SOUVENIRS DU JEUNE AGE
Mes camarades m'invitent à jouer « aux soldats » et, pour m'apprendre, ils me tapent dessus.
C'est parce que j'avais, comme tous les enfants, le sentiment inné delà justice, ({ue je chipais, au hasard (les vergers, les fruits tle Monsieur Tout-le-Monde.
YII
Une de mes bienfaitrices a 70 ans et un ^ros chat
noir, replet et soyeux, qu'elle bourre de friandises et
qui pisse partout —
Quand je sonne, elle appelle sa bonne et lui dit : « Si c'est le petit de l'orphelinat..., donne-lui un
morceau de pain... et qu'il n'entre pas avant de s'être
essuyé les pieds, surtout!... »
Je vais en classe. J'apprends r Ecolier^ àe M"^ Desbordes-Valmore :
Un tout petit enfant s'en allait à l'école
On avait dit : allez Il tâchait d'obéir
Mais son livre était lourd, il ne pouvait courir
(c Le liyre trop lourd, qui m'empêche de courir, c'est le catéchisme », disent les petits de l'école libre d'en face.
Mais on met dans mon sac le Manuel d' Instruction civique... et je me sens écrasé tout d'un coup j)ar une masse de plomb aussi pesante que la leur.
PAROLES DANS LA VALLEE
KX>}L 7/;^ a^i^ail, une fois, un homme qu'on appelait k Bon Juge.... Les autres juges l'exécraient. Il nuisait à leur mauiifais renom.
X X \) 1 1 . La souffrance n 'est pas toujours d'ai^oir
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faim : c'csl aussi d\'rnr parmi des gens qui ont trop mangé. Les digestions ont, comme te festin, une odeur excitante.
XXVIII. Jl ne faut pas médire de l'Â.s.si.stance pubtique : elle sub-^ient aux besoins d'un nombreux personnel.
XKIX. Quand la termine me déi)ore, j'étends mes loques sur une fourmilière.... Un quart d'heure après Je .suis débarra.s.sé de tous mes poux : les fourmis en ont fait bombance. Alors, je mets le feu à la fourmilière, pour montrer à .sa population qu 'elle .se trompe, .si elle .sefgure a-^loir acquis des droits à ma reconnaissance.
XXX. Le riche croit s'être fait pardonner .son luxe et .sa bonne chère, quand il dit au paui)re : « Plain.s-moi! tu ne .sais pas combien de .sales maladies te .sont épargnées! »
PAROLES DANS LA VALLEE
La Sférité, c'est que k pauHn ks a louks, .sans k faire exprès.
KXXI. CV qu'on appdk faibks.se et lâcheté, n'est soutient que l'âpre ^>olupté de .se dê.sobêir à .soi-même.
XXXII. J'aime l'eau et k feu : l'eau, à cause du Déluge; k feu, parce que je .suis quelquefois de mèche a^ec lui.