Cedrenus, io
3. Sym. Mag., xl, 787 ; (îeorg. Moine Cont., io56 ; Léon Gramm., 1078; Cedren., 106A et io8'|.
f\. Vit. Basil., ch. xxxvn, 2i3-2i5 ; Theoph. (]onL, \ il. Midi., ch. xxi, 188; Syni. Mag., xi\, 720, 721 ; Odren., lo'i'j.
d'habileté incomparable, Basile s'aboucha avec le logothètc Symbatios, gendre de Bardas et. sous la foi des plus solennels serments, lui raconta que l'Empereur avait pour lui la plus singulière amitié et que. sans son beau-père, il rélèverait volontiers au rang de César. Celle pensée fut pour Symbatios une révélation. Son titre de logothète n'allait donc pas être vain ; il pourrait gouverner à son tour ! Il accepta d'entrer dans la conjuration formée par Basile et tous deux se mirent en devoir de convaincre Michel que le César en voulait à sa vie. Tant que Basile a^ait parlé. Michel s'était con lente de rire ; mais les confidences du propre gendre de Bardas l'efl rayèrent et dès lors il ne songea plus qu'à se défendre*. Virtuellement Basile était vainqueur. Mais s'il avait gagné l'Empereur, il ne pouvait se dissimuler que Byzance et l'armée étaient pour le César 2. En somme, à part la question religieuse. Bardas avait admirablement gouverné. A l'intérieur, il avait fait régner la justice et rendu à Constantinople le lustre des lettres qu'elle avait perdu. A l'extérieur, il avait vaillamment, par son frère Pétronas et ses généraux, combattu les Arabes et remporté sur eux d'éclatantes victoires. Les J3ulgares aAaient conclu la paix ; leur prince en 864 s'était fait baptiser et avait pris le nom de Michel. Des missionnaires, comme Cyrille et Méthode, étaient allés porter aux peuples païens la foi de l'orthodoxie et l'amour de Byzance. La civilisation « romaine » s'était répandue et par elle le commerce avait prospéré. Tant de bienfaits valaient au César une légitime popularité. En outre — et c'était encore plus grave — tous les grands postes de l'Empire étaient occupés par ses amis, depuis le Patriarcat jusqu'aux chefs de l'armée et aux gouverneurs civils qui comptaient bien, probablement, voir, un jour, régner leur protecteur "^ Enfin Bardas n'ignorait rien de la conjuration qui se tramait contre lui et à la moindre alerte il était si bien prêt à se défendre qu'il avait fait revenir en ville Antigone avec de nombreuses troupes. C'est pourquoi Basile résolut, de concert avec l'Empereur, d'éloigner Bardas de Constantinople en l'obligeant à suivre Michel III dans une expédition contre les
I, Sym. Mag.. \l, 787; Léon (rrainm.. 107O; Gcorg. Moine Cont.. 1007.
M. lind.
li. 1/7. Basil., cil. \\ II. ''.'r.i.
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Vrabes '. Vu fond, il semble bien que le César a\ail des crainles plus sérieuses qu'il ne voulait le laisser paraîlre. Il se sentait fort et sa vanité répugnait à trembler devant un parvenu. Et cependant de noirs pressentiments le hantaient'^. Aussi ([uand il se décida, malgré le conseil de ses amis, à partir comme chef de l'armée ^, il se rendit avec l'Empereur et Basile à Sainte-Marie de Chalkopratia et demanda qu'on jurât devant le Patriarche et sur le sang du Christ, de ne rien entreprendre contre sa vie durant l'expédition *. Naturellement le serment fut prêté : Basile n'en était pas à un scrupule près.
L'armée se mit en marche immédiatement après les fêtes de Pâques qui tombaient en cette année 866 le 7 avril, pour le thème des Thracésiens afin de se diriger ensuite sur la Crête ^. Arrivée à l'embouchure du Méandre, au lieu qu'on appelait (( Kr-.oi » les jardins ^ elle s'arrêta pour camper et se préparer à la traversée qui devait avoir lieu le 9.- ou le 28. Deux tentes furent élevées, l'une pour l'Empereur, l'autre pour le César. Par un hasard, peut-être bien voulu'', la tente de l'Empereur fut placée dans un bas-fond tandis que celle de Bardas se trouvait sur la hauteur. Au dire de Constantin \ II, le fait fut très remarqué et causa une grande rumeur^. Ce qui paraît certain, c'est que les amis de Bardas et ses serviteurs, sachant la scène qui allait se jouer, l'avertirent du danger qu'il courait. Il ne voulut pas tenir compte de leur dire et au matin du 21 avril, vers neuf heures ^, il se dirigea plein de dédain, entouré d'un splendide cortège, du côté de la lente de l'Empereur pour lui annoncer que l'armée était prête et qu'elle pouvait, sur son ordre, faire voile vers la Crête ^^. Basile qui avait eu soin, sous prétexte de
I. Gcorg. Moine Cont., 1057. Vasiljev, Byzance et les Arabes, I, 204. 3. Vit. Basil., ch. xyii, 202 ; Theoph. Cont., 17/. Mich., ch. xl. 217, 220; Sym. Mag., xli, 7^0; Gènes., ii24; Cedren., io65.
3. Sym. Mag., xl, 787 ; Georg. Moine Cont., 1057; Léon Gramm., 1076.