Vit. Ignat., 5/io
!\. Ibid., 537.
ET L EMPIRE BYZANTIN 2 1 t
ses faiblesses et ses crimes. Basile iiainiail pas la u fourberie de ce sage » '. Si sa vie morale était faite de bien des hontes et si son ambition l'entraînait à bien des compromissions, il avait du moins pour lui le souci de la justice et la conduite de Photius le révoltait. En agissant de la sorte, Photius se perdait d'avance. Comment Basile aurait-il pu soutenir un homme qui trahissait sans le moindre scrupule ses plus fidèles amis, qui n'avait pas trouvé un mot pour protester contre le meurtre de Bardas, pas un pour s'élever contre les vices inqualifiables de l'empereur Michel "^^ Basile, en vérité, aurait peut-être passé encore sur de semblables délicatesses si, du moins, Photius avait pu lui servir. Il aurait alors agi avec lui comme avec ses autres ennemis par la crainte ou la faveur : malheureusement pour le Patriarche, sa personne, tout au contraire, était un obstacle, une gêne, un danger pour Basile, et forcément il n'allait pas manquer de le sacrifier.
Qu'importait-il, en effet, avant tout au Basileus pour l'accomplissement de ses rêves ambitieux? C'était de s'attacher le peuple resté fidèle à Ignace. Son retour en fit foi. En rappelant le vieillard persécuté et en exilant son implacable ennemi, Basile, par ce seul acte, se faisait pardonner le meurtre de Michel et mettait un terme à la longue agitation religieuse du règne précédent ^. C'était déjà chose appréciable. Mais il y avait mieux. Le rétablissement d'Ignace attirait sur la personne de Basile la sympathie du Pape qui pouvait, comme l'avenir Fallait prouver, lui être utile, voire même nécessaire ; il brisait, pour toujours, un ambitieux dont les projets ne concordaient guère avec ceux que. nouveau parvenu, l'Empereur formait pour sa future maison : il le débarrassait d'un agitateur habile duquel chacun avait tout à craindre ; il le dotait enfin d'un Patriarche énergique et tenace, évidemment, mais vieux, usé par la souffrance et la lutte et dont l'inespéré retour à la tête de l'Eglise allait faire un ami fidèle et un chaud partisan du trône qui s'élevait. N'était-ce pas là des raisons plus que suffisantes pour décider Basile? Il le pensa et ne se trompa point. Aussi, deux mois après son élévation, le dimanche 23 novembre 867, Ignace remontaitil sur le trône patriarcal de Byzancc pour n'en plus redescendre.