I. Tavlika, S M, VIII, \L1II, \L\ , p. 701 et soq
ne nous sont pas connues. Il ne serait peut-être pas absolument téméraire de conjecturer cependant, à laide d'un texte de Godinos^ que le domestique s'occupait des finances du thème. Godinos nous dit, en effet, qu'autrefois le domestique avait le soin et le souci u twv toù otiUlot'Ioj 7rpay|i.àTtov ». Or, l'on sait que ce terme avait généralement à Byzance une signification financière. G'est là, en vérité, un simple indice. Il a néanmoins, en l'absence de tout autre renseignement, son importance.
Au service actif appartenaient par contre les drongaires des bandes (ooo-jwàp'.oO. Geux-là avaient un commandement. Au dire d'Ibn Hordadbeh, chaque tourmarche a sous ses ordres cinq drongaires, commandant chacun mille hommes — d'où aussi leur nom, livré par une glose des Basiliques deyO.'laoyo;. — Ges drongaires résident toujours en province. Ils font partie théoriquement de la quatrième classe de noblesse, mais comme ils ne vont jamais officiellement avec leurs troupes à Gonstantinople, ils n'ont pas. étant de service, l'occasion de prendre rang parmi les dignitaires de la cour. G'est pourquoi la INotice de Philothée a grand soin, en les nommant, de faire remarquer qu'ils ne sont plus en service (opo'jyyàp',ot. à-paToO. Malgré cela, bien que revenus à une vie quasi-civile, ils gardent à la cour le rang qu'il avaient autrefois au service, rang établi suivant la dignité du thème et la dignité du dronge qu'ils commandaient.
A leur suite venaient les comtes (xouly.t^ç) de même rang nobiliaire que les drongaires. Ils commandaient deux cents hommes, dit Ibn Hordadbeh. Ghaque drongaire avait cinq comtes sous ses ordres.
Le KsvTapyo; Ttov TTraOaoicov. Le kentarche, suivant les renseignements arabes, a le commandement de quarante hommes. Ghaque comte avait cinq kentarches et par conséquent deux cents hommes à ses ordres. Le kentarche, à son tour, commandait quatre dékarches à la tête chacun de dix hommes. La ^otice de Philothée indique encore, tout à la fin de sa liste les kentarches des bandes. Elle ne parle plus de dékarches, sans doute parce que ce sont ceux qu'elle appelle du nom plus général de u ol OToaTriwTa', » les soldats et qui clôturent la liste.
A cette nomenclature corroborée par celle des géographes arabes, la Notice de Philothée ajoute un titre sur lequel nous ne
I, Godinos, v, 6i.
ET l'empire byzantin []^î^
pouvons faire que des conjectures. Cest le comte de ihctérie. 6 xojjLY,; T?i; £Ta',p£'la;. Cet officier ne se retrouve pas avec son litre dans la tabelle des titres. H est probalîle, comme l'indique le nom d'iiétérie, qu'il était à la tête des soldats, fédérés ou autres, adjoints à titre d'auxiliaires, soldats de races diverses et qu'on ne confondait pas avec ceux du thème, considérés eux comme autochtones puisque leurs biens militaires se trouvaient dans le thème auquel ils appartenaient.
In protochancelier et un protoinandator, tous deux chefs de bureaux, l'un des bureaux administratifs, l'autre des bureaux ayant mission de transmettre aux officiers subalternes les ordres du stratège, terminent la liste de Philothée et complètent ainsi la description du thème telle que nous pouvons la connaître à la fin du ix*^ siècle.
On le voit. Il ne faudrait pas, ce semble, comme l'a fait M. Uspenskij, faire trop grand état de certaines lacunes des sources arabes pour rejeter les renseignements qu'elles peuvent nous donner. En fait, les deux listes sont moins en désaccord qu'elles ne le paraissent tout d'abord. Seulement, tandis que Philothée nous donne la composition complète du thème, les Arabes ne nous donnent que le nom des officiers effectifs, ceux qui avaient un commandement véritable. De la combinaison de ces deux listes nous pouvons donc dresser le tableau suivant pour chaque thème.
STUATliGE.
2 tOLirmarchcs (mérarchcs) . . . Comte de la tente.
5 droiigaires Chartulah'e du thème.
5 comtes . . . . , Domestique au thème.
5 kcnlarches Protochancelior.
Zj dékarches Protomandator.
Le comte de l'hétérie.
Si maintenant on considère l'armée, au point de vue, non plus du corps des officiers, mais de sa division intérieure, on aura, probablement, le groupement qui suit en chaque thème:
2 tourmes commandées chacune par im tourmaclie. 5 dronges — — drongaire*
5 bandes — — comte.
5 spatharia — — kentarche.
4 dékarchies — — dékarche.
Ainsi composée l'armée était fortement groupée et le commandement pouvait s'exercer rapidement. « Tout soldat, comme le dit Kodama, qui éprouve quelque dommage en fait rapport à son supérieur, c'est-à-dire au dékarche, celui ci à son supérieur et ainsi de suite jusqu'au roi. Par ce moyen le roi est mieux instruit qu'aucun autre de tout ce qui se passe dans l'armée et si quelqu'un vient à mourir, on peut le remplacer sans délai ^))
Le thème, cependant, n'était qu'une partie de l'armée. La réunion même de tous les thèmes ne formait pas toute l'armée. C'étaient les troupes de provinces, celles qui défendaient le territoire et tout d'abord se battaient. L'autre partie de l'armée était casernée à Gonstantinople et composait à proprement parler l'armée impériale. Elle était employée au service de la ville et de la cour et n'allait en guerre que lorsque l'Empereur s'y rendait en personne. C'étaient les « tagmata » par opposition aux « themata » . Kodama en parle ainsi : « Quant au nombre des armées, celle qui se trouve à Constantinople, la résidence du roi, compte 24.000 hommes, dont t 6.000 cavaliers et 8.000 fantassins. Les cavaliers sont divisés en quatre corps. Le premier, fort de 4.000 hommes, est celui des Scholarioi, sous le commandement du grand domestique (al-Domestik) qui en même temps est commandant en chef de toute l'armée et chargé d'ordonner les levées. Le deuxième corps, fort également de 4.000 hommes, porte le nom de Taxis. Le troisième, les Excoubites, également de 4.000 hommes, sous le commandement d'un drungaire (trungar), est destiné aux corps de garde. Le quatrième, les Skoutarioi, comptant aussi 4.000 hommes, accompagne le roi dans ses voyages. Les fantassins forment deux corps, chacun de 4.000 hommes, l'un appelé Optimates, l'autre Noumera-. »
Cette précision de termes, cependant, ne doit pas faire illusion. M, Gelzer a parfaitement montré qu'il y avait dans cette
1, De Gœje, Bibliolh., vi, p. 19C et Gelzer, op. cit., p. 11 4-
2. De Gœje, Bibliolh., vi, p. 196 et seq. Gelzer, op. cil., p. 17.
ET l'empire BYZANTm 3^7
transcription de noms propres des erreurs évidentes. Les Arabes ont reproduit, comme ils l'ont pu, avec leurs caractères, les sons grecs. Les éditeurs ont dû s'adjoindre orientalistes et byzan tinisants pour arriver à découvrir le terme le plus conforme à la philologie et à l'histoire : d'où des difficultés dont il faut tenir compte. Néanmoins, si les corrections adoptées par Gelzer sont exactes, nous avons chez les géographes arabes des renseignements à peu près conformes à ceux que nous donne Cons tan tin.
Nous avons donc quatre corps de cavaliers :
l. — Les Scholarioi axec quatre mille hommes. Ce sont les cavaliers que la Notice place sous le commandement du Domestique des seholes (6 oo|jl£c7t'-xoç tcov T/oXCy/). S'ils étaient restés au i\' siècle — chose du reste assez probable — ce qu'ils étaient au vi*" siècle, nous aurions à leur sujet quelques renseignements intéressants dans Agathias. A cette époque, les Scholarioi étaient surtout chargés du service de jour et de nuit au palais. Inscrits comme militaires, ils vivaient cependant en simples citoyens. Ils portaient un habillement magnifique et leur service était surtout affaire de parade. Aussi les recrutait-on dans les grandes familles de l'aristocratie et leur chef, généralement proconsul et patrice, marchait en tête des grands officiers de la couronne, tout de suite après le stratège du thème des Anatoliques et avant tous les autres stratèges d'Orient. C'est, du reste, précisément parce que les seholes étaient surtout des trouj^es de parade et aristocratiques que leur chef était si haut placé, qu'on donna parfois le titre de domestique à des enfants comme on le fît pour le fils de Bardas, Antigone, lorsque son père, lui aussi domestique des seholes, devint César '. Avant eux. sous le règne de Théodora, Pétronas fut revêtu de cette haute dignité-, et sous Basile, ce fut son gendre Christophore, le vainqueur de ïéphrice, qui la possédait. Une salle était réservée à ce corps d'élite, à l'intérieur du Palais. C'était le « Tp'lxMvo; twv SyoÀcov », les « scholai », qui se trouvait immédiatement après le vestibule de la Chalcé -*.
Nous n'avons sur le nombre des seholes au ix^ siècle aucun