‹ Banques populairesChapitre 1 sur 68 · A MONSIEUR ISAAC PEREIRE · texte numérisé non relu

A MONSIEUR ISAAC PEREIRE

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Je vous dédie l'édition française de mon ouvrage, les Banques populaires, parce que je sais depuis 1830 combien les souffrances des classes laborieuses vous touchent, parce que je sais ce que vous et votre frère avez écrit et fait pour l'amélioration de leur état, et enfin parce que je connais vos études, vos intentions et votre amour constant pour le bien de l'humanité.

Ce n'est pas à moi à louer les ouvrages remarquables que vous avez publiés avec et sans votre nom, et en particulier les derniers, qui sont des vrais chefs-d'œuvre de science financière et de haute banque. Ce n'est pas à moi non plus à dire le bien qui est résulté des grands établissements que vous et votre frère avez fondés en Europe.

Ce n'est pas à moi , enfin , à parler des grands bénéfices que la fraternité européenne retirera de la fondation des collèges internationaux à laquelle vous travaillez avec MM." Michel Chevalier, Cobdcn et d'autres amis de l'humanité.

Ce qui m'intéresse directement, immensément, c'est que dans tous vos projets, vous n'avez jamais oublié les doctrines généreuses que vous avez professées; doctrines qui ont pour drapeau la maxime, que toutes les institutions sociales doivent avoir pour but l'amélioration du sort moral, physique et intclleclnol de la classe la plus nombreuse, la plus pauvre : doctrines de Saint-Simon, d'Olinde Rodrigues, de son frère Eugène et de tant d'autres qui se sont distingués dans les sciences, dans les arts et dans ces entreprises colossales fondées en Europe depuis plus, d'un quart de

siècle et qui ont pour but la prospérité générale , le progrès. C'est que dans l'intérêt des masses vous avez donné le premier modèle du crédit mutuel, que je publie aussi dans mon ouvrage, fondé sur le principe, que c'est un devoir pour ceux qui sont en haut {venus d'en bas sans exception) d'élever ceux qui sont en bas.

Ce qui m'intéresse c'est qu'après avoir professé les principes de Saint-Simon (à qui l'histoire de l'humanité a assigné une page qui deviendra plus grande encore à mesure de l'avancement de la civilisation), et les principes de ceux qui soutiennent que la régénération des classes ouvrières doit venir d'en haut, des gouvernements, des classes et des personnes les plus éclairées et les plus capables de la société; vous ne reniez pas le principe contraire, celui de Schulze-Delitzsch et des Probes Pionniers de Rochdale, qui a créé les sociétés aide-toi toi-même, l'indomptable mouvement qui s'élève des fonds de la société d'où sont sortis les grands bienfaiteurs de l'humanité, Jésus- Christ, les Apôtres et tant d'autres, car dans les Statuts de la Banque de Savoie, ainsi que vous les projetiez, et dans ceux des grands établissements de crédit que vous comptez fonder en France, vous avez admis les prêts et les avances aux sociétés coopératives de toute espèce.

Cest pour toutes ces raisons que je mets mon travail sous le patronage de votre nom, et je vous répète aussi à vous ce que je répète à tout le monde :

La Coopération doit transformer Tindustrie humaine , émanciper profondément les classes ouvrières, moraliser le monde; et celui, qui seconde ce mouvement organique, fait une œuvre de la Providence.

Mon cher Monsieur et allié, je vous serre la main dans la pleine confiance d'avoir fait une bonne action en vous recommandant la cause de Schulze-Delitzsch et des Probes Pionniers, c'est-à-dire, de la démocratie, cause que vous avez appris à aimer et à servir avant moi.

Plein d'estime, je suis

Voire liès-an'eclionné FRANCESCO VIGAKO

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