochable, c'est parce que la Banque a eu l'heureuse fortune de ne traverser, depuis sa fondation, aucune crise sérieuse. Ils demandent, pour faire face à cette éventualité, une encaisse métallique du tiers de tous les engagements à vue de la Banque, v compris les dépôts en comptecourant.
Mais sur ce point, l'expérience a aujourd'hui prononcé ; elle prouve qui si dans les oscillations de hausse et de baisse, le minimum dans le montant du G C. du trésor et de celui des particuliers coïncide avec la crise, il ne descend pas, ou à quelques milliers près. plus bas dans le moment des crises qu'en temps normal. Nous croyons que la Banque ne court de ce fait aucun danger. D'ailleurs son encaisse et le montant de son portefeuille ont été constam-
(1) C'est le chiffre de 1888.
noie
ment au-dessus de la circulation fiduciaire augmentée du crédit des comptes-courants.
En demandant l'existence d'un solde eréditeur d'un minimum aussi élevé, la Banque a voulu non seulement se couvrir éontre tout risque de perte, mais elle à eu surtout en vue d'augmenter son encaisse métallique, si le solde créditeur est remis en espèces, ou diminuer le montant de sa cireulation fiduciaire si la remise en est faite en billets de banque.
Dans les deux eas, c'est pour la Banque un moyen d'éviter, autant que possible, d'atteindre la limite au-delà de laquelle l'impôt sur la circulation est dû. C'est en administrant sagement les comptes-courants et en opérant des compensations gratuites entre les comptes des clients mêmes de sièges différents, que la Banque de l'Empire a su attirer à elle presque tous ceux qu’un mouvement de caisse considérable oblige d'avoir à chaque instant à leur disposition un fonds de roulement énorme. Beaucoup d'entre eux sont en sous-ordre de véritables centres de dépôts et comptes-courants. Le grand nombre des succursales de la Banque d'Allemagne, disséminées un peu partout, a puissamment contribué à ce résultat, et a fait de chaque grand entrepreneur ou producteur, un client de la Reichsbank. Un des motifs qui a puissamment contribué au développement des comptes-courants est le suivant :
A l'époque de la réforme monétaire (1876), l'or n'était pas très abondant et, pour ne pas en augmenter le prix, on évitait d’avoir recours à des achats trop répétés. D'un
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autre côté, son déplacement coûtait cher, et l'emploi du billet de banque n'était pas commode non plus à cause de la multiplicité des banques d'émission et de leur cours facultatif. La création et le développement des comptescourants, rendit moins fréquent le besoin de numéraire et facilita la réforme. Aujourd’hui encore le compte-courant facilite la retraite des anciens thalers.
Pour faciliter la liquidation des payements de chèques et la livraison des valeurs mobilières, la Reichsbank a établi des Chambres de compensation dans dix-neuf grands centres, toutes les grandes banques et grands banquiers de la localité y sont affiliés. Les Chambres de compensation é.ablies selon le modele des Clearing-Houses, fonctionnent à Berlin, Brème, Breslau, Cologne, Dresde, Francfort-surle-Mein, Hambourg, Leipzig et Stultgart. La Banque de l'Empire y intervient à deux titres ; d'abord pour compenser les droits et obligalions, et ensuite pour tenir les écritures et insérer au compte de chacun, le résultat des opérations failes. Le chiffre total des affaires traitées dans ces Clearing-Houses montait pour la seule année 1888, à 19,393,603,878 fr.
C'est la convention du 4 février 1883, entre 17 des plus grands rétablissement de crédit de Berlin qui a élabli une chambre de compensation auprès de la Banque im périale. Il y avait avant le Berliner cassenverein (Société ou syndicat de caisses). Les sommes compensées au Cassenverein se montent à 19 784 millions de marks en 1881,
* somme de beaucoup supérieure au 9.583 millions de 1876.
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En 1877 la spéculation à fait monter les compensations à un chiffre inconnu depuis, elles ont atteint la somme énorme de 26 1/2 milliards.
Extrait du rapport de M. l'inspecteur Jolly au ministre des finances
Règlement de la chambre de compensation de Berlin
en vigueur depuis ie 187 mars 1884
La Banque de l'Empire et les banquiers faisant partie de la chambre de compensation envoient chaque jour
ouvrable à la chambre aux heures indiquées ci-dessous (1) (1) IT IV et VIII.
un de leurs commis munis des pouvoirs nécessaires.
IT
Les effets destinés à être compensées doivent être classés et revêtus du timbre de la maison de Banque qui les présente : Les lettres de change et les mandats de payement doivent être acquittés.
La chambre de compensation est ouverte à 8 heures 3/4 du matin. À 9 heures les commis occupent leurs pla-
ces : Au signal donné par le Président de la séance, les
opérations de compensation commencent. Chaque commis remet aux représentants des Banques débitrices, les effets qui les concernent avec un bordereau récapitulatif (formule A) reproduisant le total du bordereau. Le cessionnaire remplit et signe le certificat, et le restitue au cédant.