Les intérêts des sommes à rembourser cessent
(1) On a déjà dit que depuis ]p 1."^ jiinvipr ]Mi la Caisse d'éparjynf (]r Afi);!!! paip 4 p. "/„ an-v df^'pnsant-;.
Pour les sommes de remboursement immédiat, avec le dernier joui de la décade qui précède le paiement;
Pour les sommes qui nécessitent l'avis, avec le dernier jour de la décade qui précède l'échéance de l'avis. A partir de ces jours les sommes refusées ou laissées restent à la Caisse comme dépôt sans intérêt.
8.° Si les dépôts ou les paiements tombent dans les jours 10, 20 et 30 du mois , alors les intérêts courent ou cessent à partir du même jour.
9.° Le paiement des intérêts n'a lieu qu'avec le solde du livret ou après la liquidation annuelle.
10.° La liquidation se fait le 31 décembre de chaque année. A cette époque on arrête les comptes, et on opère la capitalisation des intérêts qui ont couru jusque-là. Cette opération se fait sans qu'il soit nécessaire de présenter le livret.
Les parties sont libres de toucher dans le courant de janvier le montant des intérêts, sans avis préalable.
11.° La Caisse ne reçoit pas de dépôts, et ne fait pas de paiements sans la présentation du livret. Si le livret est perdu, on y pourvoit selon les circonstances après qu'il en a été donné avis par le dernier possesseur légitime. La notification doit en être faite à l'étabhssement même qui a émis le livret.
12." Personne ne peut se présenter dans un même jour à la Caisse pour verser ou se faire rembourser de l'argent avec plusieurs livrets.
13." Les livrets, qu'on donne lors du versement du premier dépôt, ou pour remplacer les livrets amortis, coûte 20 centimes (i).
(1) En 1824, pour encourager les classes laborieuses à profiter de la Caisse d'épargne, on publiait à Milan le roman e'conomique populaire du philanthrope Lemontey, roman déjà publié à Paris dans le même but. En 1851 je faisais imprimer un travail dont le but est indiqué par le titre: L'Ouvrier agriculteur , manufacturier et marchand, livre populaire proposé aux ouvriers pour les rendre industrieux et répandre au milieu d'eux les principes d'ordre, de probité, de tempérance, d'économie et de secours mutuels. Milan 18.51.
Caisse d'épargne annexée au Mont de Piété de Tnrin.
On peut donc aussi en quelque sorte ajouter à sa Caisse d'épargne son grand Mont de Piété divisé en deux sections : Mont de Piété à intérêt et Mont gratuit. L'un et l'autre sont d'une origine fort ancienne; on rapporte celle du premier à 1518, celle du second à 1579.
En 1816, le Gouvernement en a confié l'administration aux Œuvres pies de Saint-Paul.
Le premier n'a pas de capital proprement dit, mais il l'a tiré et le tire encore maintenant de dépôts volontaires des particuliers auxquels il paie, selon les circonstances, un intérêt de 4 à 5 p. //. Ces dépôts, qui atteignent la moyenne de deux millions de francs, sont remboursables après un avis préalable de trois mois. A la fin de juin et de décembre on règle et paie les intérêts, qui peuvent de nouveau être déposés en sommes commençant à 100 francs, sans limite qui détermine le maximum. Voilà la source intarissable des capitaux qui opèrent au Mont de Piété. Pourtant on ne paie aux déposants un intérêt que quand leurs fonds sont, de la Caisse des dépôts appelée Caisse de réserve, transportés à la Caisse active. Il est rare que les dépôts dorment sans porter intérêt, car j'ai vu des comptes-rendus journaliers où on disait que la Caisse de réserve était tout à fait vide.
Le mouvement de ces dépôts dans une année peut s'évaluer en moyenne à environ fr. 360,000 d'entrée, et à une pareille somme de sortie, c'est-à-dire à un mouvement annuel de fr. 720,000.
L'administration de la Caisse des dépôts est très-simple et d'une exactitude remarquable. D'un registre à souche on détache les reçus de largent qu'on dépose, et le premier jour de juillet et de janvier, les propriétaires reçoivent leurs mandats d'intérêts au nombre d'environ 2,000. Ils en touchent aussitôt le montant, et peuvent dans la même journée, s'ils le veulent, et comme cela arrive souvent, déposer l'intérêt qu'on leur a payé, et former un nouveau dépôt, et ainsi de suite. C'est de cette manière que le Mont de Piété de Turin opère comme une Caisse d'épargne, payant un intérêt plus fort que les Caisses d'épargne ordinaires, presque jamais moins de 4 '/^ p. "/^ (i). On tient se-
(1) Depuis le premier juillet 1864 elle paie 5 p. "/o-
crets les noms des déposants, et ce secret est peut-être un des motifs pour lesquels cette Banque d'accumulation jouit d'une grande confiance.
Avec un capital ainsi recueilli, le Mont prête sur gages, qui montent à environ 200,000, avec un solde de gages annuel montant à 85 ou 95 mille, d'une valeur de plus ou moins de fr. d, 700, 000, Ceux qui engagent paient à la Banque le 6 p. y^, outre un % p. /^ pour le billet de dépôt, et on ne prête pas moins de fr. 1 50.
Les gages doivent être rachetés dans les six mois à dater du dépôt, mais on peut les renouveler excepté ceux qui par leur qualité diminuent de prix. La vente des gages non renouvelés ou non rachetés se fait aux enchères pubUques préalablement annoncée avec l'indication du nombre et la description des objets. Ils montent à environ 8,000, d'une valeur d'à-peu-près fr. 100,000. La vente se fait en présence d'un administrateur, du secrétaire qui en reçoit les actes, et d'un expert. On a remarqué que les prix se soutiennent en général, surtout ceux des objets de lingerie, et qu'ils sont par conséquent avantageux à ceux qui engagent. C'est ce qui explique le nombre élevé des objets qui se vendent tous les mois.
La différence entre l'intérêt payé par les déposants et celui qu'on paie aux propriétaires des dépôts, constitue, tous frais déduits, un bénéfice annuel de 10 à 12 mille francs; ce bénéfice, bien qu'entamé tous les ans par des œuvres de bienfaisance, a formé un patrimoine qui s'élève aujourd'hui à environ fr. 200,000. Cette somme unie à l'excédant de la masse des dépôts (ceux qui sont à la Caisse de réserve) est convertie par l'administration en bons du Trésor et en titres de rente de l'Etat.
De la même administration dépend le Mont gratuit, tout à fait indépendant du premier. Créé en 1579 au moyen de dons particuliers, il possède maintenant en biens immeubles un patrimoine de plus de 200,000 francs, qui lui rapporte 12,000 francs nets.
Une partie de son patrimoine s'emploie à faire des prêts gratuits de 50 centimes à 10 francs, qui montent annuellement à une moyenne de 4,000. Cette Banque, destinée à la classe pauvre, refuse les objets qui portent un cachet de luxe, comme les montres, l'argenterie, les bijoux, etc. Ses gages sont d'une valeur à peu près de fr. 1, 70. On a donc le fonds de roulement de cette Banque en multipliant le nombre des gages 4,000 par leur valeur moyenne de fr. 1 70 ; ce qui fait environ 6,800 fr. On voit donc encore ici clairement que le
pauvre a de la dignité, et que, plutôt que de se montrer à la Banque gratuite avec le caractère d'indigence avouée, il aime mieux emprunter en payant un intérêt. On le voit partout, on l'a déjà vu dans le traité sur les Monts de Piété et on le verra encore mieux dans le cours de cet ouvrage. C'est aussi ce qui explique le grand succès, en Allemagne et en Angleterre, des Sociétés coopératives fondées sur le principe efficace: Aide-toi toi-même. Le Mont gratuit de Turin pourrait prêter sans intérêts plus de 100,000 fr., et il n'en prête pas 7,000.
Le revenu de cet établissement est destiné à des services religieux, à des usages pieux déterminés par les fondateurs, et, s'il y a quelque reste, on l'emploie à secourir les pauvres honteux, but principal des Œuvres pies de Saint-Paul , parmi lesquelles flgure le Mont gratuit. Les dépenses de cet établissement montent à fr. 3,200, y compris le loyer du local que Ion compte, quoiqu'il lui appartienne. Ce que l'on dépense pour les ventes publiques des gages non rachetés est tout à la charge de l'établissement; ces gages ne s'élèvent pas au-delà de 400.
L'administration des deux IVIonts et celle des Œuvres pies de Saint- Paul est composée d'un président, d'un vice-président nommés par le roi, de vingt-quatre directeurs, dont douze nommés par le Municipe, douze par le Ministre de l'intérieur. L'administration complètement gratuite du président, du vice-président et des directeurs, est surveillée par un Comité permanent composé de 6 membres nommés chaque année dans le sein même de l'administration. Il y a environ 35 employés rétribués.
Derniers résultats des Banques d'épargne ordinaires de Londres.
Voici ce qu'écrivait, le 12 mars 1863, Edward W. Brabrook F. S. A., un des surintendants du Comité de la Caisse d'épargne occidentale de Londres.
« Les détails suivants, que j'ai recueillis en analysant le rapport qui vient d'être publié sur les Caisses d'épargne , méritent d'être connus.
L Pour les employés. Le 20 novembre 1862 il y avait dans le Royaume-Uni 640 Caisses d'épargne avec 692 employés gratuits et 1336 employés rétribués. Les employés gratuits prêtent en moyenne une garantie de L. 585, les employés rétribués de L. 280. Les garanties réunies montent à L. 778,375, tandis que les salaires et les gratifications ne montent pour chacun qu'à L. 92, en moyenne.
II. Pour les fonds il y avait 1,609,103 comptes ouverts avec une somme d'au moins L. 41,542,220 à leur crédit. En d'autres termes les déposants avaient l'un dans l'autre L. 26. Cette accumulation énorme se classifie ainsi:
Converties en titres de la dette publique . . . L. 41,391,034 Existantes près des communes à fonds séparé . » 360,775 Reposantes entre les mains des trésoreries des Caisses des Banques » 317,061
On voit que pour les Caisses d'épargne il y a un surplus de plus d'un demi-million. Il est vrai que quand l'argent arrive au Bureau de la dette nationale, il y a des causes qui occasionnent une perte, évaluée par M. Scratcheley à environ 5 millions; mais, comme dit Gladstone, les Banques d'épargne n'ont pas à en souffrir. L'argent qui est dans les mains des trésoriers est considérable, mais il est plus que couvert par leurs cautionnements. L'intérêt moyen accordé aux déposants est de L. 2 19 schellings p. %. Les frais généraux d'admini-
(1) Cette somme multiplie'e par fr. 25 22, valeur en francs de la livre sterling, forme la somme énorme de fr. 1,060,976.901 40. C'est une dette de TEtat !
slralion ne dépassent pas six schellings et cinq pences pour cent livres de capital.
III. Pour les opérations. D'après les rapports présentés les opérations de l'année peuvent s'évaluer à 1,840,988 de dépôts pour L. 7,955,000, et 1,010,116 de dépôts retirés pour L. 8,834,000, y compris les intérêts. On a ainsi en une seule année un mouvement général de flux et reflux de L. 16,789,000 (i). Le Bureau de la dette nationale a en outre accordé, par le moyen des Banques d'épargne environ 200,000 livres sterlings.
Ces détails ne se rapportent qu'aux anciennes Banques d'épargne ordinaires, et non aux Caisses d'épargne de la poste, sur lesquelles on n'a encore publié aucun rapport détaillé.
(1) Ce qui veut dire que la Banque de Londres où arrivent tous les dépôts, et d'où partent tous les remboursements et les conversions en rentes publiques, a, en 1862, payd pour les déposants fr. 423,418,680. En déduisant 60 fétcs, tant religieuses que nationales, clic a un mouvement journalier de fr. 1,388,257! VicàniV Banquet {lopulaires. M
Caisses d'épargne de Bologne et de Ravenne.
Bologne.
Celte Caisse fut fondée en 1833, avec un capital de francs 26,000. Malgré la faiblesse de ces ressources, elle a pu en peu de temps déployer une grande activité, et aider énergiquement, pour les amélio-* rations, les propriétaires de terres, les petits possesseurs agricoles et même les commerçants.
Pour l'emploi de ses dépots elle revêt le caractère d'établissement de crédit agricole, sans pourtant s'écarter en rien des sages principes de son institution spéciale.
Ses Statuts établissent qu'on doit affecter: le 60 p. // des dépôts, sur lesquels on paie le 4 p. "/, d'intérêt, à des opérations de crédit agricole. On prête d'ordinaire au 6 p. % sur lettres de change à deux signatures, de 1 à 6 mois, renouvelables si la Caisse se trouve en fonds et si l'on rembourse à peu près le quart de la dette à l'échéance ;
le 20 p. % sur prêts hypothécaires au 5 y^ p. /^, en admettant les paiements par fractions;
du dernier 20 p. y^ on prête une petite partie à des établissements publics, et le reste est consacré à l'achat d'effets publics et de valeurs mobilières.
Les comptes-rendus font voir clairement que c'est à elle que recourent l'agriculteur, le petit propriétaire, le petit marchant, puisque la moitié des miUiers de lettres de change entrées dans son portefeuille ne dépasse pas un millier de francs pour chacune. Sur 81 prêts hypothécaires, 19 sont de fr. 5,000 et au-dessous, 16 de 5 à 10 mille, 25 de 10 à 20 mille; il n'y en a que 23 qui dépassent 20 mille fr. : 12 de 20 à 50 mille, 8 de 50 à 100 mille, et 3 de 100 mille et plus.
Cette Caisse convertit une partie de ses bénéfices en œuvres de bienfaisance pubhque; elle a eu, de 1847 à 1851, le courage de prêter gratuitement fr. 18,640 40 à des artisans. Ces artisans n'ont pas tous rendu, ce qui a fait suspendre ce prêt bienfaisant. Dans son Uvre remarquable sur le crédit foncier et agricole, le Sénateur Salaiour attribue cet oubli du devoir aux circonstances poUtiques do 1848, 1849,
1850. Il déplore la suspension du prêt, en prononçant ces paroles généreuses : « Faisons des vœux ardents pour que l'expérience se renouvelle avec toutes les précautions qui peuvent la faire réussir, pour que la Caisse d'épargne de Bologne poursuive son œuvre bienfaisante et moralisatrice, en encourageant par ces prêts l'épargne, comme elle l'encourage déjà par les prix qu'elle donne chaque année aux déposants qui ont le plus besoin d'encouragement.
Pour moi, je crois que le résultat défavorable de prêt gratuit provient de causes plus profondes, de celles qui font que la Banque gratuite de Turin et d'autres villes prête si peu, et que les Banques presque gratuites de Berlin ne trouvèrent jamais à prêter la moitié de leurs capitaux, comme nous le verrons plus loin, en parlant des Banques d'avances. On ne voit d'ordinaire recourir à l'emprunt gratuit que ceux qui ont déjà un peu perdu l'amour-propre, qui ont transigé avec leur dignité personnelle, et à qui il coûte peu de manquer absolument ou relativement à leurs engagements.
On peut voir, à la Conclusion des Caisses d'épargne ce que je suggère et recommande, sur les moyens d'encourager de la part des Caisses d'épargne les prêts aux petits agriculteurs, aux manufacturiers, aux commerçants, aux travailleurs.
Pourtant il faut considérer que, sur fr. 18,640 40, ces pauvres artisans n'ont laissé, sans les rembourser, que fr. 11,G47 59, répartis en 88 prêts; tandis que 33 pertes subies sur lettres de change de gens plus aisés montent à fr. 74,299 12, 8 de ces valeurs, c'est-à-dire les deux tiers de la somme perdue, provenaient d'une personne jouissant d'un grand crédit par son revenu et sa position ; et, ce qui est plus important, c'était un administrateur suppléant de la Caisse d'épargne, un membre de la Banque, d'autres corps respectables. D'oîi il résulta que là aussi on dut adopter le grand principe que les administrateurs des grands établissements de crédit ne doivent pas faire d'affaires là où ils dirigent et administrent.
Celle Caisse a aussi prélevé sur ses gains une somme do 150,000 fr. pour aider la fondation d'une Société dont le but est d'assainir les maisons destinées aux classes pauvres, et d'en construire de nouvelles. Cette Société a compris mieux que d'autres la nécessité de satisfaire à l'hygiène, à la morale et à l'économie politique en améliorant la maison des pauvres travailleurs. Qu'elle soit mille fois louée!
Il m'en coûte de I avouer, mais .Mil;in, la métropole de la Bienfaisance, no s'est mis que bien tard à penser aux malheureuses habi-
dOO
talions des ouvriers; on a agi avec peine et on a commencé par où on devait finir, — Voici comment opèrent, dans les endroits où elles s'établissent, les Sociétés anglaises pour l'amélioration des habitations des pauvres.
On cherche et on visite les rues et les maisons habitées par l'artisan ou par le pauvre. On trouve souvent ces malheureux entassés dans des chambres d'un jour douteux, entourées d'ordinaire on plutôt toujours de fange et d'immondices, où l'air ne circule pas, ne se renouvelle pas, où il n'y a qu'une eau stagnante et infecte. La société achète, si elle peut, ou loue ces cavernes; elle y fait pratiquer des fenêtres, des portes, fait blanchir, sécher. On y fait travailler des serruriers, des maçons, des mécaniciens; on emporte la fange et le fumier, on nettoie les rues, on fait courir librement de l'eau pure dans des canaux faits exprès, et l'air circule et se renouvelle dans des maisons saines. Puis, quand tout est sec, on y loge les pauvres qui, pour jouir vraiment à prix modérés de l'usage et en quelques endroits même de la propriété relative des nouvelles maisons, s'engagent à observer certaines règles d'hygiène et de propreté.
11 se forme partout de ces Sociétés, car, bien qu'elle n'aient pas un but de spéculation mais seulement de bienfaisance sociale, les capitaux qu'elles emploient rapportent de 3 à 4 p. //.
Quand le capital augmente, on achète des terrains et on bâtit des maisonnettes au grand air, et non de ces forteresses, de ces casernes à loger des centaines de malheureux.
Les loyers augmentent toujours de prix, tout augmente: on ne peut plus acheter aujourd'hui pour dix francs ce qu'on payait il y a quelques années dix livres de Milan; les salaires de la plupart des travailleurs n'augmentent un peu que grâce à des efforts et des sacrifices extrêmes; quelques-uns, ou plutôt le grand nombre, principalement les travailleurs moyens et bas de l'Etat (les employés civils) sont encore comme ils étaient il y a un quart de siècle; ils ne peuvent lutter contre les besoins actuels, et le juge et autres employés pères de famille, doivent regretter de n'être pas marchands de cigares, ou charcutiers, on agonise digniteusement, on ne vit pas.
Ce n'est qu'après avoir dépensé des millions pour des routes, des jardins, des alignements de maisons, d'inutiles démolitions qui n'ont servi qu'à faire monter le prix des loyers, pour cent dépenses inutiles, qu'on a en 1862 (je parle de Milan), à grand'peine pensé aux pauvres habitations des ouvriers. En attendant, on les entasse dans une maison
comme une montagne, sans s'inquiéter des désastres physiques et moraux qui en peuvent résulter.
A Bologne et à Parme on a suivi un chemin plus logique, les soins furent plus immédiats, les bienfaits le furent aussi. Mais les Lombards sont bienfaisants, ils rattrapperont le temps perdu. Et on marche vers une époque ou presque chaque famille en proportion de son état aura son nid en pleine propriété.
Voici le résultat des opérations de la Caisse d'épargne de Bologne pour l'année 1861:
Elle avait un actif de L. 12,252,702 88
» un passif de » 10,688,300 43
Par conséquent un reste considérable actif de L. 1,564,402 45
et le 31 décembre de la même année elle restait en crédit de:
L. 1,197,451 87 par N. 13 prêts à des Etabhssements publics » 1,882,487 59 » 81 » sur hypothèque, » 187,423 23 » 11 » chirographaires, » 2,669,113 26 >» 57 » comptes courants sur hypothèque, » 5,513,901 16 «2466 » sur lettres de change et billets à
ordre, outre fr. 846,133 36 en effets publics et valeur mobilières.
Raveme.
J'ajoute ici la situation au 31 décembre 1861 de la Caisse d'épargne de Ravenne qui suit les principes de celle de Bologne
N. 6 crédits sur des Etablissement publics L. 90,623 44
» 15 » sur hypothèque .... » 81,363 10
» 33 » chirographaires . . . . » 94,776 43
» 2995 anticipations sur lettres de change . » 1,490,428 80
La Caisse d'épargne de Ravenne a un fonds propre de fr. 231,995 86, et on voit qu'elle escompte presque plus de lettres de change que celle de Bologne, et d'une valeur plus à la portée des petits producteurs, la
moyenne par lettre de change étant de fr. 2,398, tandis qu'elle est
pour Ravenne de fr. 497 63.
C'est vraiment un plaisir de voir les rapports annuels qui accompagnent les comptes-rendus des Caisses d'épargne italiennes; on voit que toutes cherchent à appliquer une grande partie de leurs gains au bien des classes pauvres.
Cette noble tendance fait honneur à l'Italie, aux personnes qui dirigent les Banques. Les Caisses d'épargne peuvent suivre librement leurs bonnes inspirations, parce qu'elles sont indépendantes, ce que ne peuvent faire celles qui confient leurs dépôts aux Gouvernements, moyen dangereux qui tend à faire endetter sans cesse les Gouvernements. Quels gains ne pourrait pas faire le milliard de l'Angleterre que l'Etat a reçu des épargnes successives ? Les centaines de millions des Caisses d'épargne de la France et d'autres pays? Car cet argent de l'épargne n'est pas employé à la reproduction des richesses; tous les citoyens doivent par l'impôt payer les intérêts, et un Français de Pondichéry, un Indien de Bénarès, un Russe de l'Amour, si ces dépendances étaient actives, devraient offrir leur obole pour payer leurs intérêts aux déposants des Caisses des métropoles.
On doit donc préférer autant que possible, le système appelé suisse devenu système italien, qui consiste à employer à la reproduction des richesses les fonds de ces Caisses.
Caisse d'épargne de Florence.
Dans le compte-rendu de décembre 1861 de cette Caisse d'épargne on doit remarquer les deux balances de patrimoine et de revenu; ce qui est dit au sujet de la participation des employés aux bénéfices; un tableau sur le mouvement de personnes qui font des dépôts et de l'argent déposé ; les propositions sur le moyen d'employer la réserve qui montait alors presque à un million ; les tableaux sur la quantité de ceux qui recourent aux Caisses ; la quantité des dépôts, des remboursements des dernières années et des deux semestres de 1861.
Pour les participations, voici ce que dit le rapport là où un œil peu exercé pourrait s'alarmer en voyant dans la balance qu'on a dépensé en gratifications fr. 18,700 33. tandis qu'on a déboursé pour les salaires fr 25,796 87. « Quand on connaît le système de notre institution, d'après laquelle les traitements sont formés d'une partie fixe et d'une partie variable, basée sur la masse des opérations et les résultats de la Balance, ce vice apparent devient une vraie qualité, parce que ce qu'on appelle gratifications n'est qu'une simple participation aux bénéfices. Si les gratifications entraînent fréquemment des abus, on doit recommander la participation comme susceptible des résultats les plus heureux dans toute association industrielle. Si l'on avait donc quelque chose à proposer, ce serait de changer le nom de gratification en celui de Participation aux bénéfices, expression plus propre, plus claire et plus juste ».
Voici le tableau des personnes, des sommes et du mouvement des dépôts dans les années 1858-59-60 et 1861.
Mouvement des personnes 1853
Consignation Je capitaux
pour épargnes . . N. 35,6 ÎO
Remboursements tic capitaux pour épargnes i> (5,019
Créanciers fie capitaux
pour épargnes ... » 28,332
Mouvement des contants.
Consignation de capitaux
pour épargnes . . Fr. 2,435,258 78 Fr. 2,296,152 32 Fr. 2,(99,805 16 Fr. 2,257,788 43
Remboursements de capitaux pour épargnes . » 2,569,163 38 » 3,792,253 98 » 1,793,548 48 » 2,349,497 29
Accumulation du crédit
pour épargnes . . » 10,521,489 12 » 9,391,739 25 »10,228,098 82 » 10,593,791 03
Accumulation du crédit
pourépargnes et dépôts » 16,462,897 93 1)14,462,770 81 «16,923,268 92 » 19,21 2,608 80
Ces résultats peuvent donner à refléchir, si l'on songe aux circonstances politiques et économiques de l'époque. Les conclusions seront toutes à l'avantage des déposants et des administrateurs des Caisses d'épargne de la Toscane.
Sur la manière d'employer une partie du surplus des bénéfices voici ce qu'on propose:
« Les moyens sont nombreux et peuvent consister ou dans l'emploi des capitaux ou dans le maniement des intérêts. Tontines, encouragements donnés à des industries utiles, instruction, éducation, hygiène pour les pauvres, embellissements, agréments d'une ville qui doit attendre d'eux sa prospérité future , telles sont les opérations qui peuvent fournir aux fonds sociaux un emploi utile pour eux même et pour le pubUc » .
Ces projets, comme on l'a déjà vu, sont communs en Italie; il n'en est pas de même en France, en Angleterre et dans d'autres pays. En Italie on veut presque partout que les Caisses d'Epargne consacrent une partie de leurs gains à des œuvres de bienfaisance et de grandeur nationale.
Je recommande ma proposition sur les Banques d'avances et coopératives aux honorables administrateurs des Caisses d'épargne toscanes.
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Banques d'épargne Suisses.
Où en est arrivé ce pays à propos des Caisses d'épargne? Une nation qui, depuis plusieurs siècles, a su, par son bon sens et son courage, devancer en politique l'œuvre du temps, puisqu'elle est formée de l'union consciencieuse, amicale, fraternelle de trois races différentes, Italienne, Française Allemande; qui sait encore, au milieu des crises de notre époque, choisir dans son sein le chef temporaire du Gouvernement, sans passer par les dissensions, les turbulences qui, au moment des élections, suspendent presque la vie sociale dans des pays semblables; cette nation si avancée dans l'industrie, si bien ordonnée qu'elle a su faire disparaître les entrepreneurs d'assurance dans plusieurs Cantons où l'Etat assure lui-même sur la vie, contre l'incendie et contre la grêle; qui s'est élevée à une prospérité, à une dignité, à une civilisation que tout le monde lui envie, ne devait pas rester en arrière dans l'ordre de ces établissements bienfaisants. Pourtant je n'ai pu avoir de nouveaux détails après ceux que j'ai donnés, principalement dans le tableau statistique. Il y a des écrivains qui croient que les Caisses d'épargne ont pris naissance en Suisse. Quelques économistes même assignent une place particulière aux Caisses d'épargne Suisses, en divisant les Caisses d'épargne en général en deux grands systèmes touchant l'emploi des dépôts: le système Suisse, qui prête sur hypothèques, sur dépôts de valeurs publiques et particulières, que j'appellerais plutôt le système indépendant; le système anglo-français qui confie les dépiits à l'Etat (en le chargeant ainsi de dettes sans fin).
En 1787, Berne eut, outre la Caisse des domestiques, la Caisse des dépôts fondée au moyen d'une dotation du Gouvernement.
A Bâle il s'en fonda une en 1792, grâce surtout au philantrope et patriote Iselin, le Mylius de Bâle.
Zurich en fonda une en 1805 sur le modèle de celle de Hambourg.
Le Canton Grison créa une Caisse d'épargne avec l'aide de quatre bons magistrats de la ville de Coire, parmi lesquels on dislingue Tscharner; Bâle en créa une autre en 1809, Saint-Gall en 1811, Schwitz et Ncufchâtel en 1812, Vevey en 1815. Elles se fondent en si grand nombre que Bernoulli trouve en 1825, 40 Caisses d'épargne avec 4,500,000 francs suisses de dépôts. En 1845, les Caisses, mères
ViCkfi. Bnmjuet populaire*. 14
et filles, étaient de 150 à 200, les déposants de HO à 120 mille, le montant des dépôts de francs suisses 30 à 35 millions. Dans sa précieuse statistique, Franscini assure qu'il n'y a pas de pays au monde qui l'emporte sur la Suisse pour le nombre des Caisses d'épargne et la participation de la masse du peuple à leurs bénéfices.
Cette forte et sage république d'environ deux millions et demi d'habitants, de 1,747,07 lieues suisses de superficie, de 91 villes et 3059 communes, de 159,500,000 fr. d'argent en circulation, sans compter celui des Banques de circulation, sans compter, comme je l'ai déjà dit, les assurances mutuelles sur biens immobiliers appartenantes à 15 Cantons et y^ 6t montantes à fr. 1,800,000, sur biens mobiliers montantes à environ 300 mille milUons, sur la vie, sur les moissons, sur la race bouvine; elle avait en 1851, outre les Caisses d'épargne proprement dites, des Banques qu'on pourrait appeler foncières, fondées par les gouvernements entre lesquelles je crois utile de noter les suivantes :
La Caisse hypothécaire de Genève, fondée en 1848 par un article de la constitution, avec le droit d'émettre des billets correspondants à des titres hypothécaires créés en sa faveur, et d'employer ses fonds libres à l'escompte de billets à ordre dans l'intérêt de l'industrie agricole ; elle a bien réussi.
La Société suisse de Berne, à qui déjà en 1849, 2550 débiteurs devaient fr. 3,952,655 à 5 p. "/^, dont 3 // pour l'intérêt et 1 % pour l'amortissement.
La Banque hypothécaire agricole de Baie campagne, fondée en 1749, par des capitalistes suisses et par les fonds de l'Etat; elle marche bien.
La Cantonal Spar-imd Leihanstalt de Lucerne, fondée en 1846. Dans les premiers mois de son existence elle eut aussitôt 480 déposants pour francs suisses 179,175, dont elle prêta aussitôt 139,919 à 207 propriétaires; elle continue bien.
La Caisse d'épargne du, Canton Grisons, créée en 1846 par décret législatif pour offrir aux petits et grands propriétaires, aux administrateurs des établissements de bienfaisance, un emploi commode et sûr des sommes disponibles, et pour procurer à la classe pas aisée le moyen d'obtenir des prêts mutuels à des conditions moins usuraires. En 1849 elle avait 4297 créanciers de florins 283,179, et 726 débiteurs de florins 255,206, outre quelques petits crédits arriérés et 20,300 florins en numéraire. Cette Caisse marche très-bien.
Lo Gouvernement fédéral doit publier bientôt la statistique de toutes
les institutions d'utilité publique, où nous verrons sans doute l'état actuel des Caisses d'épargne suisses.
Pour donner une sorte de base aux résultats que j'ai présentés dans le tableau sur les Caisses d'épargne suisses, je prends dans l'ouvrage de Franscini et je mets ici un petit tableau de l'état de quelques-unes d'entr elles à une époque plus éloignée :