‹ Bases physiques de la musiqueChapitre 25 sur 25 · PERCUSSION · texte numérisé non relu

PERCUSSION

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Nous savons qu'une mesure, déterminée par Je nombre des temos et par la somme des valeurs des notes, ne l'est cependant pas au point de vue du rythme; elle en peut adopter

un grand nombre ( deux par exemple pour la valse - )• \ -»/

Quand on ne précise pas, par un numéro du métronome

appliqué à un signe de valeur, le mouvement que l'on désire,

on l'indique par une des expressions suivantes, largo, adagio,

andante, allègre, presto et des expressions diminutives et

superlatives qui sont censées représenter les mouvements

depuis le plus lent jusqu'au plus rapide. Ces indications

laissent l'exécutant libre dans une large mesure de faire ce

qui lui plaît.

G6. Moyens de marquer le rythme. Instruments de percussion. Bruits. — II est incontestable que le rythme pur est à l'origine de toute musique et précède la mélodie. Chez les sauvages la musique se réduit au rythme; elle n'est qu'un simple bruit servant à cadencer les mouvements. Les instruments de percussion, battements de mains et de pieds, chocs de corps solides quelconques, tambours, castagnettes, etc., ont alors une importance prépondérante. Chez les peuples primitifs la musique rythmique est relativement riche, la musique mélodique quasiment absente. Aujourd'hui encore, naturellement surtout dans la musique de danse, on a recours aux mêmes instruments de percussion pour accentuer le rythme. Cherchons à quelles conditions ils doivent satisfaire.

L'instrument parfait de percussion doit produire un simple

io8 ciiai'iiiu: vin.

bruit. Le bruit peut se définir comme une sensation auditive de hauteur indéterminable (et non pas indéterminée). Plus un son est brcf et complexe, mieux il rentre dans la définition du bruit. Cette définition va se justifier par l'analyse de quelques bruits.

L'expérience classique du claquebois montre que, dans le choc d'une lame de bois par un maillet, la sensation auditive, qu'instinctivement nous appelons un bruit, ne se distingue pas aussi nettement que nous serions d'abord tentés de le croire, d'un son de hauteur déterminée. La hauteur est pratiquement indéterminable, sans artifice, mais non p>as indéterminée. Il suffit de frapper successivement des lames convenablement choisies pour entendre une véritable gamme. Celte expérience prouve que l'oreille reconnaît très difficilement la hauteur des sons de faible durée même à peu près bien définis ; il faut un artifice pour lui faciliter leur localisation dans l'échelle musicale.

Il va de soi d'ailleurs que la hauteur des sons est d'autant plus indéterminable que le son est plus complexe, surtout quand les constituants ne forment pas une série harmonique et qu'ils sont de hauteurs peu différentes. Si donc nous voulons obtenir une sensation auditive dont il soit à peu près impossible de reconnaître la hauteur, un bruit .par définition, nous devons nous adresser ci des sons très brefs et très complexes.

L'expérience montre que les membranes tendues mises en vibration donnent une série de sons partiels non harmoniques et très voisins les uns des autres; d'ailleurs le mouvement de la membrane s'amortit très vite : le son est bref et complexe. Voilà pourquoi les instruments types de percussion, les instruments rythmiques par excellence, sont la grosse caisse, le tambour, le tambourin, composés d'une membrane tendue et mise en vibration soit par percussion, soit par friction.

Mais, si, grâce à un artifice, nous renforçons l'un des sons, la hauteur cesse d'être indéterminée malgré la brièveté de la sensation. C'est ce qui arrive pour les timbales, où la membrane est tendue sur un bassin hémisphérique et accordée sur la masse d'air qu'elle délimite. La timbale tient donc le milieu entre les instruments proprement dits et les instru-

MESURE, RYTHME. INSTRUMENTS DE PERCUSSION. Joç

ments de percussion parfaits. Il en est de même des instruments où, par nature, l'un des sons l'emporte; par exemple le claquebois, les cloches, et généralement les instruments où l'on -excite des lames d'acier ou de verre. Nous pouvons citer encore, dans la catégorie des instruments de percussion parfaits, les castagnettes et les crotales : le son est bref et complexe.

Quelquefois le son est complexe, mais s'amortit lentement; c'est le cas des cymbales, du triangle, du tamtam. La hauteur est encore à peu près indéterminée; mais le son est musicalement mauvais à cause de sa durée. Ces instruments ne peuvent servir que pour accentuer brutalement les temps forts; leur emploi comporte toujours quelque vulgarité On atténue le caractère antimusical du son en l'éteignant presque instantanément par le contact de la main.

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