Aristarch., Eisagog., xx
trine. Ceux-ci continuèrent à rejeter le culte des icones et à faire des adeptes. La preuve en est que Photius, lors de l'ambassade de ὅθε, mit en avant ce prétexte pour réclamer de Rome des légats et un synode ! et que Basile, huit ans plus tard, fit appeler au Concile le chef iconoclaste Théodore Crithinus pour qu'il y entende sa solennelle condamnation ainsi que celle de ses adhérents?. À partir de ce moment, Basile ne rencontra plus, sans doute, de difficultés sérieuses de la part des iconoclastes. Leur nom s'en: alla tomber dans l'oubli. Les uns se soumirent, les autres fusionnèrent avec les diverses communautés hétérodoxes de l'Empire.
La secte qui lui créa le plus de difficultés fut, sans contredit, celle des Pauliciens ou Manichéens. Théodora, fière de sa victoire sur l'iconoclasme. rêva un jour, nous l'avons vu, de convertir à l'orthodoxie une secte religieuse qui vivait sur ses Elals, C'élaient les Pauliciens, « les Zeliks », comme les appelle Syméon Magister*. La persécution fut à ce point violente et maladroile, morts et confiscations se firent si nombreuses qu'un de leurs chefs, Karbeas, protomandator du stratège des Anatoliques, se révolla, entraîna à sa suite cinq mille de ses coreligionnaires ΟἹ s’en alla se réfugier chez l'émir de Mélitène qui les reçut avec honneur. Là, aux frontières mêmes de l’'Empire, ils fondèrent plusieurs villes, entre autre Téphrice t et, d'accord avec les Arabes, commencèrent contre l'Empire une lutte implacable. C'étaient dès lors non plus des hétérodoxes, mais des révoltés et des ennemis qu'il fallait châtier par la guerre. Nous les retrouverons au livre suivant. Toutefois tous les Pauliciens ne semblent pas avoir quitté l'Empire. Beaucoup restèrent à Constantinople et ceux-là furent évangélisés. Pholius, en effet, dit qu'il convertit beaucoup de Pauliciens ”, ce qui est possible car les moyens qu'on employait pour les rameper à l'orthodoxie étaient de ceux qui sont, pour l'ordinaire, suivis d'effets immédiats.