Lettre II, p
et disciplinaires, devait fatalement aboutir à la rupture que nous savons.
Pour être complet, il faut, en terminant ce paragraphe, ajouter quelques mots sur les relations qui unissaient Byzance aux autres patriarcats : c'est-à-dire aux Eglises d'Antioche, de Jérusalem et d'Alexandrie. Là, bien plus qu'à Rome, l'Empereur semble maître des communautés chrétiennes. Toutes, en effet, se trouvent être sous la domination musulmane et c'est, par l'intermédiaire des princes arabes que le Basileus est en rapport avec les chefs ecclésiastiques. Dès que Basile arriva au pouvoir, il envoya des présents à l'émir de Syrie, et écrivit ^ pour le prier de bien vouloir laisser partir des représentants de ses divers sujets chrétiens, afin qu'ils réglassent à Byzance des questions d'ordre ecclésiastique. Les Eglises orientales jouissaient à cette époque d'une certaine liberté. Sous le couvert d'une mission politique, Aclimed fit droit à la demande de l'Empereur et envoya à Constantinople Elie, syncelle du Patriarche de Jérusalem et Thomas, archevêque de Tyr, puis, plus tard Joseph, représentant de Michel, patriarche d'Alexandrie. Mais déjà la domination arabe avait singulièrement affaibli le courage de ces pauvres Patriarches. En 868 comme en 879, ils font triste figure à côté de leurs confrères grecs et latins. Us sentaient que sur eux les menaces de persécutions étaient toujours suspendues et bien plus que les intérêts religieux, ce sont leurs intérêts propres qu'ils viennent plaider en concile. Achmed, en autorisant ses sujets à s'embarquer pour Constantinople, avait demandé la délivrance des prisonniers sarrasins retenus en terre byzantine. Aussi est-ce surtout vers ce résultat que tendent tous leurs efforts. Qu'on leur accorde ce que réclame leur maître, qu'on leur donne de l'argent et ils signeront tout ce que les conciles exigeront -. Us votent contre Photius parce qu'ils savent que l'Empereur est contre lui ; ils a otent pour lui lorsqu'ils voient le Patriarche tout-puissant ; ils votent contre les légats dans l'affaire de Bulgarie, parce qu'ils savent que tel est le désir de Basile. Et pouvait-il bien en aller autrement? Pour eux, l'Empereur est leui* seul appui. Le mécontenter, c'est mécontenter l'Emir qui commande alors en Syrie et en Egypte.