‹ Banques populairesChapitre 14 sur 68 · ACTIF PASSIF · texte numérisé non relu

ACTIF PASSIF

Intérêts sur capitaux prêtés L. 3,815,499 30 Intérêts à payer aux déposants L. 3,053,023 16. sur effets publics » 374,888 80 Traitera, et rémun. aux employés » 158,323 69 Bénéfice sur la vente Frais d'adminis., perte subie dans

des effets publics . » laventedeseff.publ.etfraisdiv.» 87,240 75

Revenus divers . . » 24,770 46 Bénéfice annuel augmentant les

fonds de réserve .... » 916,570 96 L.4,215,158 56 ' L. 4,215,158 56

II y eut aussi des revenus que nous avons comptés dans la balance de patrimoine

Actif, produit par la hausse d'effets publics et par diverses causes L. 75,015 21 Passif, produit par la baisse d'effets publics, par des cas

imprévus et rectifications L. 709,296 95

pour sommes allouées à des œuvres de bienfaisance » 96,014 71

On doit recommander à la Banque d'épargne de la Lombardie de ne pas trop s'associer à la Banque nationale; ce n'est pas là sa mission. Qu'elle ne se laisse pas trop entraîner par les instincts mercantiles, qu'elle n'abandonne pas son terrain qui est solide, fécond, impérissable. Les deux banques ont un but différent. Si les propriétaires, les riches viennent à elle, qu'elle les accueille bien, mais sans laisser dénaturer son institution. Le travail et les travailleurs, le principe et le but, voilà à quoi doit viser une bonne Direction de Caisse d'épargne. Si elle fait des bénéfices en tenant en dépôt à la Banque deux ou trois millions au 4 p. y^,, qu'elle les emploie à faire du

bien aux classes pour lesquelles les Caisses d'épargne ont été fondées. Elle pourrait, du reste, retirer de cet argent autant que la Banque obtient de ses cliens, qui, en leur remettant des valeurs en papier, fait payer, pour escompte de leurs lettres de change, le G, 7, 8, et même le 10 p. //. Il est vrai que la Banque lui sert de caissier, qu'elle reçoit et paie pour elle en province, mais la Caisse d'épargne paie assez cher ce service en faisant circuler ses billets, sans lui demander ni récompence ni provision. Ces denx établissements doivent se traiter au moins en égal. Pour le bon emploi des fonds, la Caisse d'épargne, qui se limite h la Lombardie, ne le cède pas h la Banque qui opère sur tout le territoire itahen. Qu'on se garde bien d'établir la règle de recevoir en dépôt les billets de banque comme argent sonnant; je répète ce qui est arrivé en Amérique en 1857. Une crise éclata et fît baisser la valeur des billets de banque. On allait à la Caisse d'épargne les déposer au pair, puis, le lendemain, on allait se les faire rembourser en argent comptant, qui, à peine hors de la Caisse, se changeait de nouveau en billets, c'est-à-dire en achetant 120 dollars papier avec 100 dollars argent, et on reportait ces 120 dollars à la Caisse d'épargne. Cette volerie dura plusieurs jours. Sans doute nous n'avons pas à craindre ces dangers. Mais aujourd'hui le monde financier est si plein de coups inattendus, qu'il est bon de toujours les prévoir.

A Rome la Caisse d'Epargne fut fondée en 183G sous d'heureux auspices: elle fait encore des affaires de prêt et d'escompte. A en croire Poggi et Nisco elle fait avec succès des opérations de banque foncière, et essaie aussi de faire des prêts agricoles sur crédit personnel, comme les banques d'Ecosse. Elle paie le 4 p. %.

Dans les Marches, dans la Romagne, dans l'Ombrie, etc., on distingue entre autres les Caisses d'épargne d'Ancône , Ferrare, Pérouse, Rimini, Bologne, Ravenne, Césènc, Vitcrbe. On en a compté jusqu'à 4G. Je n'ai que peu de données à ce sujet; je sais seulement que la Caisse de Bologne destine annuellement une partie de ses bénéfices à secourir ceux qui dans l'industrie ont le talent mais manquent des moyens de faire progresser leur état, et qu'elle a contribué pour 150,000 francs à une entreprise dont le but est do donner des habitations salubrcs à la population pauvre et laborieuse. Grâces lui en soient rendues.

A Florence il y eut en 1829 un commencement de Banque d'épargne, et une institution régulière en 1835. Celle Banque reçoit les dépôts de 10 à 50 paoli, dont les intérêts commencent à courir dès

le lendemain, tandis que les dépôts au-dessus de 10 florins ne portent intérêt qu'après quinze jours ; les premiers sont remboursables à première vue, les autres quinze jours après demande; intérêt 3 p.y^, livrets au nom du propriétaire. Elle a plusieurs succursales de première et seconde catégorie. Dans cette Toscane, qui la première a mis en pratique plusieurs principes libéraux en finances, et même le libre-échange avant que les écrivains et les Gouvernements y eussent pensé, la Caisse d'épargne fut peut-être aussi la première d'Europe qui introduisit le principe lumineux, progressif et juste de mesurer sur l'importance des affaires une partie des salaires des employés. Ce système est suivi dans plusieurs villes américaines, et explique la fortune de ces oncles d'Amérique que l'envie, l'ignorance et la paresse attribuent à des opérations peu honnêtes ; il est suivi aussi par les Sociétés d'avances de Prusse, sociétés utiles et prodigieuses par les services immences qu'elles doivent rendre à l'humble classe des producteurs pas aisés; je regrette d'être obligé d'attendre encore pour en parler d'une manière plus étendue. Depuis 1861 la Caisse d'épargne de Florence fait ses comptes en monnaie italienne.

A Turin la Caisse d'épargne commença ses opérations en 1827. Elle n'a pas fait encore tout ce qu'on pouvait attendre d'un centre si important dans le passé, le présent et l'avenir. Maintenant le Gouvernement devrait publier une statistique exacte des Monts de piété, des Caisses d'épargne, des Monts de marchandises (i).

Frange. A Paris la première Banque d'épargne fut fondée en 1787, et à la fin de décembre 1859 elle avait 444 Caisses, dont:

88 dans les chefs-lieux de département

243 » » » d'arrondissement

112 i> » » de canton

1 » ï ï de commune.

Les opérations se font avec un grand ordre et une grande semplicité, le système de comptabilité en est admirable, et permet de voir

(1) Après la publication de l'édition italienne de ce livre le gouvernement, les autorités des provinces et même de simples particuliers comme Maestri et Correnti, Castiglioni, DelPAqua de Milan, les sociétés d'encouragement de la Valtelline, de Bergame, les frères Ostinelli de Come, Plebano et Musso, et d'autres ont publié d'intéressants ouvrages statistiques sur la population , sur le mouvement commercial . sur les finances italiennes , etc.

à chaque instant l'état général et particulier de chaque étabhssement; aussi peut-on faire par jour un grand nombre de versements. On a obtenu encore une grande réduction dans les frais. Les livrets sont nominatifs.

Voici le mouvement général de leurs crédits en 1860:

Crédits des déposants au 1.^^ janvier 1860 . Fr. 338,584,720 16

Versements de l'année » 161,764,423 74

Intérêts alloués aux déposants » 12,560,416 15

Arrérage de rentes touchés pour eux . . » 291,605 23

Total Fr. 513,201,165 28

Remboursements en rentes Fr. 11,598,734 16 Versements à la Caisse des

retraites .... » ^^2,936 00

Espèces » 124,308,502 71

Fr. 135,930,172 87 » 135,930,172 87

Crédits des déposants au 31 décembre 1860 Fr. 377,270,992 41

Livrets existants au 1. janvier 1860 .... 1,125,593

Livrets ouverts dans l'année 220,204

Livrets reçus par transferts 8,748

En tout 1,354,545

Livrets existants au 31 décembre 1860 1,218,122

Hollande. Je n'ai pas de données récentes sur la Hollande; je sais seulement qu'en 1830 elle avait 50 Caisses d'épargne, 47,000 déposants, et 2,771,601 florins de dépôts. Elles doivent leur naissance à la Société du bien public, qui donne un intérêt de 3 à 5 p. %, les administre avec une économie admirable, et les protège, avec beaucoup de soin. Quand la Belgique se détacha de la Hollande, le progrès de ces Caisses continua, car cette institution est tout à fait adaptée aux mœurs des Hollandais.

Les Caisses d'épargne fleurissent aussi en Suède et en Norvège, mais je n'ai pas à leur sujet de données suflisantes.

Allemagne. En 1778 on vit à Hambourg la première Caisse d'épargne, celles des domestiques. Oldenbourg en eut une en 1789. Alloua et r.œllingue en 1801, Nassau en 1816. Dans le tableau, page 83,

on verra leur situation et celle des autres Caisses allemandes dont j'ai

pu avoir quelques renseignements.

Prusse. Elle eut bien vite ses Caisses d'épargne: Berlin en créait une en 1818, A dater de cette époque il s'en fonda partout dans ce royaume, et, à la fin de 1849 il y en avait déjà 211 avec une dette de fr. 62,090,212 50 envers les déposants. Il se forma aussi d'autres établissements, peut-être plus efficaces : ce sont les Banques de crédit populaires, ou Sociétés d'avances, où les familles, les amis et les subalternes des membres de plus de 600 de cette espèce d'union déposent leurs épargnes, presque toutes au 4 p, y^, et servent ainsi à augmenter le capital de circulation de ces établissements de crédit si utiles aux classes peu aisées,

Etats-Unis d'Amérique. Le première Caisse d'épargne fut fondée à Philadelphie en 1806.

Suisse. Les Suisses eurent de bonne heure aussi les Caisses d'épargne, si conformes à l'esprit de leur vie politique, La Suisse est peut-être le pays où elles sont le mieux organisées. Berne fonda la Caisse des domestiques en 1787, celle de la bourgeoise en 1823, Bâle en fonda une en 1794, Coire en 1799, Zurich en 1805 sur le modèle de celle de Hambourg. Elles durent leur naissance, les unes à l'Etat, les autres aux Communes, d'autres à des actionnaires. Maintenant il n'y a pas un bourg qui ne se fasse honneur d'une Caisse d'épargne, d'une succursale ou au moins d'une agence. La Suisse aura bientôt ses banques d'avances, et ce sera un grand bien pour ce peuple fort, libre, florissant, heureux et moral.

Angleterre. Ce pays est la vraie métropole des Caisses d'épargne. De Gérando dit qu'une Banque de charité fondée en 1804 fut le berceau de cette institution salutaire; que la Banque de charité elle-même avait été formée sur le modèle d'une banque pour les enfants, ouverte six ans plus tôt. Quatre années s'étaient écoulées avant que l'exemple fut imité, quand parut à Balh un Institut de prévoyance. L'existence de ces établissements resta ignorée jusqu'au moment où Henri Duncan, ministre de Dunfrie , fonda la Banque d'épargne de Ruthwcl en mai 1810, William Forbes celle d'Edimbourg en 1813. Ils firent plus tard connaître les statuts de ces Banques, leurs avantages, et en devinrent les propagateurs. Celle de Londres s'ouvrit sous la présidence de Thomas Baring, le 22 juillet 1826.

Elles prospérèrent si bien que l'Etat s'offrit à elles comme dépositaire de leurs fonds. Leur administration fut ainsi simplifiée, bien

qu'il ne soit pas très-juste au fond que l'Etat et tous les citoyens aient à payer les intérêts des déposants. La confiance que l'on a dans le Gouvernement a peut-être contribué beaucoup à augmenter la somme des épargnes, qui maintenant s'élèvent à plus d'un milliard.

Pour les derniers renseignements statistiques, consultez le tableau et la note : Caisses d'épargne de l'Angleterre et le Supplément. L'année dernière on a introduit une nouveauté excellente dans les Caisses d'épargne anglaises. Chaque bureau de poste, comme s'il était un agent de la Caisse d'épargne, reçoit des déposants à partir d'un schelling, et le remet aux Caisses principales à l'époque et de la manière déterminée d'avance. Que peut-il y avoir de meilleur qu'un tel moyen pour généraliser les grands bienfaits des Caisses d'épargne? W.

Parys, dans une relation sur les Caisses d'épargne anglaises, affirme, en apportant les preuves à l'appui, qu'à mesure que s'accroissent les Caisses d'épargne, la taxe des pauvres diminue.

Les déposants avaient un crédit de 22 millions de Livres sterlings en 1840, de 29 millions en 1844; en 1845, 1858, 1859 et 1860, ils avaient ce qu'on verra dans les tableaux suivants.

(1) Voyez le fragment <lo Iti relation sur la visite de l'exposition do Londres (1863) par les ouvriers italiens. On y trouve l'cxplieation du mécanisme des (^aïsnés d'i'pargne poslalca. — Voyez aussi le Supplcmenl.

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