‹ Basile Ier [i.e. premier], empereur de Byzance (867-886)Chapitre 186 sur 354 · Lib. Ponlif., Vil. Had., 11, 182. Mansi, xv1, p · texte numérisé non relu

Lib. Ponlif., Vil. Had., 11, 182. Mansi, xv1, p

quence, obtenu qu'un refus de rendre les précieux papiers. si Anastase le bibliothécaire ne s'était trouvé fort à propos à Constantinople, à la tête de l'ambassade qui venait conclure un mariage entre Constantin et la fille de Louis IL, Les légats firent immédiatement intervenir les ambassadeurs auprès de Basile el

ce fut grâce à eux — car il y allait pour l'Empereur, de sa loyauté et du succès des négociations — que les signatures fu-

rent rendues. Anaslase en reçut le dépôl et les emporta à Rome avec le texte du concile ! mais ce ne fut pas sans encourir la colère de Basile * qui le lui fit payer peu de temps après.

Le concile prit donc officiellement fin le 28 février 870. Chacun se montra extérieurement satisfait de la solution donnée aux affaires pendantes. Basile combla tout le monde d'éloges, adressa de chaleureux remerciements aux évèques, leur promit sa protection el lémoigna de nouveau aux légats égards et respect. Il pouvait d'ailleurs se montrer d'autant plus empressé auprès de leur personne qu'il avait déjà en main sa vengeance toute préparée. Un dernier incident vint marquer la fin du concile et montra aux yeux les plus obslinément fermés ce qu'il y avait d'arrière-pensées dans toute la conduite de Basile. Les légats depuis l'affaire des papiers se tenaient en juste défiance à l'égard du pouvoir impérial. [ls avaient compris que l'astuce grecque n'élait pas un vain mol. Aussi s'empressèrent-ils de remettre aux mains d'Anastase les libelles signés des évèques οἱ de lui demander de bien vouloir confronter les

1, Anastase raconte ces événements dans une note assez courte insérée dans les actes de la première session à l'occasion du Libelle (Mansi, su, p. 29) mais il ne s'ensuit pas pour autant qu'ils aient eu lieu à ce moment. L'intervention d'Anastase qui ne pul s'exercer qu'à la fin du Concile suffirait à le prouver, D'autre part, le Liber Pontificalis (ΠῚ p. 182) place ces évene: ments à la fin du Concile à propos des signatures des légats: mais la dernière séance eut lieu peu après [α΄ neuvième, Le 28 février, et comme la fameuse clause : Usque «d voluntatem (Cf, pour celle clause, Héfelé-Delare., V, 612!) souleva beaucoup de difficultés (Lib. Pontif., I, 184, note 41}, il est probable que le protocole avait déjà élé soumis avant la dixième et dernière séance. Du reste, au début du Concile, Basile n'aurail jamais agi de la sorte avec les légats. Je crois done qu'il faut placer cette histoire entre la huitième el la neuvième session. Elle explique bien l'arrêt momentané des séances et la conduite de Basile alors très profondément blessé de l'attitude intransi geante des légals.

2, Quibus diverso modo, non sine magno laboris periculo, imminentibus, libellos quidem vix tandem recipinnt, sed imperatoris iram pro ninia districtione fidei vehementer incurrunt (Lib, Pontif., IE, 18}.

actes grecs ct latins du concile avant qu'ils n'y apposassent leur signature !. Précaution utile à coup sûr. Anastlase très au fait des deux langues examina donc les procès-verbaux et remarqua qu'une lettre d'Hadrien avait été mutilée à l'endroit où le Pape faisait l'éloge de Louis IF. Les légats se récrièrent et voulurent refuser leur signature. Les Grecs insislèrent sous prétexte qu'un concile ne devait célébrer que les louanges de Dieu. Les Romains finirent par céder; mais une fois encore on put surprendre, cachée pour agir, la main de Basile. N'était-il pas étonnant, en effet, qu'un concile qui d'un bout à l'autre de sa durée avait lancé à tous les échos du monde la gloire et les verlus d'un souverain meurtrier refusàl sous le vain prétexte de religion de rapporter en entier la lettre d'un Pape qui accidentellement louait un autre roi ! La vérité est que Basile, indépendamment de sa volonté de porter seul le titre d'Empereur, avait fait. en réunissant celte assemblée générale des Eglises, avant tout. œuvre politique. ΠῚ avait voulu. d'une part, que son usurpation fütuniversellement et solennellement reconnue: il avait voulu, de l’autre, que son règne, apportät à tous les esprits l'union dont il avait besoin pour ses futurs projets. Le résultat de ses efforts n'était pas aussi complet qu'il eût pu le désirer. Néanmoins, un apparent accord allait régner dans l'Eglise et ainsi dans l'Etat sous l'autorité indiscutée de Basile. Pour un temps l'Empire était donc tranquille.

Ces menus incidents, pour significatifs qu'ils fussent, n'étaient rien cependant, en comparaison de l'événement capital qui suivit à trois jours de distance? la clôture du concile. Une fois délivré des soucis que le concile lui avait dounés, Basile voulut reprendre en mains, ouvertement et fermement, la direclion des affaires ecclésiastiques. Si, par respect pour la chose. même, à son avis, mal jugée, et pour le repos de l'Empire il envoya de nouveau Photins en exil et sembla user de quelque rigueur à l'endroit des prélats rebelles*, il ne loléra pas non plus de la part des légats et de Rome ce qu'il croyait être une atteinte à l'intégrité du territoire et à celle de sa juridiction. Les affaires bulgares le prouvèrent. Pour Basile, du reste, cette affaire élait une vérilable aubaine. Mécontent des légats,

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